Pourquoi la Transition Energétique d’En Marche est-elle la bonne ?

Depuis de nombreuses années, les multiples débats sur la Transition Energétique sont centrés quasi-exclusivement sur la sortie ou non du nucléaire dans la production électrique française.

Bien que ne doutant pas de l’utilité de telles discussions, la diminution de la part du nucléaire étant indispensable, elles passent totalement à côté du vrai défi qui nous attend : la sortie des énergies fossiles.

Le nucléaire, bien que présentant des risques et étant trop présent dans l’électricité française, est une énergie décarbonée indispensable pour assurer une Transition viable.

On pourrait citer l’exemple allemand qui à cause d’une fermeture brusque de ses centrales nucléaires a dû assurer la production par des centrales au charbon excessivement polluantes tout en voyant le prix de l’électricité atteindre des sommets (deux fois plus élevé qu’en France) …

Etant très sensible à la question énergétique pour travailler sur la physique de la maîtrise de la fusion nucléaire (propre et totalement différente du nucléaire classique), j’attendais beaucoup d’Emmanuel Macron sur la question, je n’ai pas été déçu bien au contraire.

Entendre certains candidats ou responsables politiques promettre que sortir du nucléaire quasiment du jour au lendemain tout en garantissant que le prix de changera pas et que l’on peut tout remplacer par des énergies renouvelables (EnR) est extrêmement optimiste (pour ne pas dire mensonger). D’une part à cause du démantèlement des centrales extrêmement coûteux et d’autre part par l’absence de structures d’EnR suffisantes. Sans parler des salariés de la filière…

La proposition d’Emmanuel Macron de fermer les 5 centrales au charbon restantes sur le territoire sera déjà un superbe défi social pour les salariés de la filière et technologique. En effet, les EnR ne permettent pas un ajustement à la minute de la consommation car dépendantes du climat. Seules les énergies fossiles ou l’hydroélectrique, déjà très développé en France, offrent cette flexibilité absolument indispensable à la gestion quotidienne du réseau. Ainsi, des solutions de stockage de l’énergie provenant des EnR doivent être développées. Ce qu’Emmanuel Macron propose.

Pour les mêmes raisons, sortir du nucléaire rapidement sans structures de remplacement adéquates est dangereux ou ramène vers les fossiles.

C’est en cela que le projet d’Emmanuel Macron est novateur. Enfin, un candidat à la présidence parle de la Transition Energétique de manière pragmatique en abordant en premier lieu la décarbonisation de la production d’électricité et le développement des EnR plutôt qu’un acharnement sur le nucléaire. La diminution des émissions de gaz à effet de serre est la priorité absolue.

La baisse de la part du nucléaire est nécessaire et le cap de 50% d’ici 2025 (75% actuellement) est maintenu tout en attendant les conclusions de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) en 2018 vis à vis de la prolongation de centrales au-delà de 40 ans. Cet objectif permettra de développer de manière pragmatique et sereine les EnR et les solutions de stockage en France.

L’idée étant finalement d’utiliser le nucléaire en pivot pour aller vers un mix électrique plus équitable et totalement décarboné. Et pourquoi ne pas rêver à long terme d’un mix composé à 100% d’EnR toutes en complément les unes des autres. Cette diminution de la part du nucléaire à 50% est possible à moyen terme car accompagnée dans le projet d’En Marche par une baisse de la consommation électrique grâce à une vraie politique d’efficacité énergétique (rénovation thermique de nombreuses passoires thermiques, etc.), une simplification des procédures de déploiement des EnR (les chantiers d’éoliennes peuvent prendre plusieurs années) et le développement de réseaux électriques intelligents.

De même, hors du cadre de la production électrique, le développement de la décentralisation de l’énergie proposé est une avancée majeure dans le but de créer des territoires profitant d’énergies produites en “circuit court” où les spécificités de nos régions seraient exploitées pour reprendre le terme utilisé en agriculture.

Voilà pourquoi la Transition Energétique d’En Marche et d’Emmanuel Macron est la bonne !

Florian Condamine.