Opticiens : la formation évolue

Depuis la création, en 2000, des Contrats de Qualification Professionnelles (CQP) et l’instauration, en 2012, de l’obligation de formation sous le terme de Développement Professionnel Continu (DPC), les opticiens voient leur légitimité renforcée en tant que professionnels de santé. Et, à travers les travaux du Collège National des Opticiens de France (CNOF), ils veulent encore tirer le métier vers le haut.

En 2015, une enquête d’opinion, réalisée par OL [MAG] auprès des opticiens afin d’évaluer leurs pratiques en matière de formation, confirma que les formations post-BTS (notamment la licence) gagnaient du terrain et que la formation continue, bien que plébiscitée, restait encore insuffisante (1).

Or, depuis qu’ils sont reconnus à part entière comme professionnels de santé, le décret du 12 octobre 2016 élargissant leurs prérogatives dans la délivrance de verres correcteurs et de lentilles, les opticiens-lunetiers sont appelés à jouer un rôle croissant dans le parcours de santé des Français. Une bonne raison pour continuer à parfaire leur formation.

CQP Opti-Vision, qu’est-ce que c’est ?

Le certificat de qualification professionnelle (CQP) Opti-Vision a remplacé depuis en septembre 2016 les deux CQP Technique et Commerce. Ce nouveau diplôme est destiné aux titulaires du BTS OL (Opticien Lunetier) qui souhaitent développer « les compétences indispensables à un exercice répondant aux évolutions actuelles et à venir du métier que ce soit en matière de santé visuelle, de technique optique (réfraction, contactologie), mais également en matière de relation client et force de vente, dans le cadre d’un contrat de professionnalisation », selon les termes de la Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle qui a créé ce nouveau QCP.

Il s’adresse aussi aux opticiens en exercice qui souhaitent monter en compétences dans le cadre de la formation continue, avec des modules définis en corrélation avec les orientations nationales DPC (Développement professionnel continu).

Le cursus CQP se déroule sur un an en contrat de professionnalisation, à raison d’environ une semaine par mois en cours et trois semaines en magasin. Les candidats sont individuellement accompagnés dans leur recherche d’un futur employeur.

Le CQP Opti-Vision se compose de quatre modules obligatoires (réfraction complexe — 120 heures, contactologie simple — 90 heures, relation client/vente — 60 heures et réglementation — 40 heures) et de quatre modules optionnels à choisir entre basse vision, vision de l’enfant, vision de la personne âgée, contactologie évoluée, prévention santé et conseil et gestion opérationnelle. Les opticiens en exercice peuvent valider le CQP en plusieurs années ou suivre seulement certains modules pour valider les formations répondant aux orientations DPC.

Des écoles de formation triés sur le volet

Les écoles qui proposent le nouveau CQP en septembre 2016 sont Audioptic, ESOO, Greta Fresnel, Greta Jura, ICO, IUT Aix Marseille, Sup d’Optic et Supvision. Parmi ces écoles, Audioptic tient une place à part puisque c’est l’école du groupe Optic 2000 située dans son siège social à Clamart, la coopérative disposant de son propre département de formation. Avec des taux de réussite très importants (2). Fort de cette double casquette d’organisme de formation pour les magasins de son réseau et d’école dans le cadre des formations en alternance (les CQP), le département RH-Formation d’AudiOptic (Groupe Optic 2000) met l’accent sur le professionnalisme des opticiens en magasin, mais également des jeunes diplômés ». Son Secrétaire général, Yves Guénin explique : « La légitimité de l’opticien vient d’abord de sa formation, au cours de laquelle il acquiert, durant deux ans, les compétences nécessaires à l’exercice de son métier. Chez Optic 2000, nous disposons également depuis 20 ans d’un centre de formation interne, qui nous permet d’assurer la formation continue de nos opticiens, sur tous les aspects de la profession, mais aussi la formation des étudiants en contrat de professionnalisation. Nous mettons beaucoup de moyens dans ce volet formation, car il nous semble essentiel : c’est le socle de l’expertise de l’opticien » (3).

Une obligation de formation professionnelle continue

C’est en 2012, à la suite de la loi HPST de 2009, que fut mise en place pour tous les professionnels de santé une obligation de formation dite DPC (Développement professionnel Continu). Changement notable, depuis le 1er janvier 2017 l’obligation annuelle de formation se transforme en une obligation triennale. Les opticiens doivent justifier d’un parcours de DPC, d’un engagement dans une démarche d’accréditation ou encore de formations certifiées. La démarche doit comporter au moins deux de ces trois types d’actions et au moins une action s’inscrivant dans le cadre des orientations prioritaires pour l’optique et pour l’audio qui ont été fixées au niveau national par arrêté ministériel (4).

Le Collège national des opticiens de France (CNOF), société savante créée en 2015, Collège travaille sur l’évolution future des orientations DPC dont les cinq axes sont aujourd’hui : la réfraction complexe, la contactologie, la basse vision, la vision de la personne âgée et celle de l’enfant.

Son but ? Faire en sorte que la filière optique atteigne l’excellence.

Le CNOF au travail

Pierre Guertin, président du CNOF, définit ainsi le métier : « L’opticien-lunetier est le professionnel de santé qualifié dont la mission consiste à améliorer, maintenir, restaurer et protéger la vision de toute personne, notamment à travers la fourniture d’un équipement optique ». Il est aussi un « éducateur en santé » qui « dispense les conseils d’hygiène et de sécurité sanitaire et participe à la prévention ainsi qu’au dépistage en santé oculaire ».

Le CNOF a formulé diverses recommandations visant à réorganiser la formation initiale des opticiens. « Pour cela, nous faisons de la prospective et avons orienté nos travaux sur une formation en 3 ans intégrée au système LMD (licence-master-doctorat) », explique Pierre Guertin. Le CNOF propose également le rattachement des établissements de formation à l’université, l’intégration du cursus optique à ceux des autres études de santé avec « la reconnaissance du statut d’éducateur de santé indispensable en contactologie et en basse vision ».

L’organisation mène en outre une réflexion sur la place de l’opticien dans la filière visuelle, les modes d’exercice de la profession, les besoins visuels des conducteurs… (5)

Autant dire que la formation des opticiens n’a pas fini d’évoluer.

(1) http://www.opticien-presse.fr/enquete-exclusive-opticiens-formation/
(2) http://www.opticien-presse.fr/2015/07/17/cqp-2015-lecole-du-groupe-optic-2ooo-en-tete/
(3) https://www.sensemaking.fr/En-matiere-de-sante-l-expertise-se-situe-aussi-en-magasins--par-Yves-Guenin-secretaire-general-d-Optic-2000_a296.html
(4) https://www.acuite.fr/actualite/legislation/95363/votre-obligation-de-formation-professionnelle-continue-evolue
(5) https://www.opticien-presse.fr/2017/10/18/reforme-de-formation-opticiens-cnof-entre-bilan-projets/