J’ai enfin sauté le pas. Je suis un cycliste urbain, et quotidien

Cela fait des mois, voire des années que j’y pense. Cette idée me hante et tourne en tâche de fond : “pourquoi ne pas aller au travail à vélo.

Mais il n’y a plus la chasuble jaune ? (explications plus bas dans le texte)

Qu’est ce que j’attends ?”

Je connais les bénéfices à court et long terme, tant personnellement que pour la société. Cependant je n’arrivais pas à m’y résoudre. Il y avait toujours une bonne excuse pour ne pas m’y mettre :

  • Si il pleut, comment vais je faire ?
  • Sur Paris ce n’est pas raisonnable
  • Je vais arriver en nage dans ma chemise
  • On va me le voler c’est sur (ça c’est fait — MAJ du 24 juillet 2017 à lire ici)
  • Quel sera mon temps de trajet alors que c’est déjà dur le matin
  • Mon vélo a les roues crevées
  • Je crois qu’il n’est pas adapté
  • Bref, il me faut un nouveau vélo
  • Ok mais un vélo avec une fourche et une bonne selle
  • Combien de vitesses sont nécessaires ?
  • Electrique pas électrique ?
  • Bon je vais regarder les vélos
  • Et puis aussi, si je vais à vélo je porte toute la journée une veste de vélo pas élégante
  • Et puis je vais abîmer mes chaussures
  • Et la graisse sur mes pantalons
  • etc.
Vous l’avez compris j’étais prêt, j’avais envie, mais la dernière étape était la plus dure à franchir.
Mais j’ai réussi.

Comment ai-je fait et pourquoi j’ai eu raison ?

Après la naissance de mon fils, la fatigue commençait à s’accumuler. J’étais toujours fatigué et franchement pas drôle. Réellement j’étais aigris et ne voyais pas le bout du tunnel. C’est surtout mon épouse que cela énervait passablement. J’étais chiant !

J’ai toujours fait beaucoup de sport, mais depuis quelques années mes baskets dorment, elles aussi, au fond du placard. Je connais pourtant les bienfaits d’une activité sportive sur le moral et l’énergie que cela procure.

Après une analyse très poussée, il était clair qu’il m’était impossible d’ajouter des heures de sport dans ma semaine chargée et réorganisée depuis peu, j’en conclus qu’il fallait les intégrer à ma routine quotidienne.

Le trajet domicile <—> travail était la voie #velotaf. Le vélo s’imposait comme l’excellente solution.

J’ai la chance de vivre à Puteaux et de travailler boulevard Haussmann = 15km de trajet quotidien quasiment plat. Cela devenait envisageable en fait. Sans parler du fait que mon envie de vélo grandissait ces derniers mois.

J’avais décidé de me donner une vraie chance de réussir. Pour cela, il me fallait un vrai vélo. Pas un vélo qui laisserait place aux excuses.

Ni une ni deux, le samedi suivant je suis allé acheter le nouveau vélo sur lequel j’avais jeté mon dévolu. Un touring urbain de chez Cube (600€ en promo) avec les accessoires que j’avais jugé nécessaires :

  • Un cadenas en U
  • Une chaîne renforcée
  • Une chasuble jaune
  • Une led blanche à l’avant
  • Une led rouge puissante à l’arrière
  • Des gants
  • Un tour de cou

Ayant déjà le casque et le sac messager, j’étais prêt.

Rester en vie : le premier objectif

J’avais décidé de faire mon trajet quotidien en vélo et j’avais décidé de le faire au détriment du style pour rester en vie. Certes la chasuble jaune n’est pas des plus élégante mais nécessaire. Tout comme l’ajout de led en complément des phares intégrés au vélo afin d’être très visible.

Sur la route, les vélos ne sont respectés que s’ils sont visibles et s’ils roulent à la vitesse du trafic (plus ou moins). Il faut s’engager et “entrer” en négociation avec les automobilistes.

J’étais enfin prêt, et tellement excité de démarrer le lendemain matin. 
Réveil à 7h pour un départ à 8h pour être sûr d’arriver avant 9h à mon bureau.

