Dans le train

Me voici à l’aube de ma dernière épopée.

Mon silence jusqu’ici m’a semblé une éternité.

J’ai dépeint des dizaines de visages

Emporté des rires, chanté l’oraison.

Mais les miroirs ne m’ont jamais reflété.

Installé sur les rives d’un horizon mouvant,

J’observe le sud s’éloigner à toute vitesse.

Je ne l’entends déjà plus.

Ce prosaïque train de vie qui bégaie,

Ce corps trop étroit où l’esprit gémit

Les sempiternels souvenirs ressassés

Les images séculaires accrochées

A des tableaux pourtant jeunes.

La chair devenue pilier,

Le coeur déchu

Et ce silence pesant.

Tandis qu’au Nord…

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