[:fr]Transition et technologie : le low-tech (3/3)[:en]Transition and technology : the low-tech (3/3)[:]

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Lorsque je travaillais pour une entreprise web, lors d’une discussion au moment du repas un collègue avait soutenu la thèse suivante: « Depuis qu’il y a internet nous sommes plus intelligents, car il n’y a plus besoin de tout savoir, si on veut savoir quelque chose il suffit de le chercher sur Google. ». Ce qu’il voulait dire, c’est qu’il n’est nécessaire de savoir, mais il suffit de savoir comment chercher. Ancien étudiant de philosophie, je n’ai pu m’empêcher de me dire qu’il y avait une erreur de ce système de pensée.

Car si on y pense, c’est la somme des savoirs et expériences que nous avons qui nous permet de réfléchir et d’évoluer. Comment pourrions-nous évoluer ou avancer dans notre pensée, si on prenait de l’information simplement quand on en a besoin et que nous l’oublions par la suite ? S’il n’y a pas de cohérence dans l’acquisition du savoir ; j’aurais beau savoir une formule mathématique complexe, si je ne sais pas la base des opérations je n’irais pas loin avec.

Pourtant, notre quotidien urbain est plus proche de la pensée de mon ancien collègue. Sur l’ensemble des machines que nous utilisons tous les jours, combien saurions-nous construire par nous-mêmes ? L’homme s’est fabriqué des outils afin de rendre son travail plus facile, mais dorénavant nous utilisons des outils technologiques qui remplace le travail. Ce basculement dans l’utilisation de la technique provoque une perte de savoir dans la réalisation de nos activités quotidiennes.

Low-Tech

douche solaire
Douche solaire en test

Depuis maintenant quelques années apparaît un nouveau terme ; low-technology (basse-technologie), le principe est de réapprendre à faire les choses par soi-même avec des techniques simple et économique pour remplacer les outils high-tech que nous utilisons. Apprendre à utiliser l’environnement et la nature sans les endommager, essayer de sortir des énergies fossiles et d’être capable de pouvoir contrôler le processus de fabrication. Low-tech ne veut pas dire moins efficace, mais plutôt simple et recyclable. Ce n’est pas un désir néo-luddites (anti-technologie) mais plutôt une nécessité économique et environnementale.

Économique

Sait-on réellement le temps que nous passons à travailler afin de nous payer ces objets qui remplissent notre quotidien ? Et lorsque le temps est venu de les réparer et que nous ne pouvons le faire, combien cela coûte ? Avoir la possibilité de faire soi-même est un avantage économique, cela coûte bien moins cher. Cependant faire soi-même nécessite plus de temps que de simplement acheter, mais c’est aussi un choix en passant moins de temps à travailler pour un salaire.

Environnementale

toilette sèche camion
nos toilettes sèches

Les entreprises qui fabriquent les objets ont un besoin de profits afin de continuer leur activité, cela ne suit pas les besoins de la nature. Même si cela nous permet d’avoir des objets à moindre prix, ce que nous payons ne reflète pas le dommage écologique que nous pouvons causer. Avoir un retour à des manières de faire plus simple avec des produits locaux permet de pouvoir faire le tour de la roue du cycle d’utilisation-décomposition. Au lieu d’utiliser du plastique ce peut être du bois, alors que ne serait pas économique pour une entreprise d’utiliser ce matériel, le faire par nous même peut être tout de suite plus avantageux. Puis le bois, pourra un jour retourner à la terre ou trouver une autre utilisation.

Lorsqu’on fabrique quelque chose on ne pense pas à quand nous le remplacerons, on le fait pour durer, l’obsolescence programmée des objets technologiques est un fléau économique pour le consommateur et un fléau environnementale pour tous.

Du partage

Il y a une association française qui a un projet qui s’intitule Low-tech Lab, qui est un site internet de partage de tutoriels et de savoir sur des manières de faire autrement. En parallèle, ils ont lancé un projet qui s’intitule Nomade des mers, un bateau construit par leur soin qui navigue les mers à la rencontre de projets s’inscrivant dans cette mouvance. Il y aussi le site Instrucables qui a une collection gigantesque de tutoriels.

toronto tool library horizon transition
À la Toronto tool library

Les différents makerspace que nous avons visités sont également un bon exemple de ce que l’esprit du low-tech peut ressembler. Beaucoup d’entraide et de partage des connaissances afin de pouvoir apprendre à faire par soi-même. Alors oui, certains makerspaces sont aussi des endroits ou les imprimantes 3D et les gadgets électroniques peuvent foisonner, mais c’est aussi à nous de nous poser les questions sur ce que nous voulons faire avec ces nouvelles technologies. Elles peuvent être nécessaires, mais peut-être pas 7 milliards de fois. Nous avons besoin d’avoir une réflexion sur les nouvelles innovations qui apparaissent dans notre quotidien et l’utilisation que nous en faisons avant que cela soit généralisé à chaque foyer, il ne faut pas que le marché économique règle cela pour nous.

