Comment devenir développeur Freelance ?

Je suis développeur Android freelance, et il n’y a pas une mission que j’ai faite où je n’ai trouvé un développeur enviant le statut de freelance (notamment pour des raisons financières, soyons honnêtes). Mais quel est ce point commun entre tous les développeurs souhaitant devenir freelance et restant salariés que j’ai croisés ? La réponse est simple … trop de mindfuck, trop de perfectionnisme.

Comment je suis devenu freelance ?

Tout d’abord, une rapide introduction pour illustrer mes propos. J’ai pendant 8 ans été développeur salarié, d’abord développeur web, puis développeur Android, allant de C.D.I. en C.D.I. en région parisienne. Un de mes derniers postes m’a amené à m’expatrier en Algérie. Suite à cette seconde expatriation, j’ai décidé de me stabiliser. Lyon étant une ville que je connaissais et convoitais, je décide de m’y installer. Je trouve un C.D.I. de développeur mobile, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes

Sauf que problème : au bout de presque trois mois dans ce poste, je n’ai touché qu’à du PHP. Dur ! Je décide de quitter ce poste (abandon de poste, presque aussi sale que promettre un poste de développeur mobile pour faire du PHP) et me met à la recherche d’un nouveau C.D.I.

Le marché de l’emploi lyonnais n’étant pas celui de Paris, je ne trouve pas de nouveau poste. À cours d’argent, je rentre chez ma mère, vivant en Espagne à côté de Barcelone, en quête d’un emploi sur Paris.

Entre des postes qui ne me convenaient pas et un entretien que j’ai complètement raté chez BlaBlaCar, l’argent commençait à fondre comme neige au soleil, si bien que je n’avais même plus de quoi faire d’aller retour à Paris pour passer des entretiens.

Dernière solution possible, créer une auto-entreprise et proposer mes services à distance, le temps de renflouer les caisses. Je m’inscris sur Hopwork et suis contacté pour une mission en régie sur Paris.

On me propose un TJM de 300€, pour une mission de six mois. Je pioche dans le meilleur plan d’épargne au monde (maman je t’aime) pour m’installer à Paris et honorer cette mission.

Voilà donc comment j’ai débuté comme freelance. Je ne trouvais tout simplement pas de C.D.I., et n’ayant pas le choix, je me suis rabattu sur cette solution. Plus d’un an après, hors de question que je fasse marche arrière.

Un parcours difficile

Forcément, avant de commencer cette mission, je n’avais pas de logement sur Paris. Hors, il est évident qu’il est très simple de trouver un logement sur Paris lorsque l’on est freelance, les propriétaires nous adorent (ironie). J’ai donc commencé sur Paris en vivant dans un Airbnb, puis dans un hôtel parisien plutôt confortable, pendant une année, avant de trouver un logement, et encore, sur un coup de chance.

De plus, en commençant, je n’avais même pas de société. J’ai seulement rédigé les statuts, fait un dépôt de capital auprès de la caisse des dépôts et consignations. Mon siège social se situait, et se situe toujours, chez mon frère, n’ayant pas de domicile en France.

J’ai fait l’erreur de ne pas mettre la T.V.A. annuelle de côté, provoquant quelques petits soucis au moment de la payer en 2016. Soucis rapidement réglés car il faut avouer que les impôts pour les entreprises, contrairement aux impôts pour les particuliers, sont réactifs et arrangeants.

Bref, tout n’est pas encore réglé avec ma société, mais ça s’arrange au fur et à mesure…

Mes conseils ?

300€ par jour, c’est à la limite de l’arnaque au vu des tarifs pratiqués sur le marché parisien. De plus, on peut voir que je suis loin d’avoir commencé de la meilleure des façons. Et c’est justement comme ça que je suis devenu freelance, et justement la raison qui fait que certains souhaitent devenir freelance mais ne le seront jamais.

Que diriez-vous à un développeur ne connaissant ni Java, ni Android Studio, qui vous dit qu’il n’écrira sa première ligne de code que lorsqu’il maîtrisera une architecture MVP autour de Dagger, Retrofit et RxJava avec des tests unitaires solides et le tout sur un repo git avec une arborescence du feu de dieu ? La version web fonctionne aussi avec un développeur web souhaitant développer une application autour de Node.js mais ne sachant ni ce qu’est un serveur, ni ce qu’est une balise HTML ?

Cela n’a aucun sens, il faut faire du sale, du code dont on a honte par la suite, pour comprendre les choses et petit à petit progresser. Il en va de même si vous souhaitez devenir freelance.

J’ai croisé beaucoup de développeurs salariés souhaitant devenir freelance se perdre dans du mindfuck pour savoir laquelle de l’E.U.R.L., de l’E.I.R.L. ou de la S.A.S. était la plus fiscalement avantageuse ? Quelle est la meilleure solution entre le portage salariale, le fait de passer par une société intermédiaire, ou la prestation en direct était le mieux ? Quelle part dois-je me verser en salaire, passer en frais, et passer en dividendes pour optimiser au mieux mes revenus ?

De la même façon que vous avez appris à coder, lancez-vous ! Faîtes de la merde (au risque de recevoir quelques appels désespérés de votre comptable) ! Et progressez !

Sachez qu’une société, ça se liquide, et ça se recréée si jamais la forme juridique que vous avez choisie ne vous convient pas. De même, des missions, il y en a à profusion (en tout cas en région parisienne). Donc si vous êtes passé par un intermédiaire et que vous ne souhaitez plus que ce soit le cas, (ou inversement) il y a des missions sur le marché. Vous pourrez toujours en changer.

Petit bémol

Il n’y a qu’une seule erreur que je regrette amèrement d’avoir faite, donc je vous encourage à ne pas faire la même :

Soyez certain d’avoir un logement qui vous plaît avant de démarrer une aventure freelance. Si vous souhaitez déménager, faîtes-le avant de devenir freelance, car durant les deux premières années, ce sera la galère assurée si vous souhaitez déménager.

Toutes les autres erreurs que j’ai faites, comme par exemple une déclaration trop tardive de ma société me mettant en difficulté pour rembourser la T.V.A. perçue sur une année, accepter de travailler pour un T.J.M. inférieur à ce qui se fait sur le marché… sont certes des erreurs que j’aurais préféré éviter, mais que je ne regrette absolument pas.

Conclusion

En bref, le fait de devenir freelance tient en deux mots : l’humilité (accepter que vous n’y connaissez rien, et que vous en connaîtrez pas beaucoup plus au moment de démarrer), et accepter de faire des erreurs pour progresser.

Après tout, vous avez bien fait des plats pour apprendre à plonger, quelques chutes pour apprendre à faire du vélo ou même supprimé des données essentielles pour apprendre à gérer un serveur (si si, je le sais). Il en sera de même si vous souhaitez devenir freelance.

N’hésitez pas à poser vos questions en commentaires ou en me contactant si vous souhaitez avoir plus d’informations.