20h30. Dehors. Chassée sans intention par la femme de ménage que tu avais encore jamais croisée. Après les chaleureux échanges de deux fantômes devenus l’un pour l’autre réalité, tu erres sans but en mangeant du saumon frais avec les doigts. Même dans la mouise t’es une privilégiée.

22h15. Dedans. Tu te prends en photo à la lumière d’un écran. T’y crois pas, tu penses à rien, tu fais ça juste comme ça. Mais même là t’arrives à trouver des illusions flatteuses. On va dire que t’es chanceuse.

23h50. Bivouac d’intérieur. En bas des hommes et des femmes, séparés, ont établi un campement, de chaque côté de la Ré. Tu te sens étrangement bien pour la saison. T’essaie de pas avoir honte. Ça marche plutôt trop bien.

7h30. Dehors. Une gamine hurle de rire, une canette à la main.Trois mètres devant,un pote également bourré mais qui aurait pas oublié sa vergogne. Toi tu vas boire un ou deux cafés histoire de te réveiller et de tromper la croyance que les derniers partis sont les premiers arrivés. 
Tu penses à ta brève période sexe, drogue et électro mais rien à faire tu te souviens pas de t’être affichée comme ça. C’est bien de se penser des limites.

8h15. Un perdu de la vie s’est installé à l’Institution qui n’en a pas que le nom, a commandé le petit déjeuner à 15€ et a entrepris de se changer. Quand il a retiré son pantalon, dévoilant un caleçon long d’un blanc immaculé,t’y as d’abord pas cru. Va comprendre la vitesse des préjugés.

8h30. Le gentil relou du métro qui était perturbé par la fêlure de ton écran de téléphone quelques jours plus tôt , le voilà qui vient de s’asseoir juste à côté de toi. Il te félicite pour ta tablette qui fait moins mal aux yeux que le téléphone, puis entreprend de deviner ton âge, ton métier, le nombre, le sexe et le niveau scolaire de tes enfants. “J’ai de la chance” que tu lui dis. C’est vrai que t’es vernie sur tes fêlures. tu as cet avantage sur ton téléphone.

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