Réfléchir

Tout comme l’idée qu’avait mon collègue avec internet, les outils technologiques de notre quotidien sont un carcan à notre pensée. Alors qu’ils nous sont utiles pour certaines tâches ils en sont venus à remplacer des actions où nous n’avions pas besoin d’outil au départ. Parce que l’on est pressé, que l’on a pas le temps, que l’on ne sait pas faire, etc. Travailler 35h pour un salaire est-il réellement nécessaire ? Il est important de se rappeler que c’est la somme des expériences et savoirs que nous avons qui nous font avancer dans notre réflexion, comment pourrions-nous réfléchir notre quotidien, sur une vie plus en harmonie si nous faisons une impasse sur une partie des informations que nous serions supposés détenir ?

[:en]

When I was working for a web company, during a lunch discussion a colleague had argued that “Since there is internet we are smarter because there is no need to know everything anymore, if you want to know something just look on Google.” What he meant was it is not necessary to have the knowledge, you just have to know how to search. I’ve been a philosophy student, I could not help telling me that there was an error in this system of thought.

Because if we think about it, it is the sum of knowledge and experiences that we have that allows us to reflect and evolve. How could we evolve or advance in our thinking, if we take an information simply when we need it and then forget about it? If there is no coherence in the acquisition of knowledge; I could know a complex mathematical formula, if I do not know the basis of operations I would not go far with it.

Yet, our urban daily life is closer to the thought of my colleague. On all the machines we use every day, how many could we build on our own? Man has made tools to make his work easier, but now we use technological tools that replace work. This shift in the use of the technique causes a loss of knowledge in the realization of our daily activities.

Low-Tech

douche solaire solar shower
Solar shower in test

For a few years now a new term has appeared; low-technology, the principle is to relearn how to do things by yourself with simple and economical techniques to replace the high-tech tools we use. Learn to use the environment and nature without damaging them, try to get out of fossil fuels and be able to control the manufacturing process. Low-tech does not mean less efficient, but rather simple and recyclable. Having simpler everyday objects is not a neo-Luddite desire (anti-technology) but rather an economic and environmental necessity.

Economic

Do we really know how much time we spend working to pay for these objects that fill our lives? And when the time has come to fix them and we can not do it, how much does it cost? Having the ability to do it yourself is an economic benefit, it costs much less. Making yourself requires more time than just buying, but it is also a choice by spending less time working for a salary.

Environmental

toilette sèche camion
our dry toilet

The companies that manufacture the objects have a need for profits in order to continue their activity, it does not follow the needs of nature. Even if it allows us to have cheaper items, what we pay does not reflect the ecological damage we can cause. Having a return to ways of doing things easier with local products makes it possible to go around the wheel of the use-decomposition cycle. Instead of using plastic it can be wood, while it would not be economical for a company to use this material, do it by ourselves can be immediately more advantageous. Then the wood, may one day return to the ground or find another use.

When we make something ourselves we do not think about when we will replace it, we do it to last, the programmed obsolescence of technological objects is an economic plague for the consumer and an environmental scourge for all.

Sharing

toronto tool library horizon transition
At the Toronto tools library

There is a French association that has a project called Low-tech Lab (website in english also), which is a website sharing tutorials and know about ways to do otherwise. In parallel, they launched a project called Nomad of the Seas, a boat built by their care that navigates the seas to meet projects in this movement. If you need to learn how to do something there is also the superb Instrucables.

The different makerspace we visited are also a good example of what the spirit of low-tech can look like. A lot of mutual help and knowledge sharing so you can learn to do it yourself. So yes, some makerspaces are also places where 3D printers and electronic gadgets can flourish, but it’s also up to us to ask ourselves questions about what we want to do with these new technologies. They may be needed, but maybe not 7 billion times. We need to have a reflection on the new innovations that appear in our daily life and the use we make of them before it is generalized to every household, the economic market must not settle this for us.

Reflect

Just like the idea my colleague had with the internet, the technological tools of our daily life are a shackle to our thinking. While they are useful for some tasks they have come to replace actions where we did not need a tool at the beginning. Because we are in a hurry, we have no time, we do not know how to do, etc. Is working 35h for a salary really necessary? It is important to remember that it is the sum of the experiences and knowledge that we have that are advancing us in our reflection, how could we reflect our daily life, on a more harmonious life if we make a dead end on some of information that we would be supposed to hold?

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Originally published at Horizon Transition.

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