54 heures pour lancer une startup !

Startup Weekend ❤

Le Startup Weekend est une super expérience. Après avoir été participant, j’ai également été mentor (merci SW Brest pour l’invit’ c’était top :)) et je fais partie des organisateurs à Rennes depuis 4 ans. Et à chaque fois, des moments inoubliables, beaucoup de choses apprises et des rencontres géniales !

Ils ont de l’énergie à revendre les participants du Startup Weekend Rennes 2015 !!

Seul bémol : on voit encore trop d’équipes enfermées en mode brainstorming, à se conforter dans leur idée, alors qu’en 54h elle pourrait tester un paquet de choses. Tout en s’amusant… et en retirant beaucoup plus de l’expérience :)

Créer une entreprise, c’est avant tout répondre à des besoins, résoudre un problème. Le challenge de tout entrepreneur est de bien comprendre ce problème pour bien l’adresser. Et pour ça, il n’y a pas de secret : il faut TESTER !


54h c’est court, comment s’y prendre ?

1. Formalisez

Alors je ne parle pas d’écrire un Business Plan, mais juste de répondre à ses 4 questions :

  1. A quel problème souhaitez vous vous attaquer ?
  2. Qui est concerné ? Qui sont les clients ? (soyez précis)
  3. Quelles sont les alternatives existantes pour y répondre ? (les clients auxquels vous pensez, que font-ils aujourd’hui pour résoudre ce problème : faites une liste)
  4. Que pouvez-vous leur apporter qui peut vraiment la différence, avoir un impact dans leur quotidien ?

Pour aller plus loin, vous pouvez utiliser le Lean Canvas, beaucoup plus pertinent que le Business Model Canvas au stade de l’idée.

pour le télécharger : http://le-shift.co/wp-content/uploads/2016/02/Lean-Canvas-Shift-Version.pdf

2. Écoutez vos clients (ce n’est pas simple d’avoir de vrais bons retours en 54h mais ça se tente)

Vous avez formalisé vos hypothèses ? Et si vous alliez vous confrontez directement à des clients potentiels, échanger avec eux, par téléphone, en face à face, via les réseaux sociaux ou dans la rue ? L’objectif : mieux comprendre ce que peut être leur problème, comme ils le perçoivent et comment ils le traitent actuellement.

Les vainqueurs de cette année au Startup Weekend Rennes, My Safe Zone, ont été particulièrement bons à cet exercice. Ils ont réalisé des entretiens téléphoniques très enrichissants avec des journalistes de guerre, leur coeur de cible, qui leur ont permis de valider les besoins qu’ils avaient identifiés, mais aussi la “crucialité” de ces besoins.

3 règles clés à ce stade :

  • écouter vs parler (vous êtes dans une posture où vous voulez apprendre, découvrir des choses. Alors soyez ouvert et à l’écoute, posez des questions, soyez curieux)
  • ne pas parler au futur (personne ne sait prédire ses actes futurs)
  • ne pas parler de son idée (ou alors seulement à la fin)

A noter : parler à ses clients n’est pas une tâche à faire au début dans sa to-do-list de startuper, mais un fil rouge, où que vous en soyez dans votre aventure. Vous en apprendrez toujours beaucoup plus qu’en vous fiant à votre intuition.

3. Se lancer et tester (le Lean Startup, tu connais ?)

C’est là que ça devient intéressant. Il y a quelques années, Eric Ries a formalisé une approche, le Lean Startup, dont on aime beaucoup l’état d’esprit. L’idée est de tester rapidement son concept, en observant comment les clients potentiels vont réagir. Au coeur, le concept de MVP (Minimum Viable Product) qui consiste à réaliser le produit le plus simple permettant de tester ses hypothèses, et notamment de tester la valeur que l’on propose. Des tonnes d’exemples existent, n’hésitez pas à vous en inspirer :

  • le blog wordpress de Groupon : pourquoi s’embêter avec un site complexe à développer quand un article de blog peut suffire à annoncer des offres groupées ?
  • la première version de Zappos : premier site de vente de chaussures en ligne, les fondateurs en vendaient en ligne puis allaient les acheter dans les boutiques à côté de chez eux. Ce n’est pas rentable, mais dans un premier temps ils cherchaient seulement à valider que les gens étaient prêts à acheter des chaussures en ligne. Ensuite ils ont mis en place la logistique.
  • la vidéo de Dropbox : ce n’est pas un MVP mais plutôt un moyen qui permet d’expliquer à quoi sert un produit. Pour Dropbox, ça a été l’occasion de passer de 3 000 à 75 000 inscrits en une journée.

