Les freins à l’entrepreneuriat
« En analysant notre base de données de start-up, nous avons constaté qu’une majorité de start-uppeurs sont des hommes diplômés de moins de 30 ans.
Ce qui pousse, aujourd’hui, l’équipe de Start-up WORLD à communiquer sur ce sujet. »
Geneviève CLARKSON
Qu’est-ce qui freine l’entrepreneuriat ?
Malgré une gamme d’offres assez complète d’accompagnement développée par les états pour les start-uppeurs, de plus en plus d’études montrent que l’entrepreneuriat n’est pas forcément à la portée de tous.
Quels sont ces freins qui découragent la majorité des potentiels futurs porteurs de projets ?
Start-up WORLD a identifié ici pour vous 6 barrières à l’entrepreneuriat.
La barrière de l’informatique
L’aisance avec les solutions informatiques n’est pas à la portée de tous. Si on n’a pas la chance de travailler dans l’informatique ou d’avoir reçu des cours d’informatique, l’ensemble des options informatiques peuvent se révéler être un vrai casse-tête.
Pour des techniciens qui n’ont jamais utilisé, dans le pack office, d’autres outils que Word, leur courbe d’apprentissage pour acquérir et personnaliser de nouveaux outils s’avère en général difficile et longue.
D’ailleurs l’État a prévu cette année jusqu’à 100 millions d’euros, dans sa lutte contre l’illettrisme numérique, pour former 13 millions de français.
La barrière de la langue
Le monde digital est un monde majoritairement anglo-saxon. Or tout le monde n’est pas bilingue anglais. Le fait de ne pas maîtriser l’anglais a pour conséquence :
- Une réduction de la visibilité des solutions et options disponibles pour son entreprise à des informations écrites ou parlées dans sa propre langue :
« Je ne savais pas que cette solution existait car elle n’apparaît pas sur le net dans une langue que je comprends »
2. Un handicap de taille dans sa capacité à définir et atteindre des objectifs stratégiques ou à comprendre les mécaniques géopolitiques :
« J’ai voulu créer un site internet complet mais je me suis résolu à prendre un site vitrine lorsque j’ai dû échanger avec un interlocuteur indou difficile à comprendre »
La barrière de l’éducation
La présence visible des héritiers appartenant aux classes aisées dans l’entreprenariat numérique est aussi une conséquence mécanique du processus de sélection propre au secteur qui passe par l’obtention d’un titre scolaire d’élite. Le pourcentage d’entreprises française cofondées par un diplômé de grande école s’élevait à 83% lors du CES de LAS VEGAS en janvier 2018.
Le diplôme de grande école d’ingénieur ou de commerce est devenu la norme de l’entrepreneuriat numérique. La plupart ont un master comme formation (83 %), mais certains (8 %) ont un niveau licence et 3 % un doctorat. Les particularités françaises restent fortes dans le profil des « start-uppeurs » : une majorité d’entre eux (52 %) est passée par une grande école et seuls 7 % ont fait une partie de leurs études à l’étranger.
La barrière générationnelle
L’âge moyen augmente aussi légèrement. De 27 ans en 2011, il est passé à 29 ans cette année : les entrepreneurs du secteur sont de plus en plus expérimentés, ils ont souvent travaillé dans des grands groupes ou, pour certains, déjà créé une start-up auparavant.
Les digitales natives sont majoritaires. Pour ceux qui sont nés avant internet il est souvent difficile de comprendre la portée et l’utilité des services proposés par les réseaux sociaux.
Beaucoup n’utilise d’ailleurs qu’1% des possibilités offertes par les réseaux.
La barrière sociale
D’après un rapport remarqué en 2013 sur la fiscalité numérique, en matière de numérique, une forte proportion de start-uppeurs sont des « super diplômés marginaux dans leur carrière qui plutôt que de faire leur carrière dans un grande boite prennent le chemin de l’entrepreneuriat ».
Selon Nicolas Colin, fondateur de l’incubateur The Family, les descendants de familles de chefs d’entreprises et professions libérales seraient avantagés par un rapport décomplexé à la réussite, à la compétition. A l’inverse des gens de classe moyenne, auront une barrière psychologique les empêchant d’assumer qu’ils souhaitent gagner beaucoup d’argent car la richesse n’a pas souvent bonne presse.
Comme de nombreuses études l’ont démontré, l’argent achète aussi la sécurité psychologique, dans la mesure où il libère le cerveau de l’urgence et des angoisses liées à un avenir incertain, créant l’état d’esprit nécessaire pour se concentrer sur des projets risqués.
Enfin, fonder sa start-up demande souvent un investissement important, ce qui crée encore quelques barrières sociales. En moyenne, les jeunes entrepreneurs investissent 3 000 € en ayant travaillé entre trois et six mois sur leur projet pour développer un prototype, 20 000 € au minimum pour lancer leur première levée de fond sans parler des frais de fonctionnement qui peuvent se révéler très élevés selon le marché choisi par le start-uppeur.
La barrière du genre
Pour finir, le monde des start-up reste majoritairement très masculin.
Seuls 21 % de l’ensemble des projets présentés comptent au moins une femme. Mais ce chiffre est à la hausse car il y a trois ans, la proportion n’était que de 13 %…
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