Le genre et le sexe: un prélude
Il n’y a pas de réponse définitive à la question « qu’est-ce que le genre et le sexe? » si on rejette une approche essentialiste du genre et du sexe. La question en soit est ambigüe : s’il n’existe aucune essence objective et indépendante du genre ou du sexe, pouvons-nous réellement répondre à la question? Non. À sa place, deux questions se substitueront : Comment est-ce que nous utilisons ces termes? Comment devrions-nous utiliser ces termes? Voici quelques réponses possibles.
Dans son acception populaire, le sexe ou genre est une forme de catégorisation sociale binaire qui entraîne l’imposition de plusieurs normes et stéréotypes qui diffèrent selon la catégorie assignée. Cette catégorisation est habituellement basée sur l’anatomie et comprise comme immuable et binaire.
Dans son acception féministe, le sexe est une catégorie sociomédicale assimilant les corps humains à une de deux listes de traits biologiques dans le but de faciliter et de naturaliser l’assignation de genre.
Le genre serait donc une forme de catégorisation sociale qui est habituellement basée sur le sexe et entraîne l’imposition de plusieurs normes et stéréotypes qui diffèrent selon la catégorie de genre assignée.
Dans son acception activiste, le genre ou sexe est une forme de catégorisation sociale basée sur l’identité de genre, soit un sentiment authentique et profond d’appartenance à une catégorie de genre, que celle-ci entre ou non dans le cadre binaire homme-femme. Certaines féministes activistes adoptent cette acception pour le terme genre, mais gardent l’acception féministe classique du sexe.
Chacune de ces définitions répond à la première question à l’intérieur d’un groupe social défini. Sans trop surprendre, ces mots sont utilisés de façon différente selon l’ensemble observé. Plusieurs arguments sont aussi utilisés pour justifier le maintien ou expansion de cet usage. L’acception populaire est le plus souvent justifiée par l’essentialisme biologique qui verrait dans ces termes un groupement naturel. L’acception féministe est souvent justifiée par un désir de clarté conceptuel ainsi qu’un désir de dénaturaliser l’imposition de stéréotypes et normes de genre. L’acception activiste est habituellement justifiée sur la base que les deux autres acceptions sont opprimantes pour les personnes trans et non-binaires qui trop souvent souffrent de l’imposition d’une catégorie de genre ou de sexe ne concordant pas avec leur identité de genre.
