Pourquoi écrire ?

On me lit, on ne me voit pas (droit de côpie libres).

La question mérite-t-elle réellement d’être posée ? Répondre à une question par une autre, voilà qui semble déjà de l’ordre du glosé, du cabotinage.

Un ACI, comprendre un type écrivant les notes et les mots qu’il se charge lui-même d’interpréter, a dit un jour ne pas jouer sa musique en studio. Mais se la remémorer. Il pourrait en aller de même pour l’écriture.

Peut-être un jour vous serez-vous vu adressé cette question. Par un professeur de lettres, au hasard. Lors de la première leçon d’une année de préparation. Préparation à quoi ? Se préparer à écrire, rechercher de l’avenir du côté de cette création textuelle qui a tant de formes et d’usages, est-ce bien s’attacher à écrire ? Ecrire pour exister ?

Ecrire ? Lire ? Bien lire ? Bien écrire ? D’où provient l’inspiration ?

Du fait qu’on souhaite se raconter de toutes sortes de façon, se forger une image, une narration. Le façonnage de soi, désormais industriel.

Le monde, tout le monde, s’écrit. A perte de cliquetis de souris plastique, ou d’effleurements fébriles d’écrans. A coup de rapports secrets révélés ou de plans quinquennaux de communication intérieure, extérieure. A des fins diverses et avariées, car vite périmées. Par la vitesse, qui est CA-PI-TALE.

Sur tous les tons. Comme ici, en décrivant, en écrivant un machin qu’on entend clamé dans sa tête. Qu’on met bien, en page s’entend.

Comme on se rêve on s’écrit. Adopter le désuet comme direction « artistique » (le gros mot), ou bien alors on se coule à l’aise dans le moule froid mais rassurant de l’ultra-contemporain ? « La résistance, la collaboration ? » Cher Pierre. Déférence à la langue. Sous-titres : sentez-vous poindre ici la réaction ? La fascination ? Le coup de frein dans le projet, discret ?

Jouer sur les mots. « La peur des enfants ». Le génitif. Profiter d’un âge qui nous voit désormais moins inspiré qu’admiratif pour aller du côté de la persistance.

Un écrit, sous cette forme dactylo-là, pour s’adresser aux autres. Une disquette à la mer numérique. Un pneumatique à trouver, au hasard des réseaux. Comme un manuscrit perdu d’avance, pas grave.

Plus de contenu (jouer avec les mots). Du sens. Ils en ont. Persistance. Anagramme, proche de… ?

Merci l’humour foutraque, les recommandations de lecture de copines et copains, la passion. L’émotion plus censurée, partagée. Évidemment il y a les autres.

Le nombril toujours en embuscade, se cacher d’écrire ? Non, merci. Pourquoi écrire ? Pour se relire. Se relier ?

fantôme(s)

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