Le journal d’un pèlerin — 43

Carrión de los Condes

Les bonheurs du chemin se trouvent dans les petits moments.

La nuit a été beaucoup mieux cette fois-ci. Elle a été douce et reposante. L’Espagne est clémente.

J’ai mangé dans un café pour 3,60€ et j’ai eu la “totale”: Tostadas con aceites, té y zumo de naranja natural (Toast avec huile, thé et jus d’orange frais pressé). En France c’est 2,50€ pour un jus en bouteille…

Je suis parti avant le levant. Les journées sont plus courtes. C’était une journée très courte, seulement quatre heures de marche. C’était bien de marcher dans le froid, ça marche tout seul. Je suis arrivé à 11h30 — j’étais le 6e au gîte en file pour attendre qu’il ouvre.

L’arrivé au village était spéciale. Juste à temps pour me prendre une carte de la ville avant que la dame de l’office de tourisme parte avec un groupe d’enfant — elle fait guide aussi. J’écoute un peu à distance, elle parle du camino. Puis elle parle du symbole de la mochila je crois (en fait c’est de la concha qu’elle parle — qui veut dire “coquillage”; mochila c’est le mot pour sac à dos), et demande aux enfants de trouver un pèlerin. C’est moi qu’il trouve et d’un coup je suis entouré par une cinquantaine d’enfants españols avec des étoiles dans les yeux. La guide me demande en mimant à moitié:

Hi mister. We have a question for you… Tienes una concha sobre su mochila?

Je me retourne et me penche pour leur montrer et ils tous se mettent à sourire. Ensuite, elle me remercie et j’ai eu droit à un ADIOS! en choeur et plein de bye bye! C’tait vraiment cute.

Le temps que je m’en remette et que je recommence à fouiller mon guide pour fouiller pour les albergue — question de savoir où j’allais dormir — un vieux monsieur m’apostrophe. Il est a 15cm de mon visage et parle très fort en español. Je le saisit à moitié et je comprend vite qu’il veut m’aider et me parler de sa ville. C’était un beau moment et surtout comique. Il s’arrêtait et m’arrêtait quand il voulait parler et il parlait avec beaucoup de passion. ll m’a amené à l’albergue qu’il jugeait la meilleure et m’a souhaité bon voyage. C’est drôle, parce que hier justement je parlait de proximité physique avec les Coréens et la Japonaise (généralement plus distant dans ces régions). Clairement, là c’est différent à l’os!

La soirée a été relaxe, j’ai flâné, jasé… tranquille. J’ai rien fait vraiment de ce que j’avais prévu, mais c’tait parfait.

J’ai parlé davantage avec les Coréens. C’est cool de voir les différences et d’échanger avec eux. Par exemple, on se tourne de dos quand on boit avec une personne plus âgé que soi, sinon c’est impoli. Encore une fois la piqure du voyage qui revient. L’Asie de l’Est pour eux c’est très différent de l’Asie du Sud-Est. Ah oui, pour eux, les groupes sanguins définisse le charactère. Pour un AB, je suis soit un fou, soit un génie! Selon eux, je suis un génie (fiou)!

Je suis retombé sur Laura et les Italiens. Y’en avait deux que je reconnaissais pas et ça s’adonne qu’ils sont végane! Le gars sur facebook: Vegan Viking! Ils sont activistes véganes et il m’a donné des sites à voir et m’a partagé un peu son expérience.

J’adore le partage, c’est fou. Surtout que je lis du Alan Watts en ce moment et qu’il dit que l’on se définit par l’autre — qui est moi en fait (nous ne sommes qu’un).

Je trouve génial d’être inspiré et de pouvoir en faire autant. J’ai trouvé ça charmant que la Coréenne 세희 (Se Hee) se remette à écrire son journal de nouveau depuis qu’elle me connait et qu’elle me voit aller. C’est touchant.

Je me sent bien, le chemin est paisible. Merci.