Me 2.0


Bon, je suis là, c’est déja pas si mal si je considère mes chances au départ d’arriver en tête devant des dizaines de millions de mes semblables, il semblerait statistiquement que mes chances furent infimes et pourtant je suis bien là. Propulsé a prés de 30 km/h j’ai visiblement réussi à surclasser les dignes représentants d’une concurrence acharnée tous à la conquête du même Graal : la vie. Il a fallu sans doute sans balabres et avec une certaine hâte franchir les résistances de l’ovule maternelle qui m’était destiné. Je peux également me réjouir que mes parents aient au préalable déjoué toutes les probabilités de se rencontrer, si l’on considère le petit milliard d’êtres humains en capacité de procréer sur cette planète. Merci Cupidon d’avoir rapprocher ces deux-là d’une flèche décochée au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard, un peu plus à gauche ou en oblique et qui sait ce qui serait alors advenu ! Pas moi en tout cas !


Et maintenant ?

Presqu’un demi siècle que j’use de mon privilège d’être un citoyen de ce bon vieux monde mais suis-je vraiment conscient de cette chance ? Qu’ai-je réalisé de si important qui justifie ma présence ici bas ? Où sont mes contributions au bien-être de cette humanité qui me compte parmis les siens sans avoir eu son mot à dire ?

Mais qu’est donc devenu le vainqueur de cette course menée de flagelle de maître pour remporter le grand prix de sa vie ?

L’usure de l’usage

Le temps passe vite d’un état à un autre, d’un claquement de doigt on passe de l’enfance à l’adolescence et on est plus ensuite qu’à quelques lieux de l’âge adulte. Plus qu’une vie on remplie un usage, une fonction, et bien souvent celle que d’autres ont choisi pour nous, avec notre complicité certes, mais par convention ou par paresse plus que par vocation. Nous remplissons une case et cela nous convient, on peut alors nous définir, nous situer, nous sommes rassurants pour la société elle nous a digéré, enfin ! Notre capacité a été évaluée, nos compétences calibrées et nous pouvons donc jouer notre rôle mais pas de mélange des genres, il faut se conformer aux règles pour rester à la place prévue à notre effet, il ne faut pas déborder du cadre au risque de devenir “ inclassable ”. Alors on se fait à l’idée. Il y a l’éducation familiale, il y a le niveau d’étude et puis il y l’âge, l’usure, l’usure de l’usage…

Eloge de l’égoisme

Et si je capitalisais sur moi, sur l’extraordinaire capacité de l’être humain à progresser, à avancer, à changer, à renouer avec l’élan vital qui m’a été confié un jour il y a près de cinquante ans. Pas trop tard pour changer, pas trop tard pour en rêver, pas trop tard pour en avoir envie encore moins pour le faire. Prétentieux de vouloir changer le monde ? Sans doute, alors pourquoi ne pas commencer par le mien et surtout la manière dont je le perçois ? Et puisqu’il advient un âge ou la vue se fait moins efficace et tant qu’à porter des lunettes, autant chausser celles qui me permettent de voir la vie sous un angle inédit. Pas de verres progressifs, mais une vision nouvelle, nette et fidéle à la beauté de ce nouveau monde. Pas d’égocentrisme, pas de repli sur soi mais un egoisme bienveillant qui demande une introspection salutaire et un recentrage sur l’essentiel. Et go !En avant pour le Me 2.0!