Ikigai : Ma raison d’être

Je l’ai trouvée !

Cela peut paraître étrange, mais on est tous toujours un peu paumés non ? On se questionne régulièrement si on est à notre place, si notre métier est vraiment ce que l’on voulait ou ce que l’on mérite. Aussi sûr de moi que je puisse paraître à pas mal de monde, je me pose les mêmes questions, très très régulièrement.

En ce début d’année, nous avons travaillé en équipe sur la raison d’être de La Cordée. J’étais en attente de ce travail depuis un moment, car moi-même, je m’interroge sur ma place dans cette boîte. Ai-je encore à apporter ? Ai-je les moyens de mes ambitions pour La Cordée ? Ai-je la confiance de tout le monde pour mener à bien ma raison d’être à La Cordée ?

Encore fallait-il que je la connaisse cette raison d’être à la Cordée. Ou cette raison d’être… tout court. Sur les conseils toujours pertinents de mes collègues, j’ai donc mené cette réflexion avec la même technique : IKIGAI.

https://www.semaweb.fr/le-journal/trouvez-votre-ikigai-pour-etre-heureux-au-travail-et-dans-la-vie

Vous verrez en fin d’article un élément qui justifie entièrement cet article. Je vais donc vous partager mes réponses et les enseignements que j’en tire.

1.Ce que j’aime :

  • Innover / Inventer
  • Entreprendre / Développer une idée
  • M’investir à fond
  • Décortiquer / Analyser
  • Être reconnu, valorisé, remercié
  • Apprendre en faisant
  • Surprendre (Zentai/Borat/Yéti style…)
  • Faire rire / Faire plaisir
  • Être inspiré et inspirer les autres
  • Être utile
  • Prendre des responsabilités quand j’y crois

2.Ce dont le monde a besoin :

  • Se préparer au déclin de notre modèle de société consumériste
  • Protéger la dignité des plus faibles
  • S’autonomiser / Être le plus résilient possible
  • De lien social, d’empathie
  • De solidarité, d’humanisme
  • De recentrage vers l’épanouissement intérieur
  • De sobriété heureuse
  • D’exemples inspirants et enviables

3.Ce pourquoi je suis payé actuellement :

  • Conseiller / Accompagner / Transmettre
  • Organiser / Coordonner
  • Communiquer / Représenter
  • Animer des communautés / Gérer des lieux
  • Donner mon avis sur l’organisation

4.Ce pourquoi je suis doué (vous pouvez compléter en commentaires, je ne suis pas le mieux placé pour ça) :

  • Organiser / Coordonner
  • Faciliter des réflexions
  • Analyser / Observer
  • Qualifier / Évaluer
  • Transmettre / Prendre la parole
  • Assumer un désaccord
  • Écouter
  • Trouver des solutions

Une fois cette première étape passée, l’idée est de mixer les cercles pour en sortir des phrases traduisant notre/nos mission(s), vocation(s), profession(s) et passion(s).

1+2 : Ce que j’aime et dont le monde a besoin (MISSION) :

Innover et entreprendre pour anticiper le déclin
Apprendre et transmettre dans un but d’autonomisation
Agir en visant le plus possible la sobriété heureuse
Être exemplaire pour inspirer les autres
Être utile et prendre des responsabilité pour plus d’humanisme

2+3 : Ce dont le monde a besoin et pour lequel je suis payé (VOCATION) :

Transmettre des exemples inspirants
Conseiller pour créer du lien social et autonomiser
Animer pour favoriser l’épanouissement intérieur

3+4 : Ce pourquoi je suis payé et où je suis doué : (PROFESSION) :

Accompagner par de la facilitation et de la coordination
Conseiller par l’analyse, l’étude, l’évaluation
Organiser, coordonner, animer
Transmettre par la prise de parole en public
Exprimer mon désaccord et trouver des solutions au bénéfice de l’organisation

4+1 : Ce pourquoi je suis doué et que j’aime : (PASSION) :

Inventer des trucs pour trouver des solutions
Coordonner et transmettre en faisant rire
Organiser et coordonner pour développer une idée
Observer pour être inspiré / Prendre la parole pour être inspirant
Écouter pour faire plaisir, comprendre, apprendre

J’ai hacké l’IKIGAI.

Une fois, ce joli travail accompli, il est censé émerger une phrase qui résumerait à elle seule ma raison d’être, ce qui me garantie une joie de vivre.

J’ai essayé pendant quelques heures et me suis résolu à admettre que ça n’allait pas être aussi simple. Mon esprit cartésien a alors pris le relais et m’a proposé une solution : faire des stats.

Sur l’ensemble de deux étapes précédentes, certains mots reviennent souvent. Je me dis qu’il vaut mieux chercher dans ceux-là ma raison d’être. Dans ces nombreux mots, il y a des concepts, il y a des verbes d’action.

