Le journal d’un pèlerin — 20

Condom

Seul dans une grande ville vide. Je rencontre du nouveau monde malgré tout. Je profite du temps pour être avec moi-même.

Ce matin encore, j’ai croisé deux des Française de la veille. Je ne connais pas leurs noms. Avec l’hôte, elles m’ont laisser prendre du thé, du pain et de la confiture avec un jus d’orange. J’ai environ l’âge des enfants de gens retraités. Je crois que c’est avec beaucoup d’amour et de plaisir qu’elles me gâtent ainsi. Je crois que ma présence les touche et que je leur permet d’assouvir des réflexes maternelles. Du coup, j’aime bien ça! Je leur ai rendu service en les aidants à retrouver le chemin pour sortir de la ville.

L’hospitalière avait plein d’histoire à raconter. Elle prend sa retraite du gîte bientôt. En quittant, elle m’a filé une dizaine de tranches de pain! Pour mon dîner. Namaste!

Au départ, j’ai vu des montgolfières s’envoler. On a même pu se saluer. La journée a été très relax sinon. J’ai croisé Jean-Claude (un ami rencontré à Lauzerte) une dernière fois avant de m’attaquer à quelques raccourcis. J’ai réussis à couper un ou deux kilomètres sans me tromper cette fois!

Je n’ai vu presque personne, mise à part pour mon dîner. J’ai passé tout droit au lieu d’arrêter dans un village pour faire plus court. Ça a pour effet que les gens sont nouveaux. Je ne reconnais personne au gîte.

On est dimanche, la ville est fermée, comme d’hab. Dans les grosses villes c’est étrange. L’office du tourisme était fermé aussi et donc je n’avais pas de carte. Je dû aller dans un hôtel pour en avoir une. Le gars comprenais pas mon français… tout est loin dans cette ville… Les gîtes sont loin. Je suis dans un gîte pas mal, mais il était à 20€… Dans le “miam miam” (mon guide) ça disait 15€… une erreur… En tout cas, l’ambiance est drôle. Je suis sur une terrasse seul avec mon picon bière. Je suis un peu fatigué.

J’ai prévu un peu la suite de mon chemin. Les journée de 25km c’est l’idéal. Ça fait 20 jours que je marche, c’est fou, j’ai une prise de conscience. Je suis au tiers du voyage!

J’ai lu une citation dans le gite d’Albert Einstein. “La vie c’est comme la bicyclette. Il faut avancer pour garder l’équilibre.” Ça me parle. L’esprit nomade me charme. Et je comprend d’autant plus le besoin de bouger, d’avancer, d’évoluer, de changer. Le contraire, c’est la mort.

Rester à trouver comment intégrer ça à nos vies, à notre futur à Sophie et à moi. Lentement, mais surement, les réponses me viennent. Je reste ouvert et flexible, adaptable. J’apprend et j’intègre ça à chaque jour.

Je me suis souvenu aujourd’hui que mon thème pour l’année c’est ‘expérience’. Je suis pas mal fier de moi à date. J’apprend plus que jamais.