Cueille ta vie #3 — Mes 10 kifs de 2018

Une fois n’est pas coutume, je ponds ce billet alors que l’année n’est pas finie. Mais ces derniers mois ont été (très) intenses et je m’apprête à prendre les clés de mon nouvel appartement bruxellois. Tout ça vaut bien un petit bilan, calmement. Tour d’horizon en 10 kifs d’une année encore riche en réflexions et en émotions.

Mieux faire converger vie pro et vie perso

Côté pro, j’ai cherché à faire entendre davantage les causes qui me sont chères (écologie, neurodiversité…), y compris dans le choix de mes clients ! Des projets sont en préparation pour pousser un cran plus loin la congruence entre mes centres d’intérêt (et d’inquiétude) de citoyenne et de professionnelle.

  1. Trouver des binômes de choc

J’ai trouvé une binôme de choc, une alliée alignée : Marie Geffroy ! C’est la première fois que je travaille main dans la main avec quelqu’un à long terme, en interdépendance, sur un pied d’égalité et de réciprocité.

De la stratégie à l’encadrement de l’opérationnel (communication, community management…), nous avons des savoir-faire communs, des approches complémentaires et des personnalités bien trempées. Nous avons notamment accompagné le film Food Transition dans sa campagne de financement participatif (crowdfunding) sur KissKissBankBank.

Quand, rarement, la fluidité n’est pas au rendez-vous, on se le dit et on surpasse. Cette relation professionnelle et amicale me fait grandir sur tous les plans ! C’est aussi le cas de Stéphane Gabbay, avec qui j’ai mis en place depuis un an du « co-coaching », sorte de troc d’accompagnement qui nous permet de nous soutenir dans l’avancée de nos projets. Stéphane développe le Buff, qui crée du lien social grâce à des événements musicaux.

A suivre : Marie et moi préparons quelques belles campagnes en 2019. Stéphane va aussi passer à la vitesse supérieure avec le Buff et peut compter sur mon soutien.

2. Commencer un chouette projet à Bruxelles

J’ai aussi fait de la place pour un nouveau projet qui déploiera ses ailes à Bruxelles en 2019. Je m’associe à Damien Petre — le tout premier portrait d’Au Bonheur des Zèbres devenu un ami — et son acolyte Maxime Louys, pour accompagner les profils atypiques dans leur développement, professionnel et personnel.

Consultance, coaching, événementiel, formation : nous faisons converger nos expériences au service de celles et ceux qui ne veulent plus explorer seuls leur singularité.

A suivre : la soirée de lancement et les premiers événements sont prévus en janvier. Ça va bouger !

3. Choisir Eros sans nier Thanatos

Grâce à de nombreux échanges et à de précieuses lectures, j’ai poursuivi ma prise de conscience et mon exploration de la perspective de l’effondrement, local et global, de notre civilisation.

Mélange de réflexions dramatiques, de remises en question collectives et de joie, le Climax Festival, à Bordeaux en septembre, a largement fait écho à ces préoccupations environnementales et sociétales. En rentrant, j’ai pondu un compte-rendu un peu « collapso »: « Choisir Eros sans nier Thanatos ».

Cette formule que je trouve aussi abstraite qu’imagée a aussi été le fil rouge du « talk » que j’ai déclamé sur la scène de TEDxLiège, le 11 novembre. J’y ai évoqué l’effondrement et la résilience d’un point de vue individuel et collectif.

A suivre : la vidéo sortira ces prochaines semaines. J’espère pouvoir partager avec un public peu sensibilisé les ressentis et les questionnements des « collapsos », y compris ceux qui ne revendiquent pas forcément ce terme.

Développer Au Bonheur des Zèbres

L’autre grand chantier de mon année a été le développement d’Au Bonheur des Zèbres, à la fois communauté, série d’événements et livre en cours d’écriture sur la manière dont les profils atypiques transforment le monde.

