Candidats A la Presidence d’Haiti

«EXCELLENCE», SOYEZ-LE AUTREMENT!

Chirac a tué Chaban-Delmas, il a ensuite tué Giscard, puis il a tué Barre, et enfin il m’a tué. Méfiez-vous (Edouard Balladur à Lionel Jospin, 2002)

Georges Pompidou, jeune normalien, écrivant au général de Gaulle, alors à Londres, «il faut que le gouvernement gouverne». Le général nota, en marge du document, « il nous faut d’abord, des hommes de gouvernement». (Référence Max Gallo, «la Solitude du Combattant»).

Deux grandes dames m’ont poussé à m’intéresser au fameux débat. L’impressionnante photo de Tainol (Roxane Ledan); et une amie avocate, qui depuis quelques jours m’ administre des raclées ponctuelles, heureusement sur wp, à cause de mon indifférence relative, face au fait électoral national. Sincèrement, je n’ai pas de place dans la république des V.I.P.

Cela m’a pris plus de 30 ans, pour cerner, analyser et comprendre méthodiquement la présidence haitienne.

En peu de mots, on ne plaisante pas dans le premier cercle; à Paris, à Washington ou à Port au Prince: on nomme, on révoque, on exile ou on fait exiler; on fusille ou on souhaite faire fusiller; tout cela, en marge des néologismes et autres paramètres conjoncturels, généralement quelconques… Parfois, le dernier à le saisir est le commandant en chef, qui ne peut qu’encaisser! Toutefois, dans notre système d’oraliture coriace et d’ésotérisme féroce («le président le veut, il le faut»), faudra pas compter sur la «lumière des archives» des «hommes de l’ombre» (Foccart).

En marge d’un job à sauver, d’un job à sauvegarder, d’un job à envisager, vous serez témoin d’atrocités révoltantes qui exigeront de vos nerfs du supracool non stop. Le Champ de Mars n’est pas un lieu de plaisir, malgré les beaux sourires légendaires! 
L’actuel président a évité mille situations explosives, parce que tout simplement l’homme Privert n’est pas un papadocrate. C’est là que le système, dit tisistem, aurait souhaité le piéger. Je crois l’avoir souligné dès février.

Ceux qui sont sur l’impressionnante photo de Tainol savent déjà que la présidence d’Haiti s’est dangereusement complexifiée: notre aune à part n’obéit plus aux bamboches et aux bouillons; ni se sent concernée par le retour du religieux ou du religieux en émergeance . 
Rien qu’à la capitale, croyez-vous honnêtement, qu’en 2016, une catégorie d’haitiens, alignés comme des candidats en partance pour un nouvel Auschwitz, doit désespérement mendier, contre espèces sonantes, carte d’identification; matricule fiscale; extrait d’archives et passeport? Combien d’haitiens meurent d’hypertension par mois?
Face aux défis en santé, justice, éducation et intention de gouvernance; sans oublier la terre qui tremble tout doucement, de temps en temps; certainement, Leonel Fernández et son équipe ont déjà pensé à des scénarios que vous et moi n’imaginons même pas!

«Toutes palabres cessantes», si vous n’avez pas bien compris les révélations du massif exode actuel; les déportations correspondantes et la débilité de vos programmes, slogans et discours, le jour où l’ambassade américaine, la canadienne et la française à La Havane, se chargeront, à distance, d’Haiti; le message sera clair et net…Et ce sera, peut- être, justice (rendue à la catégorie majoritaire des éternels migrants haitiens)!

Gilbert Mervilus
21 septembre 2016
Photo et Caricature: 1:Roxane Ledan (Tainol); 2: Nouvelliste;

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