Le Paris italien
On a tendance à se rendre dans des quartiers, des lieux culturels, des restaurants, des magasins que l’on connait…Et si l’on faisait preuve de curiosité?
Tous les jours nous marchons en regardant nos pieds ou en face de nous tout en oubliant de s’intéresser à ce qui nous entoure… Et si l’on faisait plus attention?
Connaissez vous le cul de four? l’expression “se marier à la mairie du 13ème”? ou les naumachies? Vous le saurez en lisant cet article.
Dans le cadre du Master Pro Echanges culturels entre la France et l’Italie, les étudiants ont conçu un parcours enrichissant sur le thème de l’Italie à Paris.
Place d’Italie
Commençons par la place d’Italie ! Début logique de cet itinéraire puisque durant l’Antiquité on l’emprunte pour rejoindre Rome en passant par Lyon. Cette voie s’appelle alors la Via Romana.


Petite anecdote : avant 1860 on comptait seulement 12 arrondissements, il faut attendre les grands travaux du baron Hausmann pour voir la création de 8 arrondissements. Le 13ème devait être attribué aux quartiers de Passy et d’Auteuil. Mais les notables se sont insurgés contre cette décision, et pour quelle raison ?
Cela est dû à l’expression populaire : « se marier à la mairie du 13ème » qui signifiait alors vivre en concubinage… ce qui était mal perçu…
La Fondation Jérôme Seydoux — Pathé
Tiens mais quel lien peut avoir la fondation Pathé avec l’Italie?

En marchant le long de l’avenue des Gobelins, on ne fait pas forcément attention à ce qui nous entoure.
Et pourtant il est très intéressant puisqu’il héberge depuis septembre 2014 la fondation Pathé qui agit dans le but de conserver et de mettre en valeur le patrimoine à la fois historique et cinématographique de la société Pathé. Si la fondation existe depuis 2006, la création de l’entreprise remonte quant à elle à 1896.
Ce lieu reste mystérieux puisque de l’extérieur on ne peut connaître ses dimensions, il faut alors avancer progressivement, ouvrir les portes pour découvrir peu à peu une “soucoupe”.

Ce bâtiment renferme un centre de recherche, une salle de projection, des expositions temporaires… Si vous aimez l’univers du cinéma, n’hésitez pas!
Ce n’est pas le seul projet de Renzo Piano, en effet, on en dénombre 120 en Europe, en Asie et en Amérique. Le Centre commercial Bercy 2, le Centre Georges Pompidou font partie de ses oeuvres architecturales.
Le Leitmotiv de l’architecte est simple : l’harmonie entre le bâtiment et son environnement doit être parfaite et la fondation Pathé le confirme.
Petite curiosité : Le nouveau tribunal de grande instance de Paris qui est actuellement en construction a été conçu par Renzo Piano.
Vous avez un petit creux? Delizius, l’ épicerie italienne et sa façade!

Lever la tête peut nous amener parfois à faire des découvertes! Cette épicerie qui propose un voyage gustatif, nous offre également une belle vision: celle d’une magnifique fresque champêtre!

Pour réaliser cette façade, la technique utilisée est celle du sgraffito. Elle consiste à superposer des couches de plâtre que l’on colore au fur et à mesure. Une fois les contours du dessin exécutés, on gratte les zones superflues pour faire apparaître les couleurs.
Cette technique est utilisée en Italie depuis la Renaissance où elle a connu un grand succès puis en Europe pendant la période classique. A la fin du XIXème siècle jusqu’au début du XXème siècle, on la rencontre à nouveau avec l’Art Nouveau.
Depuis 1990, la façade est classée comme monument historique par le ministère de la Culture.
Pause dans le temps : les arènes de Lutèce.
Reprenons notre via Romana et arrêtons-nous un moment aux arènes.

On peut très bien marcher rue Monge sans voir ce casque de gladiateur sculpté… Entrons dans ce lieu et remontons le temps jusqu’au IIème siècle après Jésus-Christ.
Après les guerres menées par les Romains pour conquérir la Gaule et Lutèce, le IIème siècle connait une longue période de paix.
À Lutèce, les Romains et les Gaulois vivent ensemble paisiblement. Les premiers habitent sur la rive gauche tandis que les derniers préfèrent l’île de la Cité. Il ne faut pas pour autant penser qu’ils menaient leurs vies séparément, au contraire, ils se retrouvaient aux arènes pour se divertir. Les Gaulois vont peu à peu abandonner leurs huttes et privilégier la pierre, ils changent aussi de costumes et de coutumes, on parle alors de romanisation.

Lorsqu’on entre dans ce lieu on a du mal à s’imaginer les 15 000 places, les statues et les pierres sculptées même s’il nous reste les niches en arc de cercle qui étaient autrefois sur scène afin de procurer une bonne acoustique. Grâce aux reproductions de Dassault système, il est plus facile de se projeter.