4. Étendre la communauté et les événements

En janvier 2018, le premier événement d’Au Bonheur des Zèbres, à l’Ecole Démocratique de Paris, portait sur les personnalités atypiques et le monde du travail. Deux autres ont suivi, sur l’éducation et sur « la créativité au service des causes qui nous sont chères ». Be-Coworking est devenu un partenaire de choix en proposant de nous accueillir régulièrement.

D’autres villes ont suivi, notamment Bruxelles, où la communauté a bien grandi. Après quelques semaines de pause, le groupe Facebook a aussi repris du service, dans la foulée d’une très sympathique rentrée à Lille en septembre.

A suivre : en 2019, les événements reviennent à Paris, Bruxelles, Lille et Nantes. En y allant mollo sur le rythme, elles se déploieront aussi à Toulouse, Montpellier, Lyon et sans doute Genève.

5. Mener une campagne de crowdfunding pour ABZ

En mai, la campagne de crowdfunding sur Ulule a permis de récolter 12904€ pour Au Bonheur des Zèbres. Je suis si reconnaissante aux 262 personnes qui m’ont soutenue ! J’écris aussi aujourd’hui pour leur donner des nouvelles.

Cette campagne est sans doute l’une des plus riches expériences de l’année. Tellement intense que j’ai frôlé la surchauffe. Faire une campagne pour son propre projet, c’est autre chose que d’aider un client ! Pas toujours évident de se rassurer soi-même dans les moments de creux, même quand on sait qu’ils sont normaux !

Ça a été en revanche une formidable opportunité de questionner le projet, de le renforcer aussi, d’un soutien et d’une curiosité grandissants. J’ai notamment pu trouver deux partenaires : le magazine Terra Incognita qui publiera deux de mes portraits, et la Fondation Les Guépards, qui accompagne le développement de projets atypiques.

A suivre : le premier épisode du podcast d’Au Bonheur des Zèbres, promis aux contributeurs de la campagne, sera diffusé d’ici fin janvier. Et « comme par hasard », on commence par un Belge : Damien Van Achter, qui nous parlera entre autres de l’innovation dans les médias et du journalisme entrepreneurial.

Petite fête de fin de campagne à Be-Coworking, en mai

6. Affiner mes réflexions et mon angle

« Ecrire, c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si écrivait — on ne le sait qu’après — avant, c’est la question la plus dangereuse que l’ont puisse se poser. Mais c’est la plus courante aussi. L’écrit, ça arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit et ça passe comme rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie. » Marguerite Duras

Cette citation m’accompagne depuis que j’ai découvert le merveilleux petit livre de Marguerite Duras, Ecrire.

Perfectionnisme aigu et syndrome de l’imposteur : j’ai mieux compris ma tendance à procrastiner — surtout si c’est important pour moi — et mes difficultés à prendre la plume. Grâce à la campagne de crowdfunding, j’ai aussi mieux assumé de passer d’un questionnement sur le haut potentiel et le bonheur — mon petit bout de lorgnette de début d’enquête — à une illustration de la manière dont les personnes aux profils et aux parcours atypiques répondent à des enjeux sociétaux et environnementaux essentiels.

A suivre : je me suis fixé une période d’écriture, souple mais disciplinée, de janvier à juin 2019, à l’issue de laquelle j’aurais mis un point final au manuscrit.

Cultiver plus de liens qui libèrent

Je l’ai gardé pour la fin, mais c’est sûrement le plus important ! Cette année, c’était aussi l’occasion de mettre en pratique la maxime « moins de biens, plus de liens ». Réduire mes besoins matériels, prendre mieux soin de ceux qui comptent, mais aussi prendre mieux soin de moi, c’est loin d’être toujours facile !

