SE METTRE A L’AISE AVEC DIEU

Au cours de la semaine, comme promis, après un excellent reportage en direct, Rodney m’a apporté le programme de l’ordination épiscopale et intronisation de Monseigneur Désinord Jean, qui se déroula magnifiquement, le 2 juillet dernier, à la cathédrale de l’Immaculée Conception de Hinche.
A l’époque où certaines grands-mères semblaient avoir laissé en héritage, à leurs petites filles, quelques flacons de «Nuit de Noel»(Caron) ou de «L’Heure Bleue» (Guerlain), se rendre tôt, à Saint-Louis Roi de France, cette toute petite église d’alors, comme coincée entre les fidèles de Turgeau et ceux de Bois Verna, procurait un immense plaisir. Ce temps qui nous semble, si lointain, lorsque, les riverains écoutaient avec joie, Père Lafontant, futur Monseigneur, dont l’homélie parfumait l’âme de l’assemblée, entre Saint-Louis et Sacré-Cœur.
Il y a environ deux ans, après avoir consulté le nouveau directoire du Vatican, j’ai commenté à quelqu’un, «Je ne sais pas s’ils ont trouvé, au Vatican, ce secret magnifique: l’homélie parfumée».
J’ai reçu le programme d’ordination, avec émotion; et Rodney, sachant que j’allais soigneusement l’étudier, l’accompagna de plumes de différentes couleurs et papier. En effet, nous vivons des temps atroces, dans un pays moralement détruit; toute communication avec un grand de l’Eglise, nous place en présence d’une terrifiante question: Lucifer est-il à l’aise, en constatant le quotidien haitien?
Parce que, chers compatriotes, vous admettrez que notre drame dépasse tout le spectacle de châtiment et de feu, traditionnellement localisé en enfer!
Vers la fin des années 90, du siècle dernier, je fis la connaissance de trois officiers pakistanais. Chaque après-midi, nous nous réunissions pour causer. C’était une époque où je m’intéressais à l’évolution politique et militaire de cette partie du monde. Mes amis m’ont bien expliqué, dans leur univers, le pistolet et ses accessoires, gros et petits, ne sont qu’un détail du drame… Quelque temps après, je commençai à étudier le Coran, pour mieux comprendre.
De temps à autre, j’observe nos choses, avec d’autres yeux. En évitant toute qualification précipitée. Les missions de l’Eglise et de toutes les grandes familles spirituelles qui la composent se complexifient. Avec les incroyables dégâts provoqués par la dévastatrice économie néolibérale, les lieux de culte se verront sous peu, obligés, d’accompagner d’un plat chaud, toute cérémonie. Certainement, ici comme ailleurs, face aux mauvaises gouvernances politiciennes renforcées, les dirigeants spirituels auront aussi à intervenir dans le crucial problème du logement. Aux Etats-Unis, en certains états, le dossier Homeless est plus que dégradant!
Bien longue, cette liste des urgences. Si l’étroitesse de vue des décideurs politiques nous a amené là où nous sommes, chacun de nous devrait apprendre à mieux se mettre à l’aise avec Dieu et causer avec lui, sincèrement et honnêtement.
Pour avoir assisté; ou mis au parfum, de la plupart de vos sages interventions, visant à l’édification d’une grande famille haitienne inclusive, je me suis senti à l’aise avec Dieu, en vous adressant, ce matin, Mon Cher Monseigneur, mes préoccupations de toujours.
Les fidèles, les habitants et les visiteurs du diocèse de Hinche ont beaucoup de chance; qu’ils sachent tous en profiter, en se mettant à l’aise avec Monseigneur Désinord Jean.
Gilbert Mervilus
10 juillet 2016
Photo: Mgr. Désinord Jean, impression de noisymarketing & communication, photographié par GM.

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