Le changement

Je réfléchis beaucoup sur le changement. J’ai vécu longtemps en France. J’y ai vanté mon Québec. Celui dont j’étais fier. Et je suis maintenant de retour. Sauf que mon Québec n’existe plus. On l’a détruit. Presque tout ce dont j’étais fier, l’éducation, la santé, la justice, n’existe plus. Ça fait un choc.

Le changement, c’est le passage d’un état à un autre. Lorsqu’elle est dans un état donné, une personne devrait réfléchir aux 3 possibilités suivantes:

  • Ne rien changer. C’est parfait comme ça
  • Apporter des améliorations
  • Modifier l’état radicalement

Et si l’on est un tant soit peu utopiste, on se dit que cette décision se doit d’être prise avec pragmatisme, à l’aide de données aussi scientifiques que possible. Et en utilisant des méthodes de prise de décision éprouvées.

Pas du tout! Et c’est d’une tristesse.

Prenons un exemple. L’éducation. Nos parents savaient globalement tous lire et écrire correctement s’ils avaient été à l’école. Ma génération fait un peu moins bien, mais est nettement plus solide en mathématique. Dans mon temps, nous avions des cours d’écologie, d’économie familiale (pour apprendre à coudre, à cuisiner, à lire les étiquettes sur un chandail), de sexualité et de finance (les produits financiers, le budget).

Tout ça vous semble utile? À moi aussi. La bonne décision aurait dû être de ne rien changer.

Que nenni! Des imbéciles (je n’ai pas de mot plus politiquement correct en tête étant donné le massacre) que le changement radical était de mise. Oui monsieur. Et tant qu’à faire des changements radicaux, autant les choisir au hasard. Quitte à sacrifier une génération.

La méthode globale. Vraiment une bonne idée pour apprendre à lire. Surtout si tu souhaites augmenter le taux d’analphabétisme. Et complément circonstanciel, c’est quand même compliqué comme mot. Nous-mêmes on ne comprend pas. Imaginez les enfants!

Toutes les études disent qu’il faut s’aérer l’esprit avec des sujets légers. Et la finance, c’est pas si utile. C’est même dangereux. Quand on l’explique aux enfants, ils se mettent ensuite à payer leur carte de crédit tous les mois! Vous imaginez l’impact sur l’économie! Le manque à gagner des manques!

Bref, mieux vaut recentrer sur les matières principales.

J’en pleure.

Et pendant qu’on fait des changements radicaux sur un truc qui marchait très bien, on se satisfait de colmater le système de santé. Qui lui mérite d’être revue en profondeur. En revisitant la théorie des contraintes par exemple. C’est très utile la théorie des contraintes.

Je voudrais aussi qu’on m’explique pourquoi mon acétaminophène me coûte 4 fois plus cher qu’en France. Et pourquoi les médecins français, payés facilement 4 fois moins qu’ici, ne vont pas travailler partout ailleurs en Europe. Sachant qu’on n’ont même pas besoin de visa pour le faire.

Mais je ne perds pas espoir. Je vais le sauver mon Québec. J’ai plein d’idées. Il ne manque plus qu’un Premier Ministre courageux pour les mettre en place.

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