Il n’y a plus de communication…

…il y a des buzz

Finie la communication ficelée, fagotée, bien arrangée…
Finis les messages clairs et travaillés… 
Faisons des coups, des fakes, des buzz… 
Le public et la presse réagiront tout autant !

Intermarché l’a fait exprès…

Non, aucun dysfonctionnement majeur entre Intermarché et son agence de créa. Les mélanges des légumes — les choux pour les laitues, le fenouil pour l’oignon… — de la dernière campagne d’affichage n’avaient rien d’une erreur.

C’était une campagne voulue par le distributeur pour assurer la promotion sur ses actions auprès des cantines scolaires.

En attendant, la mise en scène de l’erreur a fait son travail sur les réseaux sociaux : les citations et les moqueries autour de la marque ont explosé avec plus ou moins de bonheur et d’esprit. La presse professionnelle, celle de la communication et du marketing, aura également bien fait son travail et relayé l’erreur dans ses pages.

Si on parle d’amplification et d’internautes touchés, le bilan de l’agence responsable de la campagne va être extrêmement positif !

Konbini, la bonne mauvaise foi

Chez Konbini, pure-player de l’infotainment, on s’était aussi trompé la semaine dernière. Le site partageait en vidéo les meilleurs techniques de drague des Internautes. Parmi les bonnes astuces, un jeune homme proposait de “faire boire la fille un maximum”.
Une technique des plus limites qui a provoqué une levée de boucliers rapides sur les réseaux sociaux. A raison.

Et cette levée de bouclier a provoqué à son tour la mise en branle des rédactions traditionnelles — Libération, Le Point, L’Obs — qui se sont offusquées très vite des libertés prises par Konbini avec les bonnes mœurs. Articles et captures à l’appui.

Konbini, bien entendu, argumente de sa bonne foi. C’est une erreur. Ça n’aurait jamais dû passer. Nous sommes contrits… Mais en attendant, le buzz est bien là… les liens entrants et les citations aussi.

L’effet Gorafi…

Et puis, il y a l’effet Gorafi. La semaine dernière, les équipes d’Endemol annonçait la programmation de la nouvelle saison de Secret Story, l’une des émissions de télé-réalité stars de la maison de production.

L’occasion pour Le Gorafi de diffuser, par l’intermédiaire du compte Twitter de son directeur JF Buissière, une anecdote sur la façon dont le site parodique a piégé malgré lui les équipes de l’émission avec un faux candidat adepte de cryogénisation. L’histoire est peut-être vraie, mais elle tombe aussi à point nommée pour la promotion des grilles TV de rentrée, et de Secret Story en particulier.

La belle histoire de JF Buissière a récolté un paquet de retweets et a surtout donné lieu à une foule d’articles de presse plus ou moins moqueurs, sur Le Figaro, Libération, le HuffingtonPost…

Une amplification média qu’un simple communiqué de presse n’aurait jamais réussi à obtenir…

Coïncidence de calendrier hier encore : alors qu’Havas annonçait une baisse de ses objectifs sur l’année, le Gorafi publiait une fausse news annonçant que l’agence avait remporté le “contrat de publicité du retour du fils de Dieu. Le site n’est pourtant pas si habitué que ça à citer des grandes marques… mais la citation de l’agence de communication dans le Gorafi permettrait assez facilement d’enterrer les mauvaises nouvelles du matin dans les flux sociaux des internautes.

Parlez de moi !

Oh. Toutes ces affaires ne sont bien entendu que des coïncidences heureuses pour les marques. On ne va pas chercher des complots là où il n’y en a pas…

Mais…

Il faut admettre que les marques entendent de plus en plus maîtriser le buzz, la communication outrancière, l’auto-parodie… dans une univers digital qui s’emporte de plus en plus facilement. Après tout, il est plus facile de diffuser un buzz, même mauvais, que de s’acharner à communiquer un message construit. D’autant plus facile qu’internautes en quête de reconnaissance et médias en quête d’audience facile jouent pleinement le jeu !

Oscar Wilde avait raison :

There is only one thing in life worse than being talked about, and that is not being talked about.

Finie alors, l’ère de la communication ?


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