Déguster son présent ou la fin de l’angoisse de l’agenda vide

C’est la rentrée et je me sens changée, apaisée. J’ai l’impression que les vacances ont permis d’ancrer, d’accepter des changements auxquels j’aspirais depuis des mois mais que je n’arrivais pas à suivre avec le cœur.

Ce qui m’angoissait avant c’était l’ennui, la peur de la page blanche. J’ai des souvenirs de mois de septembre, avant la reprise de l’université, qui défilait à une extrême lenteur. Dans mes premières années de travail, je comblais le manque de sens de mon activité, mon désaccord avec les valeurs des écoles dans lesquelles je travaillais, en m’engageant dans des projets associatifs qui me permettaient de vivre celles auxquelles je croyais : la collaboration, la créativité, l’interculturalité…

J’ai l’impression que depuis que je travaille à Paris, je suis rentrée dans un flux d’énergie d’une rapidité qui me dépasse. Être surchargé de travail est bien vu, comme si cela nous permettais d’être considéré par les autres.

Depuis que je suis indépendante, je puise dans mon activité principale tout le sens dont j’ai besoin. J’ai façonné cette manière de vivre et de gagner ma vie. Pourtant je me suis souvent trouvé fatiguée, j’avais dû mal à dédier du temps à mes amis, j’étais plus souvent malade…

En suivant les conseils de collègues indépendantes et inspirantes, je me suis petit à petit rendue compte que je ne valorisais pas assez mon travail, d’où ma décision de prendre la plume pour transmettre ce que je vis au quotidien. Mais pas seulement…

J’ai toujours été engagée associativement (d’abord les scouts puis la Croix Rouge, Youth4culture, MakeSense et maintenant Activ’Action) donc ça me paraît logique de continuer à donner une partie de mon temps pour animer des ateliers gratuitement auprès de communautés dans lesquelles je suis investie.

Au moment où je me lançais dans mon activité, je me disais que mon défi était de pouvoir vendre des prestations en entreprise car c’est un monde que j’ai envie de découvrir mais aussi parce qu’elles ont plus de budget. Ainsi cela me permettait d’équilibrer des prestations bien payées et des prestations gratuites dans le monde associatif.

Aujourd’hui je crois aussi en la valorisation monétaire, je n’ai plus envie de proposer des services gratuits car mon temps est précieux. Cela ne m’empêche pas d’adapter mes tarifs pour des projets qui me tiennent vraiment à cœur et qui ont peu de ressources mais je trouve toujours une sorte de rémunération.

Me fixer un tarif et m’y tenir, ça m’a amené à refuser certaines missions et ça m’a aussi dégagé du temps et de la tranquillité d’esprit. Le temps d’écrire d’abord avec dans un coin de ma tête une envie de commencer un roman pour transmettre par le détour mes valeurs / techniques d’apprentissage et développer ma créativité.

Le temps de vivre le présent, de ne plus m’agacer quand je me suis trompée de bureau de poste et que je dois faire une nouvelle promenade pour aller chercher mon colis, d’apprécier de passer du temps sur mon vélo même si le détours n’était pas UTILE.

Prendre le temps de voir mon agenda vide et de me demander ce que je vais faire de ma journée sans angoisse et sans culpabilité ça fait du bien. Cette page est plus personnelle que la plupart de mes articles mais j’ai pensé que cette partie de mon histoire pourrait vous intéresser aussi… Alors ça vous parle ?

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