Black Friday ou la vie sauvage

Vendredi 25 novembre, vous avez peut-être fait partie des 21.2% de français à avoir fait des affaires -ou à avoir consommé démesurément- lors du Black Friday. Et s’il vous restait un peu d’argent après le week-end, peut-être avez-vous pu profiter du Cyber Monday. Fraîchement débarqué des États-Unis, le Cyber Monday est le petit frère 2.0 du Black Friday, c’est un peu la double ration de frites des e-commerçants.

Le Vendredi Noir prend de l’ampleur en France

La France est encore loin de l’hystérie générale provoquée outre Atlantique par le vendredi noir. En effet, difficile de rivaliser avec les 154 millions d’américains qui ont consommé lors du Black Friday et dépensé 290 dollars en moyenne. Des dépenses par ailleurs pas toujours nécessaires et critiquées par les créateurs du génial jeu de cartes “Cards Against Humanity” (“Limite limite” en français) qui, pour lutter contre le consumérisme, ont invité les internautes a participer au financement de… rien.

Nous autres français n’avons cependant pas à rougir; depuis quelques années, la foule s’intensifie dans les magasins qui bradent à tout va. En 2016, le nombre de français ayant consommé(online ou offline) lors du Black Friday a progressé de 7.3% par rapport à 2015, pour atteindre le palier des 15 millions de consommateurs.

Avec près de la moitié des recettes (44.9%), c’est le secteur de la mode qui décroche le pompon de la journée, devançant la cosmétique (23.2%), les jouets (21%) et le high tech (20.5%). Ça sent la préparation de Noël !

A l’origine, le Black Friday était une opération marketing physique, mais aujourd’hui les vendeurs en ligne ont totalement adopté la tendance ; et pour cause, 3.34 milliards de dollars ont été dépensés en ligne en une journée, uniquement aux États-Unis. Un bon jour pour le e-commerce donc, mais comme on en veut toujours plus (on n’est pas raisonnable, non plus), les américains nous partagent aimablement leur dernière trouvaille : un Black Friday uniquement sur internet, baptisé le Cyber Monday.

Monday, Cyber Monday

La carte bancaire à peine refroidie du vendredi, il faut la dégainer à nouveau pour (s’)offrir les pépites que l’on ne trouve que sur la toile. De la paire de chaussettes à motif chat à la lampe en forme de cactus, tous les articles absolument indispensables que l’on avait manqués le vendredi sont de nouveaux vendus au rabais le lundi. OUF !

L’équipe CosaVostra a su se contenir pendant la cyber week…

Alors qu’à la mi-novembre, seulement 13.1% des français affirmaient avoir entendu parler du Cyber Monday, ils étaient presque 30% après l’opération, soit un bon de notoriété de + 15 points en deux semaines. #Belleperf.
Au final, 10% des français (5 millions) ont acheté en ligne ce lundi 28 novembre. Nous, quand on nous dit d’acheter, on achète !

Mais dis-moi Jamy, à qui profite mon découvert ?

Personne ne tombera de sa chaise en apprenant que les grands vainqueurs de cette cyber week sont encore et toujours les géants du e-commerce.
Amazon, le petit artisan du coin, a annoncé avoir augmenté ses ventes de 40% en France par rapport au dernier Black Friday, avec 1.4 millions de produits vendus dans l’Hexagone en une journée, soit 970 ventes toutes les minutes.
38.7% des ventes réalisées lors du Vendredi Noir l’ont été sur Amazon, 15.3% sur Cdiscount.
Viennent ensuite des acteurs qui commencent tout juste à pendre conscience du potentiel commercial de l’événement : Fnac, H&M, Kiabi (la mode à petits prix), Ventes Privées, etc. 
Au vu du quasi monopole imposé par Amazon, on ne dira jamais assez que ce n’est pas le moment de se reconvertir dans la distribution en ligne !

Un beau jour de 1994, une grande penseuse a dit “All I want for Chistmas is you”. En 2016, la whishlist de beaucoup d’entre nous a comme qui dirait bien évolué.

Sources : LSA-Conso, Les Echos, The Guardian