Le problème de Twitter c’est Trump, pas 140 ou 280 caractères

Twitter va tenter de se relancer en passant à 280 caractères ce qui va probablement n’avoir qu’un effet limité sur le recrutement de nouveaux utilisateurs. Car l’image de Twitter aujourd’hui se confond avec Trump.

Dans le même temps un nouveau format de pubs vidéos instream débarque y compris en France.

Trump non stop et plus de vidéos publicitaires ça fait rêver !

Car le problème de ce réseau de microblogging est surtout qu’il s’est fait totalement troller et hacker par l’homme le plus puissant et un des plus instables de la planète : Trump, qui s’en sert depuis même avant son élection pour contourner le filtre des media et les manipuler – et cela marche : les media reprennent littéralement et commentent sans cesse ses Tweets.

Le VRP numéro 1 de Twitter éloigne ainsi des générations d’utilisateurs potentiels et confine Twitter à un petit cénacle de happy few médiatiques, qui ne le sauveront pas dans l’état actuel de son business model.

Twitter c’est Trumper !

Au passage, on se rappelle que l’utilisation des mails perso quand on est président des États Unis ou secrétaire d’état en exercice est formellement interdite.

Hillary Clinton en sait quelque chose, elle qui a perdue l’élection en partie à cause du bad buzz provoqué par la réouverture d’une enquête par le chef du FBI sur sa pratique des mails personnels dans un cadre professionnel fin octobre 2016, 10 jours avant le vote.

Pas de mail perso dans le cadre des fonctions officielles donc, par contre étonnament, utiliser son compte Twitter perso comme le fait Trump pour menacer de guerre la Corée du Nord, c’est ok, what else ?!

Twitter n’est pas fini, mais…

Twitter a encore des ressources et des caractéristiques propres, en particulier sur sa capacité à identifier et créer des sources, relais d’informations et engagements directs, précisément. 
Mais aujourd’hui son principal problème outre ses fonctionnalités qui peinent à séduire au-delà de certains cercles, est que son image ne lui appartient plus, car trop dépendante de l’usage qu’en fait Trump.
Peu de personnnes notamment chez les jeunes peuvent s’identifier à cet utilisateur à part, le réseau social tourne ainsi à vide sans trouver le moyen de recruter, et de monétiser son audience qui stagne.

Twitter serait ces jours-ci en train de travailler à une refonte de ses conditions d’utilisation pour tenter de contenir les saillies du président Trump, mais comment bannir un tel utilisateur qui est suivi par 40 millions d’abonnés sur son compte Twitter personnel, deux fois plus que pour le compte professionnel Potus, de la présidence des États Unis. Et qui à chaque Tweet a une audience mondiale.

Twitter semble condamné à disparaitre donc, absorbé inexorablement dans l’ombre des autres réseaux sociaux, paradoxalement au moment de son histoire où il est en pleine lumière, le plus médiatisé.

Mais l’oiseau bleu peut renaitre car ses frasques en partie subies doivent entretenir de sérieux appétits quant à son rachat, et à une perspective de relance et pivot bien plus ambitieuse que de simplement doubler le nombre de signes autorisés par Tweet.