Ne rien faire

Imaginez. Vous êtes un haut fonctionnaire. Votre plus grand souhait et d’améliorer le sort de vos concitoyens. Vous voulez aussi faire un haut fait. Qui laissera sa marque dans le temps comme étant le point tournant du système éducatif québécois.

Votre problème, mais vous ne le savez pas encore, c’est que vos prédécesseurs avaient le même but. Et ils ont fait du très bon boulot. Vous vous retrouvez donc devant un système éducatif qui fonctionne. Il reste bien sûr quelques petits trucs par-ci par-là à améliorer, mais rien de majeur.

Mais ça non plus vous ne le savez pas. Vous cherchez un haut fait. Assez puissant pour annihiler le décrochage scolaire, ou pour permettre d’écrire sans faute sans effort, ou de transformer les mathématiques en vrai jeu d’enfants.

Alors vous y allez. Dans le déni. Les études sont contre vous. Mais si on écoute toutes les études, on ne fait jamais rien.

Et c’est comme ça qu’on détruit un système éducatif. Un des meilleurs du monde. En voulant bien faire.

C’est dur de rester dans l’ombre. D’améliorer les petites choses. De ne jamais avoir de rue à son nom parce qu’on a voulu le bien de la population.

Il y a des jours où au lieu de laisser les écoles du Québec tomber en ruine en attendant qu’un ministre trouve assez utile politiquement de les réparer, j’aimerai qu’on célèbre l’humble fonctionnaire anonyme qui les répare au fil de l’eau. Malheureusement, il n’existe pas.

Mais j’aimerai tellement qu’on se donne les moyens qu’il existe. Et qu’il ait une rue à son nom.

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