Ancien président Jimmy Carter s’adressant au gral. Henri Namphy (4, droite), au Palais National, le 22 octobre 1987

LE LIEUTENANT-GÉNÉRAL HENRI NAMPHY A PARLÉ

L’ancien chef d’état-major (23 mars 1984–4novembre 1987), puis commandant en chef des Forces Armées d’Haïti ( 4novembre 1987–17 juin 1988), lt.-général Henri Namphy, a accordé une interview à Rafael Núñez du Listín Diario. Si j’ai attendu le milieu de la journée pour vous en parler, c’est tout simplement parce que j’ai comme l’impression que la moitié de la République Dominicaine a déjà, bien lu, l’entretien exclusif (en bon espagnol)!
Vous m’excuserez de ne pas avoir rappelé que le lt.-général et président de la République Namphy a succédé à Jean-Claude Duvalier et aussi, à Leslie Manigat. Au fond, toujours grande et majuscule, l’Histoire d’Haïti: ses complexités demeurent complexifiantes (!). Henri Namphy a toujours sous-estimé l’individualisme, l’appétit vorace et la férocité masquée de certains de ses pairs.
Pour ma génération, il symbolise la naïveté de la plupart de nos chefs, qui n’ont jamais saisi à temps les enjeux autour d’Haïti.
Gilbert Mervilus 18 juillet 2017

Extraits de l’entrentien exclusif du jour au Listín Diario :

«Le problème d’Haïti n’est pas fondamentalement politique. Il relève de l’éducation. Haïti a trois problèmes: l’éducation, l’éducation et l’éducation. Sans éducation le citoyen n’existe pas, on ne peut pas parler de démocratie sans citoyen. Mais il s’agit d’une question très complexe, car il est très difficile, cependant, d’élaborer un programme éducatif qui mettra en déroute l’analphabétisme.
[…]
Ce qui se produit parfois c’est qu’il n’y a pas de gouvernement, donc pas d’Etat, pas d’institutions pour constituer un Etat. Il faut créer des institutions fortes pour penser à un Etat de droit. Si réellement on veut un bon développement de mon Pays, la République d’Haïti, il faut commencer par la base. Vous ne pouvez pas construire une maison sans des bases solides. Nous, Haïtiens, sommes les premiers responsables de ce qui se passe en Haïti. […]
En tant que militaire, j’ai commandé à travers toutes les régions du pays, y compris à la frontière. À ce moment-là, les problèmes se résolvaient entre les deux pays; avec des solutions à la frontière même. On ne peut pas résoudre les problèmes frontaliers, en restant assis dans les bureaux climatisés, avec tapis. Comment demander à quelqu’un de résoudre ce genre de situation, s’il ne maitrise pas la question frontalière. Les frontières ont leurs spécificités, il y existe des us et coutumes, il y a une coopération propre vers la coexistence traditionnelle».

Ref: “Henri Namphy ‘Haití tiene tres problemas: educación, educación y educación’https://medium.com/@gilbertmervilus/henri-namphy-hait%C3%AD-tiene-tres-problemas-educaci%C3%B3n-educaci%C3%B3n-y-educaci%C3%B3n-76d402aae057

Le Président Henri Namphy, à droite
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