[:fr]Transition et technologie (1/2) ; connaître le problème environnemental[:en]Transition and technology (1/2); know the environmental problem[:]

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Quand on voyage en van ou en voiture, un moment difficile est l’arrivé dans une nouvelle ville ; on souhaiterait être seul sur la route, n’avoir personne qui freine devant alors que vous lisez un panneau ou alors que l’on vous klaxonne au feu rouge quand vous hésitez sur la route à prendre. Avec les GPS et téléphones c’est maintenant des moments du passé. Magie d’internet, on connaît les villes avant d’y arriver, une simple recherche et l’on sait où aller. La candeur du visiteur, marchant en des lieux inconnu n’est plu, sauf à ceux bien-sûr le recherchant.

Oui, mais bon…

Tout comme le transport, l’alimentation ou l’éducation, il est important que l’aspect technologique de notre société et comment nous l’appréhendons soit dans une vision de la transition. Les services que nous rend actuellement la technologie dans notre mode de vie actuel est sans conteste, mais elle amène aussi bon nombre de contradictions que nous ne remettons pas en cause car celle-ci est considérée comme normal, d’une autre échelle. Pourtant je m’étonne quand une personne veut développer la permaculture, mais a Google Bot dans son salon. Je ne comprends pas lorsqu’en pleine discussion sur la résilience la personne regarde son téléphone pour répondre au dernier message. Je m’étonne de mon comportement parfois si addictif pour faire parler du projet sur les réseaux.

L’impact social de ces entreprises peut être très néfaste, comme les conditions de travail dans les entrepôts d’Amazone, mais aussi toutes les pratiques qui découlent de notre utilisation des TIC (technologies de l’information et communication). Cependant, afin de commencer la réflexion, il est important de comprendre l’impact environnemental des nouvelles technologies, celui que nous ne voyons pas. Si nous ne remettons pas en question notre pratique à quoi cela servirait de faire un jardin communautaire, créer des soirées pour refaire du lien ou alors parler de vouloir faire un changement local ?

Ressources limités

Il y a un minerai, appelé le Coltan qui est la ressource primordiale pour les technologies électroniques. Si elles n’en sont pas à l’origine, les 60 à 80 % des réserves mondiales se trouvant dans la région du Kivu et du Congo ne sont pas étrangères à la continuité des conflits actuels. D’une grande importance pour tout ce qui concerne nos écrans, les terres rares dont 48 % des ressources se trouvant en Chine représentent 95 % du marché, sont de plus en plus consommés. La transition énergétique est galvaudée par beaucoup d’entrepreneurs et de politiciens comme étant la solution, ces nouvelles technologies accentuent cependant le problème des ressources.

Le problème des ressources dans les nouvelles technologies expriment la fuite en avant technologique qu’exprime Rob Hopkins sur les différentes visions du futur que l’on peut avoir. Vanter une consommation d’énergie propre, soit, mais ne pas prendre en compte ses coûts en amont ne vient pas régler le problème. Sur le documentaire d’Arte La tragédie électronique on en apprend plus sur la fin de vie de nos appareils qui finissent pour la plupart dans des décharges en Afrique de l’Ouest. De là, le recyclage se fait pour une question de survie par les habitants de ces quartiers, sans sécurité au péril de leur vie. On y apprend que mêmes des appareils que l’on pensait avoir mis dans un programme de recyclage peuvent finir là ; jeter coûte moins chère, puis il y a tellement de sous-traitants, de maillons dans la chaîne, qu’on ne peut tout tracer.

Data center

Si on ne le voit pas chez soi, c’est que cela n’existe pas. L’internet haute-vitesse et la nouvelle économie dont nous sommes le produit nous permet d’avoir des comptes avec des limites de stockage quasi-illimités, alors on y fait pas attention et on archive, au cas où. Cependant, il faut bien que ces données soit entreposée quelque part. Les Datas Center sont les lieux dévolus à cela pour les entreprises du net ; les GAFAS ont toutes les leurs. Un data center c’est un entrepôt de disques durs, des dizaines de milliers de disques durs toujours plus gros qui sauvegardent les données de votre boite de réception, les photos de votre Instagram, vos Google-docs, vos vidéos Youtube et votre compte Facebook.

