L’histoire du cheval domestiqué et l’héritage de la guerre sur notre pratique contemporain des sports equestres.

L’histoire du cheval domestiqué a toujours été étroitement liée avec la pratique de la guerre << car la maîtrise de cet animal est facteur de victoire ou de défaite lors de conflits>>. De la course de char qui a été une épreuve des jeux Olympiques au tir à l’arc à cheval, utilisé par les Scythes comme principale technique de guerre il y a beaucoup d’exemples de sports d’équitation qui proviennent des racines militaires.

Toutefois, grâce à l’invention des armes de feu et à d’autres inventions qui ont permis de mener la guerre d’une façon plus éloignée, la pratique des sports avec des racines militaires est devenue au fur et à mesure anachronique. En effet, lorsque Obama a utilisé le terme ‘les chevaux et les baïonnettes’ pour décrire la politique de son adversaire Mitt Romney, c’était fait avec l’intention de mettre en exergue comment la politique de stratégie de ce dernier était totalement dépassée.

La plus récente utilisation des chevaux dans le contexte d’une guerre était pendant celle en Afghanistan où les troupes américaines ont combattu aux côtés de l’Alliance du Nord contre le régime des Talibans en 2001, aussi bien que les Janjaweed, un terme familier arabe désignant ‘un homme avec une arme de feu montré sur un cheval’, dans le Darfour, au Soudan.

On pourrait dire sans risque de se tromper qu’à part des cas où il y a des terrains particuliers qui obligent l’usage des chevaux, l’usage contemporain de ceux-ci est limité aux activités de loisirs ou, dans le militaire, pour les raisons purement protocolaires. Cette présentation va analyser comment notre relation avec les chevaux a évolué au fil des ans.

Tel que mentionné auparavant, la plupart des disciplines équestres contemporains proviennent des racines militaires. L’élégant mouvement du ‘piaffe’, qui caractérise une routine standard d’une performance de dressage, aurait son origine du besoin de piétiner un ennemi tombé. En effet,les origines de dressage moderne ont été attribuées aux grecs anciens qui développaient le dressage comme une forme de préparation pour la guerre et les œuvres de l’écrivain, chevalier et guerrier Xenophon sont considérées comme le fondement du dressage moderne. Les sports de saut d’obstacles et la tente pigeage se sont également développés à partir des traditions militaires riches.

Pour cet article, j’ai choisi deux sports — le tir à l’arc à cheval et le polo et je vais faire une comparaison entre leurs destins ou evolutions dans le monde moderne, et leurs origines très différentes. Ceci pour illustrer comment les forces de modernisation ont façonné des sports contemporains. Le polo se passe à travers plusieurs <<incarnations>>. <<Né chez les peuples cavaliers des steppes d’Asie Centrale’>>, le jeu semble s’être répandu avec le diffusion de la cavalerie légère dans toute l’Asie mineure, la Chine et le sous-continent Indien.

<<Laissons les autres jouer à d’autres jeux ; le roi des jeux est toujours le jeu des rois>>~

Une inscription persane gravée sur une tablette de pierre, trouvée à Gilgit, un endroit situé entre les chaînes de montagnes de l’Hindoukush et du Karakorum et où on peut trouver le terrain de polo le plus élevé du monde, nous donne une indication de ses adeptes parmi les rois et la noblesse. La nécessité absolue de contrôler son cheval, les accélérations vives et les virages serrés qui caractérisent le jeu conviennent bien à un entraînement des compétences exigées dans bataille.

La forme de polo que nous connaissons aujourd’hui est une forme de polo plus réglementée introduite par les anglais qui ont découvert ce jeu lors de leur colonisation de l’Inde. Le jeu a connu sa popularité parmi les classes des biens nantis/aisées et a eu un succès pour attirer les sociétés commanditaires. Ça tranche avec le destin contemporain du sport de tir à l’arc à cheval. On pense que son origine se trouve parmi les nomades eurasiens et, avant sa renaissance à l’époque contemporaine, n’avait qu’une application limitée comme sport. L’invention des armes à feu l’a rendu caduc et il n’a été revitalisé qu’après la première guerre mondiale par les mongols.

Les deux sports ont subi un déclin à cause des événements politiques. Je vais citer deux grands événements politiques qui ont affecté la trajectoire historique des deux sports.

Tombés en disgrâce, et même interdits, au sortir de plusieurs révolutions politiques comme la révolution islamique en 1979 en Iran ou des années Atatürk en Turquie, le polo et le style de tir à l’arc ottoman se pratiquaient depuis des siècles mais n’ont réapparu que très lentement dans la conscience collective.

Lentement mais sûrement, ces sports anciens gagnent du terrain et de nouveaux apôtres. Aujourd’hui, des Iraniennes forment une équipe de polo à Téhéran et la série de telé Diriliş, identique à Game of Thrones en Turquie, exalte le sport du tir à l’arc à cheval et ses pratiquants.

Le retour en grâce de ces sports est dû à un mélange d’un moment politiquement opportun avec l’ascension au pouvoir d’Erdoğan, un leader cherchant à se distancer de la politique d’Atatürk, de même l’intelligente présentation du polo comme un jeu avec des liens étroits au patrimoine iranien, par opposition aux excès de la cour du Shah Reza Pahlavi et de la classe dirigeante à cette époque.

Le perspective austère des iraniens tranche avec celle du reste du monde où, sans l’ombre d’un doute, il est l’association avec les modes de vie privilégiées des joueurs du polo, le soi-disant <<polo lifestyle>> qui a attiré les sociétés commanditaires et les spectateurs. Le sport de tir à l’arc à cheval, en revanche, attire un public plus limité et sa popularité va augmenter comme il devient de plus en plus médiatisé grâce aux téléséries périodes populaires comme Vikings, Diriliş et Game of Thrones.

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