La maternité tardive, un phénomène nouveau?

09/2016

Les Françaises font des enfants de plus en plus tard selon une étude menée par l’INSEE. En 2015, 5,1% des nouveaux-nés ont une mère de 40 ans ou plus. Mais ce phénomène n’est pas nouveau.

Selon l’Institut national de la statistique et des études économiques, déjà 6,5% des nouveaux-nés avaient une mère de 40 ans ou plus en 1901. Malgré une baisse de ce chiffre jusqu’aux années 80, un taux record de plus de 10% avait marqué le milieu des années 40 et les années 50 avaient enregistré une nouvelle hausse du nombre de maternités tardives.

Dès les années 80, le phénomène s’accélère et le nombre de nouveaux-nés de mères de 40 ans ou plus a été multiplié par 5 en 44 ans, passant de 1,1% en 1981 à 5,1% en 2015. En 2015, près de 93% des naissances tardives concernent des mères âgées entre 40 et 44 ans. Cette hausse constante s’explique en partie par l’évolution du taux de fécondité des françaises âgées de 40 à 49 ans, fécondité qui augmente selon la même dynamique.

Outre l’augmentation du taux de fécondité des quadragénaires, l’étude basée sur les données des mairies et le recensement de la population met en lumière d’autres causes liées à des nouveaux schémas familiaux qui expliquent ce phénomène. Les premières générations du baby-boom passent la quarantaine dans les années 80 et « la part des femmes de 40 ans ou plus progresse dans l’ensemble de la population féminine ». De plus, depuis les années 50, la taille des familles ne cesse de se réduire et l’âge du premier enfant recule. Entre 1967 et 2007, la proportion des premières naissances après 40 ans double et passe de 12% à 26,4%. Peuvent s’ajouter à ces nouveaux comportements en matière de maternité d’autres éléments post-mai 68 tels que l’émancipation professionnelle des femmes, l’accès aux contraceptifs ou le droit à l’avortement.

Quant aux pères, ils n’échappent pas à cette dynamique. En 2015, 17% des nouveaux-nés ont un père âgé de 40 ans ou plus et 3,8 % ont des parents âgés de 40 ans ou plus. Par contre, être père après 50 ans est beaucoup plus rare (2%) et à fortiori après 60 ans selon l’étude.