Tic tac

Ramper sur des débris de verre, des heures et des heures dans un couloir à l’infini angoissant. Sauter à pieds joints de nuages en nuages. Assister à un concert de Jacques Brel puis s’évader par la Porte des Étoiles. Pleurer la mort d’une licorne au sang immaculé. Jeter des pierres aux cieux lointains, qui retombent en feux d’artifice. L’artifice justement, cette matière première de nos rêves les plus fous, les plus cachés, les plus inconscients, les moins maitrisés. Chaque nuit le livre s’ouvre d’une multitude de pages blanches, qu’on remplit d’encre invisible, à chaque coup de cloches qui frappent puissamment le temps qui passe. Ce temps qui ne s’arrête jamais, qui s’accélère, qui grandit, qui part d’un flocon pour devenir une avalanche. Cette même inconsistance qui avale tout sur son passage ; les vieux, les aigris, les naifs, les curieux, les ratés, les sans-ambitions, les ambiteux. Nous quoi.

Et pourtant, dans le dos, le son de l’aiguille se répète depuis quelques heures. Tic tac. Une seconde. Tic tac. Deux secondes. Tic tac. Trois secondes. Tic tac. Il est déjà 5 heures. Tic tac. Le réveil sonne. Alors adieu le pays des songes, la paix est révolue, on repart en bataille formée ? Mais, des rêves, qu’avons-nous besoin ? La nécessité du repos des pensées, celles qui fredonnent puis hurlent leur passage dans ce crâne si petit pour ces angoisses si profondes.
A le regarder de si près, le plafond n’a jamais paru si fade, sans relief, pas une tâche sur laquelle poser son regard, seulement de longs traits de peintures blanches et des mètres carré de morosité. Et la couette perd de sa tiédeur à force de la remuer dans tous les sens dans l’espoir qu’elle soit la clé du départ, direction la planète sommeil.

Ces derniers jours sont un Instagram sans filtres, pas de X-Pro II, ni de Lo-Fi, plutôt un #nofilter foiré, qui donne la très mauvaise impression que le bleu azur de Corse, est un vert fatigué des plages de Calais.

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