Le chatbot, avenir du sondage ? Un sujet épineux, 5 questions, 3000 réponses… en 3h.

Lendemain du débat du premier tour de la Présidentielle, petit déjeuner d’équipe.

Entre revue de metrics et rédaction de contenu, la politique arrive sur le tapis.

Pas de revendications sur les candidats, plutôt un échange sur les ressentis de chacun :

  • Se retrouve-t-on dans un candidat ?
  • Plus que la dernière fois ?
  • Quels sujets nous importent ?
  • Qu’est-ce qu’on aurait envie de changer ?

Finalement, c’est le genre de questions qu’on nous pose peu, et dont les réponses sortent rarement du cadre d’un verre entre copains. D’ailleurs, au-delà de notre cercle d’amis… elle en pense quoi de tout ça notre génération (les “millenials”) ?

Après avoir constaté que la moyenne d’âge des candidats approche 56 ans, qu’en fouillant internet on ne tombe sur aucun chiffre intéressant, on se lance le défi d’obtenir nous-mêmes le ressenti de notre génération, via Jam, notre chatbot Messenger.

Un sondage nouvelle génération, surtout non partisan, qui respecte les opinions de chacun et leurs informations personnelles.

Un engouement inattendu : 3000 réponses en 3 heures

En début de soirée, Jam commence les discussions. “Hello Thomas ! Intense le débat hier soir 🤓. Si tu devais illustrer ton ressenti de cette campagne en un emoji, ça serait quoi ?” “Quelle serait ta première réforme si tu étais élu président ?”

Trois heures plus tard, plus de 3 000 de nos jeunes utilisateurs (90% ont entre 18 et 28 ans) ont répondu à nos questions, avec un réel enthousiasme. Soit 55% de taux de réponse sur l’échantillon choisi.

Quand on sait que 70% des “millenials” n’ont jamais répondu à un sondage, on est plutôt contents de ces premiers résultats !

Difficile en effet de savoir ce que pensent les jeunes ; en témoignent toutes les entreprises qui se cassent les dents ne serait-ce qu’à leur parler ! De par notre expérience, nous savions que rien ne les (ne nous) agace plus que les questions fermées, trop orientées. On ne manque pas d’idées et de recul ; on mérite mieux (et on a envie de plus) qu’une note de satisfaction en 5 étoiles. Oublions aussi les formules trop entendues : un ton léger mais pertinent, sérieux sans se prendre au sérieux, sera bien plus efficace.

Comment sonder les jeunes ? 5 questions bien senties, des milliers de réponses

Nous avons donc listé toutes les questions qui nous paraissaient les plus pertinentes pour en sélectionner cinq : leur ressenti général sur cette élection, leur intérêt pour les candidats, le message qu’ils aimeraient leur faire passer, leur première réforme s’ils étaient élus, leur envie d’aller voter.

Un mélange de questions fermées et rapides, et des questions ouvertes où chacun laisse courir sa plume.

Et les résultats sont sans appel : lorsqu’on offre aux jeunes la possibilité de s’exprimer, ils ont des choses à dire. Des idées, des revendications, des propositions, des questions. Des avis clairvoyants, des contestations éclairées, et une bienveillance assumée.

On constate clairement dans notre génération l’envie de ne plus regarder tout ça de loin, mais de jouer un rôle, d’être acteur pendant l’élection et après aussi. Plus question que le vote soit un chèque en blanc ou un laisser-faire pour 5 ans, mais le début d’une aventure commune. Chacun son rôle dans la société, c’est sûr, mais bien un rôle pour chacun.

Le chatbot, un médium qui donne envie de s’exprimer sans filtre

Jam est un acteur de confiance, à l’image d’un ami avec qui on échange librement. Les réponses qu’on lui donne sont toutes sans filtre, et ça change.

Ce qui en ressort ? Si le déroulé de l’élection fait plutôt rire (jaune ?) plus de 40% des jeunes, le colère, la tristesse ou le dépit dominent. Le message aux candidats ? Changez de comportement, dépassez les clivages, travaillez ensemble pour sauver ce qui peut l’être, et surtout, n’oubliez pas qui vous servez, vos électeurs et non vous-mêmes. En somme, une demande d’exemplarité, d’écoute, de proximité et de respect…

Quelques candidats trouvent cependant grâce à leurs yeux (nous n’avons évidemment pas demandé lesquels), et 55% d’entre eux affirment se sentir représentés par l’un d’eux.

Quel que soit l’élu, il devrait se consacrer en priorité à l’éducation (de loin le sujet le plus mentionné dans nos échanges), puis à l’emploi, à l’écologie et enfin à la réforme du système politique. Il ressort de toutes les réponses la volonté de parler d’avenir et de s’y consacrer à 100%, de poser les bases d’un système et d’un monde sain, de fondations solides sur lesquelles construire une vie.

“Travaillez en équipe. Prenez les meilleures idées de chaque candidat. Gérer un pays, n’est pas l’affaire d’une personne, c’est l’affaire d’une équipe. Pourquoi choisit-on un personne et non une équipe ? Un candidat ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt”

“Pourquoi continuer la politique comme un métier alors qu’intrinsèquement ça n’en est pas un ?”

“Sur le modèle éducatif… sans en connaître suffisamment les rouages, il faudrait repartir sur un modèle plus collectif, et surtout ne plus limiter les enfants (dans leurs capacités, dans leurs orientations, etc) Ramener une vraie ouverture d’esprit.”

“Allez au bout des réflexions / Arrêter les propos qui divisent / Proposer des solutions au lieu de dénoncer des problèmes que tout le monde connaît / Les solutions miracles n’existent pas.”

Plus généralement, ce qui transparaît dans chaque réponse est le besoin de repenser l’égalité des chances, l’envie de jouer un rôle. Peut-être en créant son entreprise, toujours en cultivant sa différence, en n’étant plus pris pour des enfants irresponsables, mais des adultes qui peuvent s’accomplir. Preuve de cette envie d’agir, plus de 75% des jeunes interrogés iront voter sans hésitation, 13% hésitent encore et 12% ne voteront pas.

Réinventons le sondage : il faut discuter plutôt qu’interroger !

Interroger les millenials demande de nouvelles méthodes de communication, plus humaines, moins statistiques, plus qualitatives, moins quantitatives. C’est le seul moyen de faire entendre des voix qui ne s’expriment pas habituellement. On sent le besoin, l’envie d’inventer un système qui permette plus de consultation, de participation active à l’invention du monde de demain.

Quant à Jam, il posera encore beaucoup de questions ; petites et grandes, légères et importantes. En cultivant cette relation de confiance, en affinant notre méthodologie, en choisissant nos sujets avec attention (et toujours beaucoup d’amour ❤), nous voulons participer à co-construire l’avenir en questionnant le présent.

Quels seront nos prochains sujets ? À vous de nous le dire dans les commentaires 📝

Vous avez des questions à poser ? Mettez Jam à contribution !

Envoyez-nous un petit mot avec l’objet Sondage à team@hellojam.fr, et on revient vers vous sous 24h🙌

Et pour tester le sondage en live, c’est ici :)

POUR ALLER PLUS LOIN

On s’est associés avec la startup Dialoog, qui a analysé le plus finement possible l’ensemble des verbatims. Le résultat est bluffant.

(En fouillant par exemple, on constate que plus on vieillit, moins on est sûrs d’aller voter)

http://dialoog.fr/resultats/jam-enquete-presidentielle/

Vous pouvez tester le sondage en live ici
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