Un début le 5 décembre, de nuit, par 6°C

Débuter par un matin d’hiver le 5 décembre était ambitieux, mais je n’ai pas réellement choisi la date. Elle s’est imposée.
Donc à 8h, je chevauche mon destrier. J’allume toutes les led et je pédale sans réfléchir. Très vite ça tire dans les cuisses. Très vite la perspective du trajet me fait peur. D’autant que je connais ce trajet par cœur, je le fais en scooter quotidiennement depuis 2 ans.

Ça va être long je le sens. Qu’est ce qui m’a pris !

27 minutes plus tard, j’arrive au pied de mon bureau fier comme un explorateur qui a franchi une étape importante. 
À ce moment je sais que c’est gagné, que je ne reviendrai pas en arrière.

Ma journée fut énergique, souriante et enthousiasmante. Le bonheur.

2 mois et 400 km plus tard je puis vous assurer que c’est la meilleure décision que j’ai prise depuis longtemps. J’ai rangé la fatigue au placard. Je dors mieux, je suis plus énergique, j’ai besoin de moins d’heures de sommeil et surtout je me réveille sans difficulté et me lève à la première sonnerie. 
J’ai redécouvert des muscles, je me tiens plus droit car les abdo et mon dos sont plus musclés que jamais.

En 2 mois j’ai adapté mon utilisation et ma routine. J’ai équipé mon vélo d’une sonnette/klaxon digne de ce nom afin de ne plus risquer ma vie, celle des piétons et des automobilistes peu attentifs.

J’ai relégué mon sac messager pour un sac sacoche porte bagage car le messager était gênant, douloureux à la longue et source de transpiration. Je ne commute plus en vêtement de travail mais avec une tenue adaptée (Jean, t-shirt, basket, doudoune légère et coupe vent). Mon pantalon, ma chemise et mes chaussures sont bien rangés dans ma sacoche et je me change en arrivant au travail. C’est plus confortable et je n’abime rien.

J’ai aussi équipé mes pédales de cale pied pour être plus efficace et utiliser l’ensemble des muscles de mes jambes : j’appuie tout en tirant, c’est moins fatiguant et tellement plus efficace.

J’ai réalisé également que le plus important n’est pas tant d’appuyer très fort sur les pédales mais d’avoir une fréquence de rotation importante. 
Le tout associé à un excellent timing de passage de vitesses et la moyenne augmente rapidement. Sans parler du fait qu’avec les jours, le trajet devient de plus en plus facile : je me muscle de nouveau !

Bref, vous l’aurez compris je suis ravi d’avoir sauté le pas.
  • Oui, il a plu et je suis arrivé très mouillé, mais je me suis changé en arrivant
  • Oui, il faut faire attention, le vélo est certainement plus dangereux que les transports en communs mais je fais le maximum pour être visible et audible
  • Oui, je vis au quotidien avec un coupe vent : et alors en fait !
  • Surtout, j’ai retrouvé la forme, de l’énergie et suis disponible pour mon épouse et mon fils. C’est bien ce qui m’importe.

50 minutes de sport quotidien : inespéré

Depuis, je fais donc 50 minutes de sport tous les jours. C’est inespéré. Je n’ai jamais fait autant de sport de ma vie. J’ai profité d’une difficulté pour la transformer en une opportunité incroyable.

Vous aussi, vous pouvez probablement saisir une opportunité à votre niveau pour vous sentir mieux et contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le compte rendu de l’INSEE sur la mobilité montre que 58% des actifs utilisent leur voiture pour leur trajet domicile-bureau de 1km ou moins. Vous avez certainement une opportunité à saisir.

Et pour compléter ma motivation, j’alimente le compte bancaire de mon fils de l’économie d’essence mensuelle que je réalise en pédalant.

A propos

j’ai écris ce texte en février 2017 sans le publier. 
Je le publie aujourd’hui avec 896 km au compteurs de mon CUBE. Je confirme, c’est vraiment merveilleux de faire 50 minutes par jour. Je ne porte plus la chasuble car elle ne permet pas au corps de bien respirer. Cela augmente de beaucoup la transpiration. J’ai acheté un casque vert “presquefluo”. Je ne recommande finalement pas les cale pied tant ils abîment les chaussures. Je viens de commander de nouvelles pédales avec des straps de fixie pour un rendement identique j’espère. A+ pour de nouvelles aventures. Geoffrey