J’ai créé mediumino.fr pour publier les articles en français les plus applaudis.

Avant hier matin, mon fils de quinze ans me demandait : “à quoi sert le lycée ? A quoi ça sert d’ingurgiter le programme d’histoire géo, et de connaître la politique de l’enfant unique en Chine ?”.

Bigre.

Comme ça, dès le matin, entre deux gorgées de café, il ne s’agit pas de se louper dans l’argumentaire, au risque de faire dérailler l’entrée en seconde.

Et je me suis rappelé à ce moment la suite d’articles de Jonathan Sabbah lue la veille.

“Le lycée te sert à apprendre à reconnaître les conneries. Une connerie, c’est différent d’un mensonge. Le menteur connaît la vérité, et dit le contraire pour en tirer un avantage. Alors que la connerie, elle ignore les faits. Elle te balance un truc sorti de nulle part, qui semble crédible, dans le but de t’influencer. Le lycée, il t’équipe avec un détecteur de connerie. Et avec les heures que tu passes sur youtube, je crois que tu vas en avoir besoin”.

Voilà pourquoi j’aime bien Médium.

Je lis des histoires et des témoignages dont je fais ce que je veux, qui ne sont ni moralisateurs, ni directifs. Il n’y est pas question de ce que je dois faire, ni de la façon dont je dois me comporter pour bénéficier d’un bon plan.

En général, les auteurs de Médium n’ont rien à vendre. Je n’ai pas (encore) vu un texte qui se termine par un “clique ici pour en savoir plus grâce à ma formation en ligne payable en dix fois sans frais”. J’apprécie cet espace pour le moment épargné par la publicité.

Publier, c’est se dévoiler. Il faut un effort pour écrire un texte dans Médium, qui s’avère plus conséquent que 140 caractères. Il faut prendre son temps, il y a un côté besogneux pour obtenir une qualité de rédaction jugée suffisante pour franchir l’étape du bouton publier. Cette déconnexion du temps-réel s’avère apaisante.

J’aime les articles de Médium parce qu’ils présentent un point de vue avec un parti-pris. J’aime l’absence d’objectivité journalistique qui conduit à des textes empreints de ressenti. Des textes vivants.

Une accessibilité perfectible aux articles.

En revanche, j’ai rencontré des difficultés pour dénicher les textes en français. Alors j’ai bricolé un site mediumino.fr qui est une copie du site topmediumstories.com, que j’ai adapté aux articles écrits en langue française.

La page du site

A ce jour, il regroupe 1341 articles de plus de 500 auteurs, classés par applaudissements. J’ai pris plaisir à écrire le code Python qui farfouille dans les entrailles de Médium pour y repérer les articles en français, et je suis preneur de toutes les suggestions d’amélioration ! Tout est gratuit, et le code source est disponible à ceux que le souhaitent. Pour discuter technique ou de tout autre bricolage (ce serait plus tendance d’écrire hacking mais bon), j’ai ouvert un espace de discussion.

Des découvertes.

Dès que mon code a produit le premier classement, j’ai découvert l’article de Anaïs Richardin sur la révolte #moiaussi en première position. A sa lecture, j’ai eu envie de le recommander à mes amis pour la qualité avec laquelle il décrit le sexisme au quotidien, de façon brute et personnelle, avec un pas de côté face au buzz ambiant sur le sujet.

En allant plus loin dans la liste, j’ai aussi trouvé Jonathan Sabbah dont je parlais en début d’article. Puis les articles poétiques de Valentin Vieira da Silva.

Toutes ces petites pépites qui entretiennent l’optimisme sur la capacité du web à conserver une part d’humanité.