«JE DECLARE LA GUERRE A L’ALLEMAGNE»

Depuis Lescot, il y a eu beaucoup de “ révolutions ” au Palais, et une crise des structures économiques et sociales de plus en plus menaçante. Aujourd’hui, pour tuer le temps, Lescot devrait, peut-être, nommer une Commission sur l’Amitié haitiano Allemande.

De nos jours, partout et en tout, revanche de l’histoire sur sa campagne antisuperstitieuse : les loas sont tolérés. Officiellement, on n’emmerde plus ceux qui dansent et chantent au son du grand tambour. Ils sont installés, au Conseil Electoral. Des mains expertes avaient déjà emporté, depuis longtemps, les trésors archéologiques des paysans d’hier, les trésors précolombiens et de culture populaire!

Quant à messieurs Roumain et Price-Mars, ils sont cités très abondamment. Trop « cités », en première page et dans les colloques savants; sans être correctement lus ou convenablement étudiés. Les voici donc, ces illustres et précieuses reliques, magnifiquement prêtes pour une congestion cérébrale post-mortem ! Le pays, que les spécialistes appellent “ en dehors ” ou “ à l’arrière ”, se porte-t-il mieux ?

Les manipulations mémorielles autour d’un pouvoir déchu aident toujours à masquer des conjonctures présentes, explosivement ombrageuses, d’une histoire singulièrement sombre. Combien d’affairistes, civils et militaires, avaient jugé “opportun” d’encourager Monsieur le Commandant en chef de nos Forces armées à suivre, boîteusement, quelque chose qui nous dépassait ?

Dans les manuels scolaires, surtout lorsqu’ils respectaient l’imprimatur des Frères de l’Instruction Chrétienne, les écoliers apprennent que les derniers contingents militaires américains avaient laissé le pays en 1934. En des points hautement stratégiques, pourtant, ils montaient la garde. Jusqu’au début de 1942, un haut gradé des Etats-Unis recevait les félicitations des confrères d’Amérique Latine pour la bonne formation des cadets nationaux.

L’impressionnante préparation de ces jeunes officiers a-t-elle secoué la tête d’un président qui profita d’une conjoncture pour déclarer la guerre à l’Allemagne, l’Italie et le Japon ? Comment ce pouvoir avait-il consulté l’ambassade des E.U.A. autour de la procédure de “ déclaration ” de guerre à l’Allemagne ?

En 1940, le général dominicain Anselmo Antonio Paulino Alvarez suggéra au «Benefactor» président Rafael Trujillo le choix d’Elie Lescot comme président d’Haiti.Un mouvement de jeunesse, bien articulé, appuyé par d’habiles politiciens civils et des militaires ambitieux, emporta Elie Lescot en 1946.

L’absence d’un budget pour l’Ecole Militaire était déjà presqu’une habitude, lorsque notre président, de son étroit Champ de Mars confortable, partait à la chimérique conquête de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon. Dans la soirée du 1er septembre 1945, Son Excellence et Madame Lescot offraient, à l’occasion de la visite du contre-amiral Franck Beatty, glorieux combattant du Pacifique, le “ Bal de la Victoire ”…

Notes : Elie Lescot, Président d’Haïti du 15 mai 1941 au 11 janvier 1946. Le népotisme fut également une marque de son gouvernement. (De : Haïti-Référence). « Lescot, on s’en souviendra, avait déclaré la guerre à l’Allemagne, à l’Italie et à l’Empire Nippon. Tous les biens des ressortissants de ces pays furent donc saisis par l’État et vendu aux plus offrants », Charles Dupuy.

Gilbert Mervilus
mai 2013- 19 février 2016

1ere partie: LORSQUE L’HISTOIRE D’HAITI DEVIENT UN VIRUS… https://plus.google.com/118231927859383025757/posts/41C8Fghb2Ef?_utm_source=199-1-1 …

Photo: Président Lescot entre ambassadeur EUA, Orme Wilson, et contre-amiral Beatty, public.fotki.com. Arrivée famille Lescot, exilée au Canada…

Originally published at plus.google.com.