De votre côté, une des premières manières de tester votre idée peut être de réaliser une Landing Page (une page d’atterrissage) qui permet de présenter votre projet et de donner la possibilité aux visiteurs de s’inscrire. Vous testez ainsi l’attrait de votre proposition de valeur.

Ne vous embêtez pas à développer, utilisez ces outils géniaux qui vous permettent de faire ça “en quelques clics” :

  • Strikingly : probablement le plus simple à utiliser, pour une personnalisation limitée mais un ratio temps/efficacité imbattable.
  • Launchrock : de la même manière que Strikingly, il permet de faire des Landing Page simplement. Les formats sont différents, Launchrock étant vraiment adapté au lancement de produit.
  • Unbounce : plus évolué que les 2 précédents, il permet d’aller plus loin dans la personnalisation, de faire de l’A/B testing, …
  • Bubble : beaucoup plus costaud que les 3 précédents, il permet d’aller plus loin. Un petit malin s’est amusé à refaire twitter en 4 jours. Ça marche forcément moins bien, mais ça marche !
  • Typeform et Wufoo : 2 outils pour réaliser des formulaires d’inscription
  • Stripe, Paypal, … : et si vous alliez jusqu’à mettre le paiement sur votre site ?
  • Olark et Livechat : on est en ligne oui, mais ça n’empêche pas de discuter avec ses clients potentiels !

Précision : ce n’est pas parce que les outils sont simples à utiliser qu’il faut bâcler le travail. Réfléchissez bien à la structure, aux mots et votre argumentaire, et prenez un grand soin dans le choix des visuels. Une fois ce travail fait, faites tourner autour de vous et cherchez les manières dont vous pourriez toucher vos clients potentiels : les forums, les réseaux sociaux, le bon coin, …

Hand2hand, projet du Startup Weekend Rennes 2016, est une parfaite illustration de cette manière de tester. Le samedi soir, ils ont créé une Landing Page avec Unbounce et l’ont communiqué dans un groupe Facebook très actif sur lequel des vietnamiens installés en France communiquent pour s’organiser entre eux pour envoyer des colis au Vietnam… Résultat, en une demi-journée, 338 visiteurs et un taux de conversion de 49% d’inscrits, de quoi commencer à lancer la machine.

4. Apprendre et recommencer

Dans cet exercice, on a rarement bon du premier coup. Et ce n’est pas grave. L’important est d’apprendre au maximum de tous les tests que vous faites, et d’essayer de comprendre pourquoi ça ne fonctionne pas, pour faire mieux la fois d’après. Ce qui m’amène à vous parler de la Learning Loop, un autre concept du Lean Startup.

Pourquoi est-elle si importante ? Parce que l’entrepreneuriat n’est pas linéaire, que l’on ne déroule pas les étapes les unes après les autres vers le succès. Au contraire, c’est un processus itératif, au cours duquel vous allez essayer des choses, voir ce qui fonctionne, ne fonctionne pas, et en fonction de ça essayer d’autres choses. Votre première Landing Page ne sera pas la bonne. Vous en essayerez d’autres. Et puis peut-être que vous vous rendrez compte que ce n’est pas assez. Que les gens auront besoin d’en voir plus, comme dans le cas de Dropbox. On bien qu’il est nécessaire de délivrer le service pour que les gens s’y engagent, comme Zappos a pu le faire. Ou encore que le problème est réel mais que la solution pour y répondre est complètement différente de celle que vous avez initialement imaginée.


Ça ne fonctionne pas ?

“J’ai tout bien fait comme on a dit, j’ai utilisé les bons outils, les bonnes méthodes… mais les résultats ne sont pas là. Ça veut dire que notre concept est nul ?”

NON ! Absolument pas. Le Lean Startup n’est pas une recette miracle. Vous pouvez simplement en conclure que ce que vous avez testé ne fonctionne pas, que vous n’avez pas exécuté de la bonne façon, ou bien auprès du mauvais public. 54h d’expérimentation ne sont pas suffisantes pour dire stop, il faut y croire, persévérer. Rappelez-vous les débuts de Blablacar ou de Airbnb, s’ils n’avaient pas poursuivi, eu la volonté d’avancer, ils n’en seraient pas là aujourd’hui. Et rappelez-vous :

“la volonté s’appelle persévérance pour une bonne raison et obstination pour une mauvaise” - Laurence Sterne

Alors persévérez !

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