Le journal d’un pèlerin — 07

Espalion

C’est rendu que j’écris à l’encre. C’est beaucoup mieux!

Les jours commencent déjà à se suivre et à se ressembler. Je marche toujours avec Yan. Notre cadence est similaire.

Nous sommes dans l’Aveyron. Les paysages changent beaucoup, comme me le disaient tant de Français (avant mon départ). Laurie-Anne aimera, quand elle reprendra le chemin. Je ne vis presque plus dans le passé — la nostalgie a passée. Je me retrouve à penser à Saint-Jean-Pied-de-Port. Tout le monde voudra de mes nouvelles à partir de cette étape. C’est si loin, et pourtant… il y a une semaine déjà, je ne faisait que commencer sur la route.

Les gens commencent à changer aussi. Je rencontre des nouvelles personnes. La dynamique change quelque peu à chaque jour. Dans deux jours, certains quitteront le chemin. D’autres ralentissent. Et plusieurs reprennent à partir de Conques.

Je suis blessé au sang sur les hanches. C’est une épreuve que de ne pas se laisser emporter par la douleur… Je vais essayer de me soigner un peu et je vais garder mes éponges.

J’aime beaucoup courir dans les pentes descendantes. C’est un plaisir que de se laisser porter par le momentum et d’être dans le moment présent. Yan et moi on est plutôt rapide comme pèlerins. Non seulement on court, mais on raccourcis un peu aussi! Le but pour moi c’est Saint-Jacques et non les paysages… Ils sont un plus, tout simplement.

Certains n’aiment pas ça, mais le GR (grande randonnée)… c’est une randonnée. Les pèlerins d’antan coupaient à travers champs!

Ça nous donne le temps de profiter des villages… et de l’apéro!