Le journal d’un pèlerin — 08

Golinhac

Y’avais une piscine sur le site de camping où je dormais ce soir là. Le bonheur!

Ouf! Quelle journée! C’est ma première de 27km (les Français disent : 27 bornes). Il y avait de la monté pas pour rire! On est arrivé à 15h, et sans chômer.

Demain, c’est la journée où beaucoup de gens s’arrêtent. Je crois aussi que beaucoup d’autres vont reprendre le chemin à cette étape. C’est moins prenant que les premiers départs, mais on s’attache aux gens avec qui l’on marche. Je parle au “on”, parce que l’esprit de groupe est fort, on est une dizaine. J’ai une photo, probablement l’une des seules que j’aurai. Elle me fait plaisir.

Il y a deux dames, Bernie et Patou, on les appelle les soeurs bios (mais elles ne sont pas des soeurs). On a fait un cours de massage de pied collectif. On s’est “pris le pied”. Les Français la trouvaient ben drôle.

On s’étire comme on peut… On prend son pied, quoi!

J’ai eu un petit cours sur la culture française de “vanner” et “chambrer”. Depuis le début ça me fascine. Ils se piquent sans arrêt, mais en fait c’est pour se connaître, pour tester les limites des autres. Tout est dans le ton. Je vais bien finir par essayer, mais c’est pas trop mon style.

J’ai visité une autre église chargé en énergie. C’est assez impressionnant en fait. J’ose y croire sans me dire que mon esprit me joue des tours. Je veux essayer avec les arbres aussi.

J’adore voir et toucher les bêtes sur la route. Il y a de tout : ânes, chevaux, vaches (bien sûr), moutons, chèvres, lapins, poules, coqs, chats, chiens.

Hier, il y avait un couple dans un village de 6 habitants. Il vendait des boissons à 1€. Je trouve ça vraiment sympa.

On voit bien les étoiles ici. La Grande Ourse, Orion et Cassiopée. Je ne connaissais pas le “W”.

J’adore l’Europe et le chemin pour le mélange de culture. À côté de moi discutent trois Allemands. Je ne comprend rien. Yaaah! C’est drôle. Ursula, une autre Allemande, s’est retirée plus loin… ça la dérangeait.

J’ai trouvé un pas pire bâton aujourd’hui. Je l’ai gossé un peu, mais pas assez. C’est une belle analogie du chemin et de la vie. Il faut essayer et s’ajuster pour grandir, pas seulement prévoir ou attendre.

Dernier truc. Il faut justement que j’ajuste ma routine d’achat de pain. Apparement que c’est un “sacrilège” le pain du lendemain. Je vais changer ça demain.