C’est là qu’on y va !

Je hais la hype des chatbots

Depuis quelques temps, semaines, mois, je croule sous les sujets traitant des chatbots. Et je pense que cet article a fini d’achever le bouillonnement intérieur qui me pousse à écrire que je hais la hype autour des chatbots.

Facebook c’est de la merde

Après bientôt 10 ans sur ce site, mon activité et mon intérêt ont bientôt atteint le néant. Reste la partie conversationnelle avec l’outil Messenger qui est elle aussi proche de zéro. C’est plus le dernier recours pour les personnes qui sont loin de mon cercle de proximité. Et c’est bien connu, les amis c’est dans la vraie vie, d’ailleurs les tribunaux ont largement arbitré dans ce sens. Cependant et pour beaucoup, entre deux parties de Candy Crush Saga Sweet Soda Jelly, il y a toujours un temps mort pour partager la vacuité de son existence avec d’autres êtres humains, plus loin que ceux à proximité, dont on est sûr qu’ils ne nous jugeront pas (ouf, c’est tellement réconfortant de se dire qu’on est pas dans le jugement, tout comme lire tout ce que ces gens super équilibrés font avant 8 heures du matin…). Bref, on apprend que pour satisfaire la vacuité de l’humanité des milliers de chatbots se sont développés. Phénomène logique, les bots rendent des services dont les humains ont besoin sans recourir à la sagacité dont peut disposer un humain. Merci, pas besoin d’en faire des tonnes et de s’émerveiller.

Du rêve au cauchemar

Lorsque j’ai découvert mon premier bot conversationnel c’était sur IRC. Un ancêtre de Slack qui possédait déjà ses bots. Les bots proposaient des quizz, pouvaient répondre à des questions simples, et des commandes qui permettaient de maintenir des écosystèmes dans la grande tendance du warez. Cette époque où tout était piratable et les commandes xdcc pleuvaient par millier. Il n’y a aucune nostalgie car béni soit l’Internet, rien ne disparait vraiment (comme vos vies que vous uploadez à tire-larigot) et ces réseaux existent toujours. Le cauchemar commence il y a donc quelques mois car les marketeux, comme moi, vont se servir de ces outils pour asservir encore plus votre esprit. Vous comprenez pourquoi Julien Nicolas est très content de voir les performances de son bot, car il va pouvoir vous en coller des options en automatique tandis que vous raconterez à vos amis “à quel point c’est pratique, il suffit juste de répondre dans Messenger”. Franchement, et à leur place, je pousserai le truc plus loin pour faire travailler le département yield management à bien faire grimper les prix en se basant sur la data qui sera extraite des options.

Perso, je vais continuer à prendre ma voiture.

Être de mauvaise foi

Par ailleurs, un des postulats de la théorie néoclassique repose sur l’idée de concurrence pure et parfaite et par la même d’une information disponible et accessible. Ce à quoi notre mise en réseau par l’intermédiaire de l’informatisation a pu répondre bien que le principe soit de plus en plus perverti par la personnalisation des résultats. Mais on s’en fout des concepts, arrêtons nous quelques minutes sur l’étude Vanksen.

Sur les 30 premiers slides, on retiendra qu’un script, c’est un script et que pour qu’une réponse existe dans un bot simple (pas un réseau de neurones type AlphaGo) elle est forcément (d)écrite par un humain. Un bot tel que décrit dans ces 30 slides n’est rien d’autre qu’une interface en langage naturel. En fait c’est complètement putassier de mettre AlphaGo dans le même sac que CleverBot. L’un joue au Go et l’autre ne pige que dalle au langage naturel.

échec et mat

Vous comprenez que je puisse vomir toute mes tripes sur le slide 36. Vous pourrez aussi remettre le slide 38 dans un contexte historique honnête. Et dans le slide 41 qu’un chatbot est une intelligence artificielle. Mais bordel, on se fout de qui ? Vers la fin de l’étude vous saurez donc qu’avez un seul script on pourra quasiment tout faire dans sa vie du quotidien.

89. Il est ainsi possible d’échanger, de commander un taxi, de payer une commande, tout cela depuis une simple application de messagerie. C’est finalement un joyeux mélange de WhatsApp, Facebook, Tinder, Uber et autre Amazon. #4 ZOOM SUR WECHAT

Ça va ? Y a rien qui vous fait tilter.


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