L’impact des algorithmes sur les médias et la culture (panels #EJC016)

J’étais ce matin à Science PO Lyon pour écouter deux panels à propos de l’impact des algorithmes sur les médias et la culture, dans le cadre des entretiens Jacques Cartier.

Voici quelques notes afin de nourrir la machine algorithmique, de permettre à Google d’indexer ma contribution à ce sujet et aux plateformes sociales d’amplifier ma portée, merci amis et abonnées.

D’entrée de jeu, ceux qui me connaissent savent que c’est un sujet qui me passionne depuis longtemps, que c’est l’objet de ma pratique professionnelle sous une forme ou une autre, depuis maintenant 20 ans.

Des intervenants de qualité, mais le format de panel, avec des présentations d’introduction de 7–12 minutes par personnes, ne laissait aucune place à une performance plus jazzée qui survient des conversations. Après les solos, aussi intéressants soient-ils, des panélistes, quelques questions de la salle, mais peu d’interaction entre les panélistes eux même. Et un modérateur qui est plutôt un présentateur qu’un acteur qui fait avancer la réflexion et qui suscite le meilleur des panélistes.

Dommage, parce que la liste des penseurs étaient l’élément majeur qui m’avait attiré à ces panels. Si vous désirez comme moi les lire (ou les découvrir) pour épancher votre curiosité intellectuelle: Sylvain Lafrance, Brian Myles, Jonathan Roberge, Gemma Serrano, Pierre C. Bélanger, Philippe Chantepie, Stephan Grumbach, Éric Scherer, Christian Fauré et Françoise Paquienséguy. J’aurais bien envie d’en rencontrer quelques-uns dans un bistro Lyonnais pour une conversation enflammée et pour cultiver les choc des idées…

J’ai tout de même apprécié le moment, qui m’a permis de réfléchir à comment réfléchir sur ce sujet, de voler un peu de temps au sommeil pour situer le contexte.

Cadre de référence pour la réflexion algo/média

Voici le petit plan mental que j’avais en tête pour aborder le sujet de ce que je nomme des “objets médiatiques (et culturels) numériques” (omcn). J’ai tenté de répertorier les attributs essentiels pour définir les éléments de données qui font tourner les algorithmes.

  1. Temporalité (quand, depuis quand, durée des interactions autour d’un omcn)
  2. Portée
    2.1 Géographique (pour distribuer, cibler ou limiter)
    2.2 Sujet (sémantique, topical, facette)
  3. Surface d’interaction (engagement)
     3.1 Vélocité (beaucoup en peu de temps)
     3.2 Densité (issu d’un graphe social serré)
    3.3 Intensité (selon le type d’interaction, du simple/courte à complexe/longue)
  4. Type d’interactions
    4.1 Relais
    4.2 Réaction (like)
    4.3 Commentaire (court/moyen/long et privé/public)
    4.4 Zeitgeist / Air du Temps / Populaire(direct/indirect)
  5. Promotion / Boost (publicité et ciblage, qui utilisent les 4 attributs précédents).

Je me suis posé la question quand à la pertinence d’un modèle à la Creative Commons, pour pouvoir appliquer des règles communes sur des réseaux hétérogènes.

Ce qui a mené à une belle réponse de Philippe Beaudoin sur Facebook:

Brèves notes, pour aider à y réfléchir par la suite, pistes de réflexion.

Voici quelques brins épars, quelques concepts, que j’ai retenus, pour exploration future.

  1. Le contrôle des algorithmes (par les médias, les sociétés de plateformes, ou les utilisateurs).
  2. Passage d’un message radial (un centre, synchro sociale) au modèle réticulaire / rhizomes.
  3. Communauté particulière vs bien commun.
  4. Peut on définir ce qu’on est de ce qu’on fait?
  5. Intermédiation / mise en relation / non plus par ceux qui offrent ou opèrent le service physique. Perte de maîtrise (pas d’expertise souvent à l’interne).
  6. L’enjeu n’est pas l’algo, c’est la capacité à gérer l’échange informationnel des ressources physiques.
  7. Quota / Étiquetage (transparence des algos)
  8. Plateformisation (de tout, pas juste des médias et de la culture)

Beaucoup de constatations mais pas beaucoup d’idées innovantes, j’aimerais bien avoir accès au cadre de réflexions ou aux notes de préparation des intervenants, ça me semblait très riche mais à peine effleuré. Encore un constat médiatique de non-culture numérique: ce qui est sur un écran dans une conférence devrait exister en-ligne avant, pendant ou au pire tout juste après une rencontre… Pas de traces pour l’instant.

Dommage aussi de n’avoir, à ma compréhension, aucun représentant des dites plate-formes sur les panels, j’aurais bien été me joindre à la conversation pour dégonfler quelques bulles entendues… Il est un peu tard pour constater l’effet Facebook sur les médias et l’effet “streaming” sur la culture. J’aurais aimé entendre des propositions ou des idées rafraîchissantes, cela n’aura pas été le cas.

Je me relis et je n’avais pas en tête un billet si épars et avec un ton qui me semble plus négatif que ma perception, mais je laisse ça par ici de toute manière, avec un tweet en conclusion, il aurait pu être une citation de McLuhan mais c’est du Toffler.

Si vous n’avez pas de stratégie, c’est que vous faites partie de la stratégie de quelqu’un d’autre.