7. Renforcer les liens avec la tribu du Bouchot

Fondée il y a plus de 15 ans par un couple incroyable, Jean-Philippe et Anne, l’éco-centre du Bouchot est une ferme en permaculture, en Sologne, à moins de 2h de Paris. Un lieu d’accueil, de partage et d’expérimentation qui accueille des groupes et des particuliers, venus se mettre au vert et au rythme de la nature. Une joyeuse tribu s’y croise régulièrement : des membres de la famille, des woofers (des volontaires qui aident le lieu en échange du gîte et du couvert) et des curieux qui viennent et reviennent.

A chaque fois que j’arrive là-bas, j’ai l’impression que mon centre de gravité tombe dans mes pieds. Un peu comme si d’un coup, je n’étais plus hors-sol comme en ville, et je me reconnectais à mon corps. C’est aussi la fréquentation plus régulière du Bouchot qui m’a donné envie d’approfondir l’approche de la permaculture.

A suivre : en 2019, le Bouchot vous réserve des surprises !

8. Découvrir le Village des Pruniers

J’ai aussi continué ma quête de sérénité intérieure. Après l’expérience radicale de Vipassana, en 2017, qui avait franchement été un dur moment, j’ai préféré opter cet été pour une version douce : une semaine au Village des Pruniers, près de Bordeaux. On m’aurait dit que je prendrai un nom bouddhiste — Courage souriant du cœur — cinq jours après mon arrivée, lors d’une cérémonie de transmission des Cinq Entraînements de la Pleine Conscience, j’aurais ri !

Le Hameau du Bas, au Village des Pruniers

Cette retraite m’a fait beaucoup de bien. Elle m’a surtout permis d’ancrer dans mes gestes quotidiens la pratique de la pleine conscience. Depuis, je fais de la nage ou de la marche un moment de ressourcement, surtout dans le tumulte d’une grande ville. Bénéfice important : j’arrive surtout mieux à me recentrer dans les moments difficiles — dans la mesure du possible.

A suivre : en 2019, une des rencontres d’Au Bonheur des Zèbres sera consacrée à l’intériorité et à la spiritualité.

9. Décider de quitter Paris

L’expérience du Village des Pruniers et un retour aux sources en Bretagne — dans la Réserve ornithologique protégée des 7 Îles — ont achevé de me convaincre : vivre à Paris n’est plus pour moi.

Libérée, délivrée, me voilà en route pour Bruxelles, pour une durée indéterminée qui m’aidera aussi à construire la suite de mon périple résilient. Je me sens prête en tout cas à me laisser le temps et l’espace, pour transformer progressivement ma vie urbaine et ultra-connectée.

A suivre : je reviendrai régulièrement à Paris pour voir ma famille, mes amis et mes clients, mais je me ferai plus rare aux événements. J’ai appris à soigner le fameux FOMO (fear of missing out) et je n’ai plus peur de rater quoi que ce soit de vraiment important.

10. En finir avec le syndrome de la Reine Rouge

Je dois la référence au « syndrome de la Reine Rouge » à Vincent Mignerot, dont je fais le portrait dans Au Bonheur des Zèbres. Après m’avoir écoutée parler de mon rythme effréné de ces derniers mois, lors d’un rapide déjeuner lyonnais, il m’a invitée à découvrir le deuxième volet des aventures d’Alice de Lewis Carroll.

La Reine Rouge court sans arrêt, toujours plus vite. Quand Alice lui demande pourquoi, elle répond qu’elle court… pour garder la même place. Depuis que j’ai pris conscience de ça, j’arrête de courir, je ralentis, le plus souvent possible. Enfin, j’essaie ! Je prends davantage le temps de me balader, d’écouter des podcast, voire — scandale à moi-même — de ne rien faire. Le plus délicat pour moi, c’est d’apprendre à dire non. C’est un long processus, mais je progresse…

A suivre : Euh, là, non justement, y’a rien à suivre ! Relâche !

J’aurais aussi pu écrire « Cueille ta vie — Mes 10 échecs de 2018 ». C’est à l’étude… En attendant, je préfère ancrer dans ma réalité ces 10 kifs avant d’amorcer une année 2019 qui promet d’être aussi intense, mais autrement !


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