En observant tout ça, je me rends compte qu’il y a 3 types d’actions :
- ce que je veux faire
- ce que je veux dire
- ce dont j’ai besoin

Ce que je veux faire (34) :

Organiser / Coordonner : 10
Innover / Inventer : 4
Entreprendre / Développer / M’investir / Prendre des responsabilités : 7
Solutionner : 3
Agir / Gérer / Être utile : 4
(S’) Autonomiser : 3
Protéger : 1
Se préparer / Anticiper : 2

Ce que je veux dire (29) :

Transmettre / Communiquer : 7
Prendre la parole / Représenter : 5
Donner mon avis / Assumer un désaccord : 3
Accompagner / Conseiller : 5
Animer / Faciliter : 5
Surprendre / Faire rire / Faire plaisir : 4

Ce dont j’ai besoin (23) :

Analyser / Décortiquer : 4
Évaluer / Qualifier : 3
Apprendre / Comprendre : 4
Étudier / Observer / Écouter : 4
Être inspiré : 2
Inspirer / Être exemplaire : 3
Être reconnu, remercié, valorisé : 3

On va passer aux concepts maintenant :

Idée : 2
Lien social : 2
Déclin de notre modèle de société consumériste : 2
Humanisme : 2
Épanouissement intérieur : 2
Sobriété heureuse : 2
Organisation : 2
Exemples inspirants et enviables : 2
Réflexions, à fond, empathie, solidarité, en faisant, dignité des plus faibles, résilient, communautés, lieux : 1

Quelques explications s’imposent.

***

Quand vous voyez des mots comme “déclin”, cela peut faire peur ou intriguer. Depuis toujours, je cherche à anticiper le futur. Depuis quelques années, je m’intéresse à ce qu’on appelle la “collapsologie”, l’étude du potentiel effondrement systémique qui approche . Sans entrer dans les détails, je rejoins sur plusieurs points les nombreuses thèses et intellectuels qui prédisent un “effondrement” (de leurs propres mots) de notre civilisation post-industrielle occidentale.

Soyons francs : j’aurais préféré me joindre à une thèse plus joyeuse.

Néanmoins, tous les indicateurs sont au rouge depuis longtemps et les courbes continuent à suivre des rythmes qui ont été envisagées dès les années 70. Le graphique le plus connu est sans doute celui issu du Rapport Meadows qui prévoyait donc un déclin (c’est moins rude qu’”effondrement”) dans la prochaine décennie 2020–2030.

Rapport Meadows

Pour ceux qui souhaitent prolonger la réflexion, je peux vous envoyer sur le site d’Adrastia (merci encore Christophe N. pour la découverte), lire le bouquin “Comment tout peut s’effondrer” de Pablo Servigne et Raphael Stevens, relire les publications de Nicolas Hulot avant qu’il entre au gouvernement, ou encore visualiser cette interview de l’ancien ministre de l’écologie Yves Cochet qui n’a rien du dernier illuminé parachuté devant un micro :

Voilà, la vie est belle non ? :)

Pour préciser quand même, deux choses :

  1. J’espère qu’ils se trompent. Même si je suis convaincu, j’ai toujours l’espoir quelque part dans un coin de ma tête que ça ne se passera pas comme ça.
  2. Je suis en désaccord avec les “collapsologues” sur le langage alarmiste/masochiste/négatif contre-productif.

J’ai la sensation que leur façon de communiquer, d’une rigueur bien scientifique, oublie la nuance et l’irrationalité indispensable à l’esprit humain pour qu’il s’approprie l’essentiel de cette thèse. Elle oublie surtout la notion d’espoir inhérente à toute capacité humaine à se mettre en action.

Et c’est donc pour ça que, même si je rejoins l’essentiel des conclusions et de ce qu’il va se passer, je suis persuadé que la préparation à ce que je qualifierais plutôt de transition que d’effondrement peut se faire de façon économiquement efficace (pendant qu’il en est encore temps), socialement acceptable et philosophiquement positive et enviable.

En gros, je suis persuadé qu’il est possible de mobiliser l’ensemble de la population, au fur et à mesure de pédagogie, d’information, de bienveillance, qu’il sera dans l’intérêt de tous (les gens, les entreprises, les institutions, les riches et les pauvres, etc.) d’œuvrer dans la même direction d’autonomisation des populations et d’adaptabilité au monde futur que nos aïeux du 20ème siècle ont involontairement préparé pour leurs descendants.

L’enjeu est simple : l’envie de la résilience.

***

J’en reviens à mon IKIGAI…

Et il est désormais facile de l’exprimer.

Ma raison d’être : Œuvrer pour une résilience enviable.

> Apprendre : Comprendre, Observer, Écouter

> Agir : Imaginer, Coordonner, Organiser, Solutionner

> Aider : Transmettre, Inspirer, Solutionner

Et vous, vous la connaissez votre raison d’être ?