POUR LE CENTENAIRE DU DR. GÉRARD BOYER, UN MONUMENT RARE

Depuis fin mai, je cherche un plan, une méthode, un outil d’introduction pour convenablement célébrer, avec quelques mots, le centenaire du Docteur Gérard Boyer (né le 22 mai 1916). J’étais bloqué et vous comprendrez pourquoi.

Je devais avoir entre 5 et 6 ans (cela fait beaucoup de «gouvernements»!), lorsqu’un après-midi, ma maman se trouvait avec moi dans les parages de la Faculté de médecine. Elle allait traverser pour passer saluer un ami, l’ébéniste MEME. Je lui demandai, «c’est quoi cette maison blanche?». 
Elle m’avait signalé que dans cette «maison»-là, les élèves étudiaient beaucoup, passaient presque la nuit à étudier; suivaient des cours compliqués, avec de grands professeurs. Parmi les noms cités, je me rappelle celui du colonel Boyer.

Un dimanche matin du début des années 70 (toujours du siècle passé), mon père m’amena voir ma grand-mère, hospitalisée à Saint-François. Il rencontra et me présenta le colonel Gérard Boyer. 
Vers la fin de ces années 70, lorsque mon père m’accompagne à la rue Capois, pour le traitement de l’acné, j’avais déjà lu tout Clément Célestin (Compilations pour l’Histoire), pour bien comprendre, pourquoi les deux personnages avaient toujours une petite conversation, à voix très basse, lorsqu’ils se rencontraient. 
Jeunes capitaines de l’Armée d’Haiti, le Dr.Boyer et lui étaient ministres d’un gouvernement militaire, entre juin et octobre 1957.

En observant le Dr.Boyer, qui passa voir mon père hospitalisé, à l’hôpital militaire, un matin de mai 1987, j’avais vite compris, qu’il n’y aurait plus de conversation à voix basse, entre les 2 colonels.

Aujourd’hui, que nous avons le privilège de dire, Bonne Fête, à haute voix, à un grand citoyen, officier, médecin, professeur, écrivain, comment camper le prestigieux monument rare Gérard Boyer, l’éminent dermatologue, qui brilla aussi, lors de son séjour de spécialisation en France (1946–48)? 
Cette génération de médecins, de convictions profondes, qui avaient su, sans tapage, introduire notre petite Faculté de medecine, dans l’équivalence académique internationale, au XXème siècle.

Cet illustre soldat, qui s’est toujours distingué, tant avec ses étoiles qu’avec la blouse, mise matinalement tôt, est toujours un homme vertical de sacerdoce sincère. Allez lire MEMINI et Dernier Cahier.

En souriant, toujours à haute voix, je vous raconte un témoignage d’un officier, entré dans la Garde, sous Sténio Vincent : «[…] un de mes enfants avait un problème au visage. Un camarade m’a amené chez le lieutenant Boyer. Dès la première visite, en touchant avec ses doigts le problème, je crois que c’était résolu».

Des lèvres de mon beau-père, cet officier absent (1915–2006), et aussi de mon père (1919–1987), j’avais appris que dans la Garde (l’Armée), le Dr. Gérard Boyer est une légende.

Enfin, vous comprenez, sans entrer dans le jargon médical, et les renversantes expressions spécialisées, la meilleure façon de parler d’un personnage de cette dimension, c’est de faire appel, humblement, au dialogue intergénérationnel. Savez-vous, c’est le doyen de la Faculté de médicine, Dr. Jean-Cadet, qui m’a donné «la poule»!

Gilbert Mervilus
4 juin 2016 
Photos: Dr. Gérard Boyer, lenouvelliste.com

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