Le Métavers n’aura pas lieu…

Vue de Detroit, ville quasi-fantôme des USA (source : Luxuriant)

Le Métavers, cet univers parallèle virtuel imaginé par de nombreux auteurs de science-fiction ne verra sans doute pas le jour. En tout cas, pas dans la forme où nous le fantasmons depuis une bonne trentaine d’années… La faute à qui ? Avant tout à Amazon mais aussi un peu à Facebook

Géant capitalistique et technologique, innovateur de premier plan, Amazon a totalement modifié notre approche d’Internet. La révolution d’Amazon a un nom : Echo. Ce n’est pas tant l’intelligence artificielle qui va changer l’univers digital, mais le fait que celle-ci soit désormais interrogeable d’une simple parole. On peut désormais concevoir le Net comme un univers ambiant, accessible à tout moment d’un mot et surtout non exclusif…

Echo a affranchi le Net de sa dépendance aux écrans.

Avec Echo, nous ne sommes plus obligé de concentrer notre regard sur un écran, nos mains sur un clavier ou un écran tactile. Echo est compatible avec nos autres activités et les autres médias que nous consultons… et rend désuètes les interfaces “exclusives” que nous connaissons encore aujourd’hui.

En étant adressable rapidement, Echo rentre également en résonance avec les micro-moments de Google. Cette théorie portée par les technologies mobiles exprime parfaitement la disparition des moments dédiés au digital. Nous sommes digitaux souvent, n’importe quand et sur des instants très courts. Nous le sommes encore plus depuis l’avènement de l’écran nomade et de la connexion permanente et nous le serons plus encore quand le Net sera interrogeable sans mobiliser nos mains ou notre attention visuelle.

Spaces, l’univers virtuel que Facebook a construit sur son rachat d’Occulus, est tout le contraire d’Echo.

Il mobilise notre attention et nous projetant dans une simulation du monde, nécessite un accessoire encombrant et une plage de consultation étendue. Spaces est une nouvelle télévision, un nouveau cinéma — en plus interactif — et sans doute pour cela qu’il est voué à l’échec à terme… simplement parce qu’il ne correspond plus à la mutation des usages digitaux qui demande de l’instantanéité (aussi bien matérielle que logicielle), de la rapidité et du nomadisme. La réalité virtuelle, qu’elle soit brandée Facebook, Samsung ou Sony ne répond pas à ces trois prérequis. Spaces est un énième jeu vidéo, une énième “interface”, l’expression la plus proche du fantasme du Métavers… mais n’est définitivement pas un usage.

On ne conçoit plus le digital comme un “moment indépendant” mais comme une augmentation du réel.

C’est pour cela qu’aussi brillantes que soient les démonstrations de Facebook et de Samsung, elles ne resteront rien d’autres que des divertissements et des (beaux) moments de communication. Le futur est ailleurs, le Métavers est mort…


Pour aller un peu plus loin dans la compréhension du Métavers, on relira avec plaisir Snow Crash de Neal Stephenson qui inventa le concept.

Et pour la suite ?

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