Cher Libé,
Nicolas Grégoire
322

Nicolas Grégoire, vos propos sont inconhérents. C’est bien pour cela que votre histoire n’est pas traitée. Il suffit de se pencher sur vos arguments et vos preuves. J’ai repris point par point votre argumentaire fumeux.

1/ Les faits : Vous dites avoir été assistant parlementaire de messieurs Guellec et Hyest, à mi-temps, pour 47h/semaine en tout, à partir de 1996 jusque vers 1998 (prouvé dans les documents). Guellec et Hyest sont alors à Force Démocrate, un des composantes de l’UDF dirigée par Bayrou.

2/ Le problème soulevé : Nicolas Grégoire affirme avoir été envoyé travailler dans le journal du FD, alors qu’il devait travailler pour les parlementaires, car le parti en question n’avait pas assez de fonds.

3/ Au sujet de cette histoire, les seules preuves avancées sont les suivantes : dire qu’il a écrit sous un pseudonyme dans le fameux journal, et en montrer une couverture avec le nom du pseudonyme (il y a aussi une photo de brebis, mais sa pertinence n’est pas très claire).

4/ Cependant, le réel souci n’est pas en soi qu’il ait écrit dans un journal, mais qu’il ait bénéficié d’un emploi fictif chez Guellec et Hyest.

5/ Or, 1ere incohérence de la part de Nicolas Grégoire => quand Guellec lui dit de venir travailler avec lui pour trier du courrier, Grégoire ne veut pas, car il n’aime pas -selon ses dires- les tâches données. C’est alors qu’il ment sur les conseils d’un tiers, affirme qu’il préfère son emploi illégal et qu’il ne compte plus travailler pour Guellec. Celui-ci le menace d’arrêter de le payer, ce à quoi Grégoire répond un mensonge (ce qu’il reconnaît lui-même), que Bayrou est au courant, et que cela a été arrangé avec lui. Du coup, Guellec se trouve “contraint” d’accepter et de se taire.

6/ 2ème incohérence, Grégoire donne lui-même la preuve du travail que Guellec lui avait donné : une photo d’une pochette courriers à traiter. L’accusation d’emploi fictif tombe donc à l’eau.

6/ 3ème incohérence (de moindre importance) sur un document au sujet des obligations des assistants de sénateurs, Hyest a mis manuscrit « à l’attention de Grégoire ». Si du départ Hyest ne veut pas faire travailler son assistant pour ses missions d’assistant, bizarre de lui rappeler ses obligations

7/ 4ème incohérence, Nicolas Grégoire déclare maintenant en 2017 que Bayrou est impliqué, et il veut en faire une affaire, en twittant à plusieurs reprises #BayrouGate. Mais dans ses déclarations, on ne voit toujours pas le rapport entre son emploi fictif (qui n’est en fait pas techniquement fictif) et François Bayrou. Même si l’emploi était fictif, Grégore ne dit à aucun moment que Bayrou était au courant de près ou de loin avec ces pratiques. (D’autant plus que les parlementaires incriminés et les gens du journal concernés ont soit rejoint l’UMP, soit sont partis en retraite au début des années 2000). Cela peut donc fortement ressembler à de la pure diffamation.

8/ 5è incohérence, si Monsieur Grégoire pense depuis la fin des années 1990 que Bayrou est un malotru fini, alors comment explique cette série de tweet de 2012, où Monsieur Grégoire supporte ouvertement Bayrou, et son exemplarité ? http://bit.ly/2pOLRu7

9/ Bonus 1: Monsieur Grégoire critique les abus du parti (remboursement immédiat suite à un vol, gendarmes qui livrent du courrier pour le compte du parti, des facilités pour avoir un prêt ou un logement en hlm, + une omerta sur une accusation de viol) dont il reconnaît pour certains en profiter lui-même à l’époque, mais tout cela sans aucune preuve. La seule « preuve » qu’il met sur le devant, c’est une lettre qu’il a lui-même adressée à un élu pour demander d’éviter d’avoir des problèmes judiciaires suite à une rixe avec son concierge. La preuve aurait été la réponse de l’élu pour dire qu’il réglait le problème en question. Cette lette de Grégoire à l’élu n’est donc pas une preuve en soi, à part à prouver que Nicolas Grégoire a voulu profiter de largesses et pousser des élus à outrepasser leurs fonctions.

11/ Bonus 2 ; Il y a eu une reprise sur Reddit de comptes US pour twitter dessus. On sent que c’est une information qui tombe à un bon moment pour nuire à Macron. http://bit.ly/2pefGAo ce qui

12/Conclusion : on peut de manière légitime comprendre que Nicolas Grégoire soit énervé parce que des journalistes n’ont pas voulu creuser son histoire, ou que des emplois fictifs dénoncés par Corinne Lepage ne soient peu médiatisé. Mais les preuves ici délivrées ne suffisent pas pour en tirer quoi que ce soit. Au contraire elles incriminent Nicolas Grégoire même, vu par les rédactions de Mediapart et de Libé comme paranoïaque … Aujourd’hui, cette histoire, reprise dans les cercles de la France Insoumise, permet donc de salir une réputation librement, et jouer dans le complot anti-médias. Monsieur Grégoire a donc pu être en top tweet pendant deux jours, sans qu’un journaliste puisse officiellement affirmer que ce qui est raconté est infondé et ahurissant, ce qui alimente une rumeur qui entâche des réputations … Triste.

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.