Que se passait-il dans les arènes?
Les spectateurs pouvaient assister à des pièces de théâtre (on peut penser à la comédie de Plaute La Farce à la marmitte ou les Bacchantes du poète Euripide), des combats de gladiateurs avec ou sans animaux (d’ailleurs si vous êtes attentifs on peut trouver des grilles vertes où se trouvaient avant les bêtes féroces) et enfin des batailles navales! Un système ingénieux permettait de mettre en place des bassins dans l’arène afin de produire ce genre de spectacle particulièrement prisé des spectateurs.
Petite curiosité: les batailles navales organisées dans les arènes ou dans les colisées se nommaient les naumachies!
Dante Alighieri à Paris!
Qui ne connait pas le fondateur de la langue italienne? l’homme à l’origine de la Divine Comédie?
Savez-vous où il se trouve actuellement? Bon je ne parle pas de Ravenne où il repose mais de Paris bien sûr!
Et si je vous dis le Collège de France?

Regardez au loin, concentrez toute votre attention sur cette sculpture… Il s’agit bel et bien de Dante (1265–1321) juste devant l’édifice prestigieux qu’est le Collège de France. Cette statue en bronze de 1882 a été réalisée par Jean-Paul Augé.
L’artiste a représenté une scène du chant XXXII de l’Enfer de la Divine Comédie dans laquelle le poète florentin heurte du pied la tête de Bocca degli Abati.

Un peu de verdure? la Fontaine Médicis!
Reposons-nous un peu au jardin du Luxembourg et admirons la magnifique fontaine Médicis.

Observez-bien cette image et dîtes vous qu’à l’origine c’était une grotte… Non, non je ne plaisante pas!
En 1630, Marie de Médicis (reine de 1600 à 1610 et épouse d’Henri IV) commande la construction d’une grotte qui reprend l’atmosphère de son enfance à Florence et tout particulièrement au Palazzo Pitti et ses nymphées (bassin dont l’eau provient d’une source sacrée). C’est Thomas Francine qui s’occupera de ce travail, cependant, pour se l’imaginer (tout est question d’imagination!) il faut se déplacer 30 mètres plus loin vers l’est. Devant la grotte pas de bassin mais un parterre d’herbe! La façade était donc composée l’origine de trois niches en cul de four….
Cul de four? C’est quoi?
Je vous rassure avant le parcours je ne savais pas ce que c’était…il s’agit d’une voûte en quart de sphère qui rappelle fortement un four à pain!
Au niveau du fronton, les armes de France et des Médicis étaient présents et il était surmonté de pot à feu et encadré de deux allégories le Rhône et la Seine…
Pot à feu?
Oui oui, vous avez bien lu. Il s’agit d’un ornement architectural qui est constitué d’un vase en pierre surmonté d’une flamme.
De la grotte à la fontaine
Bien évidemment, la grotte a subi de nombreuses transformations : en 1799 le Palais du Luxembourg devient le siège du Sénat, des travaux sont alors menés, on restaure alors la grotte et on effectue de petits changements. En 1850, on ajoute un bassin et dans les années 60(sacré Haussmann! Après les arènes la fontaine Médicis!) elle risque la destruction, on décide donc de la déplacer!
Le Sénat!
Quel lien entre le sénat et l’Italie?

Cette résidence princière construite en 1615 a été habité par notre chère Marie de Médicis et son fils Louis XIII jusqu’en 1630 lorsqu’elle s’exile en Belgique suite à un conflit avec son fils, le roi.
Pendant 160 ans elle a été la demeure pour la famille royale puis elle s’est transformée en prison en 1793, enfin en 1799 elle devient le sénat.
Marie de Médicis est à l’origine de sa création, elle pense à son enfance et à son palais Pitti. Elle rachète alors le domaine du duc de Luxembourg.

Le Procope et les Lumières

Pour aller jusqu’au plus ancien café de Paris, il faut longer la rue de l’Ancienne Comédie.

Pourquoi le Procope?
Son fondateur est italien et plus précisément sicilien, il se nomme Francesco Procopio dei Coltelli!
Né à Palerme en 1650, il décide de partir pour Paris pour devenir serveur. Il crée un premier café rue Tournon puis en 1686 il décide d’acheter un établissement de bains et de louer deux maisons voisines rue des Fossés saint Germain (anciennement rue de l’Ancienne comédie).
Il donne l’existence alors à un cadre luxueux où défilent les aristocrates et les intellectuels. D’ailleurs, il était ouvert aux dames!!
Voici quelques noms de ceux qui ont mis les pieds dans ce lieu élégant : Diderot, Voltaire, Napoléon Bonaparte, Théophile Gautier, Gambetta, Oscar Wilde…
Venise à Paris : le Campiello
Si vous aimez les masques vénitiens et les objets en verre de Murano, foncez-y!

Petite info : Le Campiello veut dire en dialecte vénitien : la petite place.
Pour les amants de la lecture : La Tour de Babel
Ouverte depuis 1984, elle offre aux Italiens, aux passionnés de l’Italie et aux curieux la possibilité de feuilleter et d’acheter des livres d’auteurs italiens. Les ouvrages ne sont pas forcément dans la langue de Dante, ils peuvent être aussi en français ou proposer une version bilingue.

Il Pozzetto pour un Aperitivo.
Situé dans le quartier du Marais, le Pozzetto propose non seulement un aperitivo à l’italienne mais aussi des glaces…
Il ne me reste plus qu’un mot : BON APPETIT!

Ev@sion culturelle.