Escapade à Montmartre

Temps Un

Arrivé précaire, un peu déboussolé

Au centre d’un rien, d’un creux beige sur la carte

Le chemin introuvable entre deux montres volées

Vendeurs à l’envolée, sur les rives d’Afrique

Le couloir est étroit, le regard est bas.

Progresse malgré tout, le petit latin

Qui en perd son chemin.

Temps Deux

Arrive aux marches qui se cognent en tombant

Aux bords des lampadaires, au dessus de mon cœur

Le chapeau pointu dépasse des branches

Au-dessus des marches, qui n’en finissent pas de tomber

Temps trois

Des hommes en jupe rouge sur la place des coqs

Sont sortis des collines pour venir sur la bute

Et c’est tout mon Cœur qui se gonfle et qui siffle

Au son des tambours et des bois qui tournent.

Regarde ! Les cheminées n’osent rien dire

Dans leur lit silencieux.

Temps quatre

Le voilà qui se dresse sur son chariot de pommes

L’astre glorieux, scintillant de tristesse

Majestueux dans ses rêves, doré par le ciel

Sur son coussin de sucre et de pommes d’amour.

Temps cinq

Dévale ravale tes mots pour pousser le sol

Dix fois vingt fois et criant encore

Ils agissent dans le froid sur les marches

Et tu les attrapes tous ensemble dix fois

Vingt fois dans tes yeux.

Temps six

Le temps des souvenirs

Des fantasmes aussi

« Vous parlez français ? »

Battent rouge les ailes

Du moulin à vent

Dans les strass et la boue

Dans les yeux, sur le dos,

Des mêmes enfants avides

Sans costume

Avec costume

Faisant la queue

Du côté droit

Du côté gauche

De la grande place.

Temps dernier

Retourne à Lui.

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