Ma contribution sur WondHer et la question de la légitimité

La légitimité. C’est une question qu’on se pose souvent. Que je me pose encore parfois. “Est-ce que je suis vraiment légitime pour faire ça ? Est-ce que je ne devrais pas attendre un peu encore ? Avoir plus d’expériences ? Me former encore ?” …
Je ne sais pas s’il y a une forte différence avec nos amis entrepreneurs masculins mais je sais que je rencontre beaucoup de jeunes femmes qui se posent réellement la question. Il y a sans doute une histoire de culture, on se met probablement des barrières, mais je crois aussi que c’est plus complexe que ça.

La lecture de ce portrait d’Elisabeth Holmes, fondatrice de Theranos (avant les révélations récentes sur cette boîte) m’avait déjà posé question. Cette femme travaille tellement dur, fait tellement de sacrifices pour arriver à ce qu’elle veut, là où d’autres entrepreneurs ont l’air d’en faire moins.

Chaque femme a déjà entendu des « tu es trop… » ou « pas assez… », généralement sans même qu’un avis n’ait été sollicité. Alors quand Marine a parlé de WondHer et de sa campagne “W stand for Warrior Winner WondHer”, j’ai immédiatement proposé ma participation. Cette campagne a pour objectif d’offrir des témoignages pour permettre à toutes les femmes et filles de ne pas avoir peur de ce qu’elles sont et briser leur plafond de verre. L’idée est à la fois de mettre en lumière les imperfections soulevées mais avec un côté warrior qui dit que ce n’est pas ça ou plus ça, qui nous définit.

“Do you know how often women are told about their imperfections without asking to know? Do you know how it just goes round and round in their heads? Do you know what impact it can have?”

Sur “W for stand”, ces femmes qui ont surmonté un sentiment de culpabilité partagent leurs histoires pour en inspirer d’autres et dire au monde qu’il est temps de reconnaitre que chacun est unique et que ce n’est pas un problème. Je remets ici le mien, qu’on peut retrouver sur le site.

© Shaznane Mamod Houssem

“J’ai toujours été un peu timide. Mais au collège, ça a nettement empiré. Si je ne voulais pas d’ennui, il ne fallait pas que je me fasse remarquer. Alors, si j’ai toujours été très à l’aise à l’écrit, je ne prenais jamais la parole en public, sauf si j’y étais contrainte. Et depuis, l’oral m’a souvent bloquée : prendre la parole devant des gens quels qu’ils soient a toujours été effrayant, j’avais peur du jugement direct de l’autre.

En 2009, il s’est passé deux choses importantes. Tout d’abord je me suis retrouvée tétraplégique à cause d’une maladie grave et pour pouvoir revivre normalement j’ai du trouver en moi des ressources dont je n’imaginais pas l’existence. Je me suis montrée de quoi j’étais capable en situation extrême. Ensuite, je me suis inscrite sur twitter et j’ai commencé à parler et à construire une identité, une expertise sur certains sujets. J’y ai rencontré l’écoute et la bienveillance entre autre.

Bizarrement, ces deux “événements” conjugués m’ont permis, en quelque sorte, de repartir à zéro et d’affirmer la personnalité que je cachais, ce qui m’a aussi donner les moyens de créer ma propre entreprise. En prenant conscience de cela, j’ai réussi à me légitimer en tant qu’entrepreneure et à développer une confiance en moi que je n’avais pas. Aujourd’hui je continue de concrétiser mes idées et si je reste encore parfois discrète en public, je n’ai plus peur ni honte d’affirmer ce qui me définit et ce que je suis.”


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