Un dimanche après-midi

C’est l’histoire d’une femme,

Elle se balade,

Un appareil photo a la main, mais cela n’a aucune importance, quoi que,

Nous sommes dimanche après-midi, mais cela non plus n’a aucune importance,

Il est cuisto, serveur, ou un autre corps de métier et son ami aussi.

Quelques mots,

Rien de vulgaire, rien d’agressant, rien dans le sens que le dictionnaire le caractérise,

Mais,

Une intonation, un regard, une physicalité d’oppresseur, d’agresseur, de supérieur,

une invitation, une provocation : ‘’viens, viens, il y a une belle photo à faire là-bas’’.

Là-bas, c’est une arrière-cours, loin, sombre, vide.

Clin d’oeil complice à son acolyte.

En elle, la colère monte, la peur aussi.

Nous sommes dimanche après-midi.

L’envie de comprendre si son interprétation, sa peur a des fondements,

L’envie de se faire respecter, de vérifier.

Et aussi la peur de se faire violer,

oui le mot est fort mais le sentiment est là,

une violence physique,

la tête est en colère,

le corps a peur,

l’insupportable sentiment,

se taire, s’en aller et légitimer leur comportement

ou affronter au risque de.

On est dimanche après-midi,

mais cela n’a aucune importance.

La banalité de l’histoire

qui se répète au quotidien

qui lui mort le ventre.

Combien de fois faudra-t-il encore répéter que le corps des femmes n’appartient à personne d’autres que les femmes elles-même.

Nous ne sommes pas une proie, un objet sexuel,

A toi, cuistot, serveur, ou tout autre corps de métier, à toi qui te tenait face à moi, du désir et de la perversion plein les yeux, puisses-tu être éduquer à ça, car je ne vois rien d’autre qui puisse t’élever.

A toi, enfant transit dans mon corps, puisses-tu être outillé pour faire comprendre à ton interlocuteur l’égalité, le respect et les droits de chacun avec intelligence, fermeté et douceur.

Et si au début de ce paragraphe, tu te demandes comment cette jeune femme était habillé,

Ce paramètre,

Comme pour l’espace temps de l’histoire racontée,

le métier de l’agresseur,

l’appareil photo en bandoulière,

cela n’a aucune importance.

Absolument aucune importance.