Ecrire pour Re-vivre.

J’ai longtemps été un survivant. Pas dans le sens rescapé d’un évènement. Plutôt dans le sens sur-vivre, j’ai beau chercher une définition je ne l’ai pas trouvée. J’ai donc décidé de vous le décrire avec mes mots:

Sur-vivre ce serait brûler la vie par toutes les mèches qui se présentent. Faire la fête jusqu’à ce que les jambes ne puissent plus vous porter. Boire jusqu’à ne plus être capable de rentrer sainement. Dépenser jusqu’à voir #PAIEMENT REFUSE# sur le terminal de paiement et enfin fuir toute forme de responsabilité pour mieux recommencer le lendemain.

Bref pendant ma dépression j’ai « sur-vécu ». Si je me suis créé de drôles de souvenirs, j’en ai aussi de très mauvais et finalement cette époque pied au plancher ne m’a pas permis de profiter de ce que j’aime le plus profondément.

Si aujourd’hui j’ai décidé de parler de la prison comme d’une porte ouverte sur ma nouvelle vie, c’est que j’ai eu la chance d’être extrêmement bien entouré. Les personnes qui m’ont entouré m’ont aidé à évaluer l’étendue de mon mal-être et aussi et surtout à comprendre la mesure de rétorsion dont je faisais et fait encore l’objet.

La prison détruit rapidement, facilement, grandement. Une fois digéré par l’univers carcéral vous êtes un champs de ruine. Déconnecté de toute réalité temporelle et sociale.

Les cahiers d’écoliers (je préfère les Moleskine) deviennent alors avec la lecture des lieux d’expressions presque évidents et permettent une ouverture de l’horizon que les barbelés empêchent.

Ma vie ne s’est pas arrêté en février 2014, elle s’est mise sur pause pendant 7 mois et est repartie doucement.

En sortant j’ai rapidement arrêté d’écrire pour moi, j’ai écrit d’autres projets,un peu moins personnels. Faire sortir ce que j’ai vécu dans les 8,35m2 de ma cellule ne me paraissait pas essentiel.

Pour tirer un trait définitif sur tout cela et recommencer a vivre, j’ai décidé d’écrire. De raconter le quotidien d’un taulard et celui que je vis d’ex-taulard.

J’espère que la fenêtre que j’ouvre sur ce moment peu agréable permettra à des jeunes ou moins jeunes en plein mal-être de comprendre qu’une porte s’ouvre généralement au sein d’un centre Médico-Psychologique; que commettre un délit, un crime, n’est pas la meilleure façon de se faire entendre et d’exprimer son mal-être.