Alors on peut accéder à nos données avec n’importe quel appareil, mais cela à un coût. Le plus grand Data center se trouve en Chine, 25 km², vous pouvez en voir d’autre ici. Ce que l’on peine à s’imaginer cependant, c’est le bruit et la chaleur de ces entrepôts. Qui n’a jamais eu un ordinateur qui s’emballe suite à une commande qu’on lui demande de faire ; imaginez plus de 200 000 disques dur tournant à plein régime. Plus de la moitié de l’énergie utilisé par ces centres sert à les refroidir. Beaucoup de nouveaux projets se font maintenant dans des pays du nord, où l’on peut se servir de la température extérieure pour refroidir.

Courriel

Lorsque je travaillais dans une banque, nous avions une messagerie interne, Lotus, au bas de chacun des courriels il y avait la mention « avez-vous besoin d’imprimer ce courriel ? Pensez à l’environnement et économisez du papier. » Ce qu’il faut cependant savoir, c’est qu’outre comme on l’a vu précédemment, l’archivage est un problème, envoyé un courriel n’est pas anodin et consomme de l’énergie. Lorsqu’on appuie sur le bouton envoyer de notre courriel, c’est un signal électrique qui communique avec les serveurs de notre messagerie qui va passer par des dizaines de relais pour arriver au destinataire (ou le courriel sera aussi archivé) et il devra utiliser un appareil électrique pour le lire. Voir le parcours d’un courriel.

Voici une étude intéressante et un extrait prit sur ce site :

Selon cette même étude, envoyer un e-mail de 1 Mo à 1 personne équivaut à la consommation de 25 Wh, soit 25 min d’utilisation d’une ampoule de 60 W ! Ce courrier entraîne potentiellement une consommation d’énergie fossile équivalente à 6 g de pétrole et l’émission de 20 g de CO2. Sur la base de 20 mails par jour, cela représenterait annuellement par personne en émission de CO2 l’équivalent de 1000 km parcourus en voiture ! PDF de l’étude

On pourrait citer d’autres problèmes environnementaux causé par les TIC, mais ces 3 points sont sûrement ceux que l’on pourrait dire commun à tous les utilisateurs. Quasiment 1 personne sur 3 dans le monde est connecté à internet avec un appareil personnel. L’obsolescence programmée et la logique capitaliste de la croissance économique font du problème des matières un enjeu majeur. Mais ce n’est qu’empiré par notre envie du toujours plus et de l’économie virtuelle où les services gratuits se battent pour offrir toujours plus afin de conquérir des parts de marché.

Comment réfréner cette logique et cette fuite en avant technologique ? Comment est-il possible d’utiliser autant d’outils quotidiens dont nous ne sommes pas propriétaires ? Ne pas savoir comment ils fonctionnent, ni de pouvoir modifier leur mécanisme ? Plusieurs pistes se mettent en place et cela même dès l’existence première d’internet : les logiciels libres, mais aussi un mouvement plus récent prenant toutes ces problématiques en compte : le low-tech.

Liens:

Terres rare, production et consommation à gogo, sur Natura-Sciences.com

Quand le monde manquerat de métaux, sur Batamag.net

Revue du livre La guerre des métaux rare sur hummanite.fr[:en]

When traveling by van or car, a difficult moment is when you arrive in a new city; we would like to be alone on the road, have no one braking in front while you read a sign or being honking at a red light when you hesitate on the road to take. With GPS and phones it’s now times of the past. Magic of Internet, we know the cities before we get there, a simple search and we know where to go. The candor of the visitor, walking in unknown places is now over, except to those of course looking for him.

