[Témoignage] - Formation Grande École du Numérique Grand Paris Sud

Les premiers apprenants de la formation Grande École du Numérique Grand Paris Sud ont été diplômés en avril sur le site d’Evry.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le lancement de cette formation (historique, accompagnement de la Grande Ecole du Numérique) ?

La communauté d’agglomération Grand Paris Sud a inscrit dans son projet de territoire, l’objectif de se constituer en « territoire apprenant ». L’enjeu est de faciliter l’accès à l’emploi de ses habitants, jeunes notamment, et de permettre l’adaptation des actifs aux évolutions du monde du travail. Le territoire compte 347 000 habitants, dont 26% vivent en quartier Politique de la Ville. Le pourcentage de personnes pas ou peu qualifiées, d’actifs occupés et de chômeurs est supérieur à celui de l’Ile-de-France. Pour autant le tissu économique est dynamique, avec 18 500 entreprises et 138 000 emplois.

L’appel à projets Grande Ecole du Numérique a permis une première concrétisation de cet objectif, 3 sessions de formation ont pu être en place sur le territoire, avec le soutien de la Préfecture de l’Essonne. Deux préparent au métier de développeur Web, dont celle portée par la Maison de l’Emploi Corbeil Evry, en partenariat avec l’ENSIIE, école d’ingénieurs en informatique et Colombbus. Le cofinancement a permis la gratuité de la formation.

Le programme a été élaboré dans le cadre d’un séminaire de design de service, piloté par le groupe IBM.

Les acteurs de l’emploi et de l’insertion du territoire ont été sensibilisés et la communauté d’agglomération a créé en juillet 2017 une plateforme d’inscription en ligne sur son portail Internet. 161 candidatures au total ont été recueillies pour la formation de développeur Web, dont la moitié pour le site d’Evry. Les candidats ont été convoqués à des réunions d’information suivies d’entretiens et de tests en ligne réalisés par Colombbus courant septembre.

Quel est le bilan de cette formation ?

A l’issue des entretiens, 20 candidats ont été retenus, tous sans emploi et ayant des difficultés à en trouver ou retrouver un. Le critère déterminant a été leur motivation.

13 d’entre eux ont suivi la formation jusqu’à son terme, en effet :

- 1 stagiaire ne s’est jamais présenté et n’a pas pu être remplacé ;

- 1 n’est venu que la 1ère semaine ;

- 1 a démissionné en décembre suite à un désaccord avec le formateur ;

- 1 a eu des problèmes de santé et a abandonné ;

- 1 a été exclu pour absences répétées ;

- 1 a trouvé du travail en janvier ;

- 1 ayant des difficultés à suivre a abandonné en février.

Le profil des 13 personnes ayant reçu leur attestation de fin de stage est le suivant :

- 5 femmes de niveau Bac +2 à bac +5 (réfugiée politique), 3 ayant plus de 30 ans et 2 vivant en QPV. Une seule avait au départ des connaissances en informatique.

- 8 hommes, dont 6 de niveau bac ou inférieur, 5 ayant moins de 25 ans et 3 vivant en QPV. 2 avaient au départ des connaissances en informatique.

Au niveau pédagogique, le programme prévu a entièrement été réalisé et le travail collectif a été favorisé. En particulier, des projets pour des entreprises et des associations ont été réalisés en équipe. Un deuxième formateur a été recruté en janvier afin d’assurer un accompagnement individuel.

Comment cette formation s’insère–t- elle dans l’écosystème local ?

La formation a été réalisée dans les locaux de l’ENSIIE (Ecole Nationale Supérieure d’Informatique pour l’Industrie et l’Entreprise), qui abrite un cluster d’entreprises du jeu vidéo et des interactions numériques, le C19, l’association SIANA qui promeut les arts et la culture numériques, et travaille en collaboration avec les écoles de l’Institut Mines-Télécom. De son côté, la communauté d’agglomération de Grand Paris Sud a largement communiqué sur la formation afin de toucher ses 18 500 entreprises, les CV ont notamment été publiés sur les sites Internet de la Maison de l’Emploi et de la communauté d’agglomération.

A l’issue de la formation, une stagiaire a trouvé un emploi et un autre s’est inscrit à une formation complémentaire.

Des actions sont en cours d’organisation pour les personnes n’ayant pas encore de solution :

- Accompagnement individuel à la recherche d’emploi ou de stage ;

- Élaboration de projets ;

- Accompagnement à la création d’entreprise ;

- Mise en contact avec des entreprises du territoire, notamment dans le cadre d’un job dating.

Elles seront réalisées en collaboration avec les acteurs de l’emploi et de l’insertion du territoire.

Comment accompagnez-vous les apprenants tout au long de leur parcours ?

Au sein de la communauté d’agglomération, une chef de projet et deux chargés de mission ont assuré le suivi de la promotion. L’accompagnement des apprenants s’est effectué sous forme d’entretiens individuels et de séances collectives de coaching, en coordination avec Colombbus et les référents des apprenants au sein des structures de l’emploi et de l’insertion, selon deux axes :

- Social : identification et traitement des freins sociaux pouvant altérer l’investissement des apprenants ;

- Professionnel : définition d’un projet professionnel.

De fait, un certain nombre de difficultés ont été identifiées. Les problèmes d’ordre financier, notamment, ont pesé sur de nombreux apprenants. Le dysfonctionnement de la bourse (absence de réponse et retard dans son versement) a considérablement perturbé les jeunes apprenants qui ne bénéficiaient ni du RSA ni d’une indemnisation Pôle Emploi.

Comment favorisez–vous la mixité femmes-hommes et l’insertion de jeunes éloignés de l’emploi ou des demandeurs d’emploi ?

Les critères de la Grande École du Numérique ont été énoncés sur le site d’inscription et les acteurs de l’emploi et de l’insertion du territoire ont été sensibilisés. Les candidatures ont émané à 41% de femmes, à 37% d’habitants des QPV et à 52% de jeunes de moins de 25 ans.