Belle et grande famille

Chantal Aubry est la maman d’Éloïse Desjardins, une vraie battante qui vient tout juste de fêter un an de rémission d’une leucémie aiguë lymphoblastique (LAL). En l’honneur de cette belle victoire, elle nous partageait à quel point le sentiment de communauté était fort, une fois qu’on franchi les portes du Centre de cancérologie Charles-Bruneau. Voici un extrait de son touchant témoignage du 12 décembre dernier…

TRANCHE DE VIE
En même temps que nous fêtions la grande nouvelle pour notre princesse, j’ai vu des nouveaux parents au 12–1 qui attendait que leur enfant qui sorte de la salle des ponctions. Évidemment, vous devinez que j’ai été touchée, mais ça m’a permis de comprendre encore plus l’importance et le rôle que les organismes comme Leucan Montréal-Laval et la Fondation Centre de cancérologie Charles-Bruneau ont auprès des parents d’un enfant atteint d’un cancer. Du diagnostic à la guérison, ils apportent quelque chose de grand dans la nouvelle réalité de parents qui doivent dealer (sic) avec leur enfant malade.

J’ai fait la connaissance de la maman de Simon*, 7 ans, qui vient d’apprendre que son fils avait une LAL à haut risque. Pauvre petit, il n’a pas le meilleur des chromosomes pour guérir. Il devra se battre deux fois plus que la majorité. La maman était désemparée de voir son fils entrer dans la salle des ponctions; je me suis vu, il y a trois ans. Je me suis permise d’entrer dans sa bulle, tout doucement. Elle m’a regardé et m’a demandé si j’étais parent d’un enfant malade. Dans mes yeux, elle pouvait lire toute la compassion que j’avais pour eux, pour elle. Elle a immédiatement compris que j’étais effectivement parent.

Sa première question a été, “Votre enfant est-il en vit?”
Chantal et sa fille, Éloïse, lors de ses traitements en septembre 2014.

J’ai tout de suite compris que l’important pour cette maman, c’était d’être rassurée et d’avoir la certitude que la vie existe après les traitements. 
Je me suis permise de lui dire ceci : “Oui, mon enfant est en vie, elle l’a été avant, pendant et après les traitements. Je sais que c’est difficile d’y croire, j’étais dans la même situation que vous, il y a trois ans. Certes, présentement la vie vous fouette, mais sachez que la vie est bonne. 50% de la maladie n’est plus, si vous restez positif. Cultivez la haine c’est de vous détruire à petit feu. Il faut régler les choses une à la fois. Vous avez le droit d’avoir peur, vous avez le droit d’être en colère et finalement la tristesse qui vous habite doit être vécue. Si j’ai un conseil à vous donner ce matin, c’est qu’il faut trouver votre façon d’évacuer ces émotions, tout en prenant conscience que la maladie ne vous appartient pas et n’appartient pas à votre fils. Il faut immédiatement régler ce conflit. Vous aurez besoin de toute votre énergie pour gérer chaque étape des prochains jours et années. Certes, l’inconnu fait peur. Même très peur. Demain est un autre jour. Soyez présent pour votre fils, il peut comprendre que vous avez de la peine, car vous tenez à lui. En revanche, il doit aussi comprendre que vous croyez en lui. Que vous croyez qu’ensemble, il pourra avoir des jours meilleurs. […] N’oubliez pas, vivez une heure à la fois.”

Elle m’a regardée de ses yeux bleus remplis de larme et m’a dit : “Vous me faites du bien, vos paroles font sens et c’est la première fois depuis 10 jours que je rencontre une personne qui me comprend vraiment. Nous recevons tellement d’information depuis le jour 1 que ma tête va exploser.”

N’oubliez pas, une heure à la fois ;)

Si je réussis à accomplir ce geste, c’est grâce à des gens qui ont fait le même geste pour moi, il y a trois ans. Renée, Myriam, Lyne, Josée, Magali, vous vous reconnaissez? Merci d’être là aujourd’hui et d’avoir été là, il y a trois ans. Votre amitié m’est chère. xox” — Chantal Aubry

Éloïse et toute sa famille lors de l’Omnium Prestige Charles-Bruneau le 12 septembre 2016.

La Fondation Centre de cancérologie Charles-Bruneau est dédiée à la lutte contre le cancer pédiatrique. Elle a pour mission de financer la recherche et de soutenir le développement de projets visant à améliorer la vie de milliers d’enfants atteints de cancer au Québec.

*Simon est un nom fictif.