Pourquoi certains freelances devraient envisager de (re)devenir salariés

J’ai vu tant de souffrance chez certains freelances que je me suis dit qu’il fallait réhabiliter le salariat, je veux dire une certaine forme de salariat.

Parce que la liberté ne doit pas être une souffrance.

Etre freelance, c’est porter un double poids psychologique :

  • d’abord, celui de (bien) faire son travail
  • ensuite, celui d’en retrouver : avec une rémunération suffisante, des gens sympas, des conditions agréables, etc…

Chaque freelance vit ce phénomène à sa façon :

  • il y a ceux qui surfent là-dessus sans aucun effort particulier et qui de toute façon ne pourraient pas vivre autrement
  • il y a ceux qui gèrent (la majorité) : les difficultés existent mais ils y font face sans souffrance excessive.
  • et à l’autre bout du spectre, il y a ceux qui en souffrent.

Cette souffrance ne vient pas du travail en lui-même, mais de tout ce qui l’accompagne : l’incertitude, les mauvaises expériences, les problèmes administratifs, le poids des responsabilités. Pris individuellement, chacun de ses soucis est gérable, mais quand on les additionne, on peut s’y noyer. Alors, la liberté devient une souffrance.

La souffrance des freelances est souvent niée

La culture freelance est basée sur la liberté et la réalisation de soi. Cette culture est une base qui préexiste à l’activité même, et qui est infiniment plus puissante que n’importe quelle culture d’entreprise. L’un des marqueurs de cette culture est le rejet du salariat, qui apparait comme le contraire de la liberté.

Tant que cette culture prône l’épanouissement, on ne peut que s’en féliciter, mais quand cette culture devient du masochisme, il y a un problème. Certains freelances en viennent à nier leur souffrance pour ne pas renoncer à leur idéal de liberté.

Porter un double poids sur les épaules est difficile, c’est un fait. Il faut trouver un moyen pour que ce ne soit pas douloureux, mais si on n’y arrive pas tout de suite, on est libre de le poser et de recommencer un peu plus tard. Car on peut s’émanciper de tout, même de la culture freelance.

Un freelance malheureux peut devenir un salarié heureux

Si vous êtes en souffrance, ne considérez pas cela comme normal. Peut-être que la vie de freelance n’est pas faite pour vous. Ou peut-être que cette vie de freelance est faite pour vous, mais que vous devez apprendre à la gérer autrement ?

Le salariat peut être une source de bonheur s’il est bien vécu, avec une équipe soudée et dans un projet qui a du sens. Le salariat ne signifie pas forcément la fin de l’autonomie au travail (le développement de l’autonomie au travail est une réalité qui se développe dans un nombre croissant d’entreprises). Il signifie juste que votre seule responsabilité est de bien faire votre travail. Le reste est géré par quelqu’un d’autre.

La bonne décision n’est jamais de faire ce qui est cool, elle est de faire ce qui est bon pour soi.