Renaud, un texte, une voix et des couilles

Renaud c’est une voix. C’est un coeur de moineau dans le poitrine d’Hercule. Renaud c’est des textes. C’est l‘écho d’un battement d’ailes dans ton quotidien.
Renaud c’est une résonance. C’est la nostalgie, les souvenirs et la construction.

Renaud a toujours été là chez moi. Quand mon père, alors commercial, m’emmenait sur les routes. J’ai appris à écouter Renaud avant de lire. C’était aussi le moment où de mes 10 ans, je rencontrais mon père de 15 ans. Quand ma mère s’émouvait d’un mec qui chantait mal, sans que je comprenne pourquoi. C’est aussi un mec qui s’est assis plus de 5 minutes avec moi.
Renaud, c’est un gars avec qui je n’ai rien en commun. Des générations d’écart, des vies et des parcours encore plus différents. Et pourtant, si Renaud écrit si bien, c’est parce qu’il met le doigt sur ton invisibilité, il dépose son voile de vie sur la tienne. Renaud a écrit des textes y a 30 ans qui m’aident à comprendre ce que je fous ici.

C’est aussi le capitaine d’un bateau qui fait naufrage, qui ne peut pas abandonner son poste, qui passe du paquebot au radeau, qui tangue, qui frotte les vagues, qui est secoué. Mais qui est là. Et moi je suis longtemps resté assis au bord de l’eau à attendre qu’il revienne de son voyage. Puis le phare s’est allumé.

Ta batterie donc. Une voix dure, enraillée, usée, abandonnée. Mais elle est là. La puissance des mots n’a qu’un seul équivalent : la portée de la voix. Il revient par son fils, pour son fils. Comme n’importe qui ; si t’es dans le désert, à moitié à poil et sans une goutte d’eau, la seule chose qui te motivera à aller dans une direction pour t’en sortir plutôt que de t’enterrer dans le sable, c’est le visage de tes proches qui passe en boucle. Finalement Renaud c’est le mec le plus banal du monde, qui, un jour, a mis sa sensibilité à notre service.

Au bistrot du temps qui passe, je bois un verre à la terrasse. Je me dis qu’à l’école de l’angoisse, je serai toujours le premier de la classe.

Merci Monsieur.

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.