Rafael Leonidas Trujillo y Molina, baptême…

Avoir la «bénédiction» de Ciudad Trujillo…

Le général Antonio Th Kébreau et Président Duvalier

L’encyclopédique Me. Antoine Guerrier nous raconta, en classe de 4e (ancien secondaire), «comment la visite du général Antonio Th. Kébreau à Ciudad Trujillo (fin novembre 1957)avait agacé le président François Duvalier, à peine installé au Palais» (22 octobre 1957). Pendant des années, Me. Guerrier collabora dans une structure du futur ministère de la Coordination qui se trouvait au Palais national. Il savait de quoi il parlait en nous expliquant «l’agacement» de Son Excellence…

En peu de mots, c’était quoi «Ciudad Trujillo» ? C’était le nom de la capitale dominicaine du 11 janvier 1936 (Ley №1067, del 9 de enero de 1936) au 30 mai 1961. La ville emblématique de l’hispanité aux Amériques, Santo Domingo de Guzmán, fondée le 5 août 1498 , devait s’effacer, vis-à-vis de l’omnipuissance du généralissime(des Armées nationales, loi du 26 mai 1933) Rafael Leonidas Trujillo y Molina. Cette nouvelle capitale rebaptisée portera des enseignes lumineuses “Dios y Trujillo”.

Toutes proportions territoriales et budgétaires mises à part, il disposait de la troisième police politique du monde, après le NKVD de Joseph Staline et la Gestapo d’Adolf Hitler. Au quotidien, il s’informait en direct des faits et gestes de ses «homologues» de l’Amérique Centrale, d’une bonne partie de l’Amérique du Sud et de la Caraïbe…

La liquidation et la persécution, à distance, faisaient partie de sa «gouvernance». L’enlèvement (1956) de Jesús de Galíndez à New York et la tentative d’assassinat (24 juin 1960) du président vénézuélien Rόmulo Betancourt, constituent des cas majeurs d’une longue liste, carrément effrayante.

La frontière haitiano-dominicaine est un long espace de la Caraïbe, où la «diplomatie des affaires» fonctionne avec un étonnant dynamisme…Depuis toujours! On a, très souvent, l’impression que la réalité des affaires se moque des chancelleries respectives; depuis toujours! S’il existe un homme d’Etat qui a su, convenablement, exploiter les problèmes de classes, la cupidité politicienne, l’individualisme outrancier de la caste militaire, les inimaginables atrocités inégalitaires et la présomption intellectuelle, la fatuité de l’ancienne classe politique haïtienne, c’est bien le généralissime Benefactor Rafael Leonidas Trujillo y Molina .

Rafael Trujillo, “le parrain”…

Il était généralement recommandé, dans la région, de ne pas contrarier l’humeur massacrante du maitre de Ciudad Trujillo. Pendant au moins 22 ans, entre 1937–1959, celui qui ne jouissait pas de la bénédiction de Ciudad Trujillo se maintiendrait difficilement comme chef d’Etat ou chef de l’Armée à Port-au-Prince.

Honnêtement, Cette partie du système s’est excellement complexifiée…

Gilbert Mervilus, 16 octobre 2017

Note:Page d’Haiti-Sun (1er dec. 1957) relatant visite général Kébreau à Ciudad Trujillo:” Haiti Honours A Neighbour…