Yes but, well…

Just like transportation, food or education, it is important that the technological aspect of our society and how we apprehend it should be include in the vision of the transition. The services that technology currently renders us in our current way of life is undoubtedly, but it also brings many contradictions that we do not question because it’s use is considered normal, on another scale. But, I am surprised when a person wants to develop permaculture, but has Google Bot in his living room. I do not understand when in the middle of a discussion about resilience the person is looking at his phone to answer the last message. I am surprised with my addictive behavior to talk about the project on the networks.

The social impact of these companies can be very harmful, like the working conditions in Amazon warehouses, but also all the practices that result from our use of ICT (Information and Communication Technologies). However, in order to begin thinking, it is important to understand the environmental impact of new technologies, the one we do not see. If we do not question our practice; what does it mean to build a community garden, create events to redo the link or talk about a local change?

Limited resources

There is a mineral, called Coltan, which is the primary resource for electronic devices. If they are not at the origin, the 60 to 80% of the world reserves being in the Kivu and Congo region are not foreign to the continuity of the current conflicts. A great importance for everything related to our screens, the rare earths-elements in which 48% of the resources in China represent 95% of the market, are more and more consumed. The energy transition is overused by many entrepreneurs and politicians as the solution, these new technologies, however, accentuate the problem of resources.

The problem of resources in new technologies express the technological breakthrough expressed by Rob Hopkins on the different visions of the future that we can have. Boosting clean energy consumption, but not taking into account upstream costs does not solve the problem. On Arte’s documentary E-waste tragedy we learn more about the end of life of our devices, most of which end up in landfills in West Africa. From there, the recycling is done for survival matter by the people of these districts. We learn that even devices that were thought to have put in a recycling program can end there; throwing away is less expensive, there are so many subcontractors, links in the chain, that we can not trace everything.

Data center

If you do not see it at home, it does not exist. High-speed Internet and the new economy, where we are the product, allows us to have accounts with almost unlimited storage limits, so we do not pay attention and we archive, just in case. However, this data must be stored somewhere. Data centers are the places devoted to this for the companies of the net; GAFA’s have all theirs. A data center is a warehouse of hard disks, tens of thousands of hard drives always bigger that save the data of your inbox, the photos of your Instagram, your Google-docs, your Youtube videos and your Facebook account .

So we can access to our datas with any device, but at a environmental cost. The largest data center is in China, 25 km², you can see more here. Who has never had a computer that is racing after an order that he is asked to do; imagine more than 200,000 hard drives running at full speed; imagine the noise and the heat created. More than half of the energy used by these centers is used to cool them. Many new projects are now taking place in northern countries, where the outside temperature can be used to cool down.

E-mail

When I worked in a bank, we had an internal mail, Lotus, at the bottom of each email there was the mention “Do you need to print this email? Think about the environment and save paper”. As we saw earlier, archiving is a problem, but what you need to know is that sending an email is not trivial and consumes energy. When we press Send button of our email, it is an electrical signal that communicates with our mail servers that will go through dozens of relays to reach the recipient (wich email will also be archived) and he will use an electrical device to read it. See the router email path.

Here is an interesting study and an extract took on this site (french):

According to the same study, sending an e-mail of 1 MB to 1 person is equivalent to the consumption of 25 Wh, or 25 min of use of a 60 W bulb! This mail potentially entails a fossil fuel consumption equivalent to 6 g of oil and the emission of 20 g of CO2. On the basis of 20 emails per day, this would represent per person per year in CO2 emission the equivalent of 1000 km traveled by car! Here the PDF of the study (in French)

There may be other environmental problems caused by ICT, but these 3 points are surely those that we could say common to all users. Almost 1 in 3 people in the world are connected to the Internet with a personal device. The planned obsolescence and the capitalist logic of growing economic make the problem of ressources a major issue. But this is only worsened by our desire for more and the virtual economy where free services are fighting to offer more and more in order to conquer market.

How to curb this logic and this leap ahead technological? How is it possible to use so many everyday tools that we do not own? Not knowing how they work, nor being able to change their mechanism? Several tracks are put in place and that even from the first existence of the Internet: Open-Source softwares; but also a more recent movement taking all these issues into account: the Low-Tech.

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Originally published at Horizon Transition.