La revanche des Soft Skills

Pourquoi ces compétences dites “douces” sont en fait la colonne vertébrale de votre réussite professionnelle

Leur nom est difficile à prononcer pour les non-anglophones ; il se traduit en français par « compétences douces » ou, pire, par « compétences molles ». C’est avec une connotation plutôt négative que l’armée américaine a inventé ce terme à la fin des années 1950. Ce sont des compétences que l’on n’apprend pas à l’école, en tout cas pas explicitement. Sur un CV, elles ne sont en général pas mentionnées, ou alors implicitement, dans la rubrique « Loisirs » ou « Autres informations » en bas de page, à travers de pudiques formulations telles que « 10 ans de scoutisme » ou « Bénévole dans une association d’aide aux sans-abris ».

Et pourtant, elles sont essentielles dans la vie professionnelle.

Les Soft Skills, ce sont ces compétences comportementales telles que la curiosité, la capacité à apprendre tout au long de sa vie, l’empathie, la capacité à collaborer, la résistance face à la pression, la créativité, la capacité à sortir de sa zone de confort…

On leur a longtemps préféré les « Hard Skills », ces compétences « solides » délivrées par les formations classiques et souvent sanctionnées par un diplôme. « Combien as-tu eu en maths, mon fils ? » sonne quand même plus sérieux que « Es-tu sorti de ta zone de confort aujourd’hui mon fils ? »…

Pourtant, quand on prend le temps d’apprécier ses réussites professionnelles (décrocher le job de ses rêves, délivrer un projet à l’heure et dans le budget imparti, apaiser des discussions tendues au cours d’une réunion pour arriver à un consensus…), et que l’on se penche sur les forces individuelles à l’œuvre dans ces succès, ce sont rarement des Hard Skills que l’on évoque, mais plutôt des Soft Skills : persévérance, patience, capacité à communiquer clairement et de manière pertinente, capacité à fédérer une équipe, optimisme…

“Soft” Skills = compétences “souples”

Les Soft Skills sont ces aptitudes innées ou acquises avec l’expérience qui permettent à l’individu d’acquérir des Hard Skills (car il faut de la curiosité, de la résistance, de la persévérance, pour apprendre), de mettre ces Hard Skills à l’œuvre pour remplir sa fonction, et d’une manière générale d’évoluer dans sa vie professionnelle.

Véritables compétences “souples”, les “Soft” Skills sont ces atouts singuliers, propres à votre personnalité, qui vous permettent de naviguer dans votre parcours professionnel, d’amortir les chocs, de vous redonner de l’élan, et qui vous amènent au succès.

Pourquoi le sujet des Soft Skills est-il d’actualité ? Qu’est-ce qui fait qu’il paraît urgent en ce début du XXIè siècle de cultiver sa capacité à apprendre ou son aptitude à résister au stress ?

Parce que les parcours professionnels ne sont plus rectilignes

Le monde du travail est devenu Volatile, Incertain, Complexe et Ambigu, pour reprendre l’expression VUCA (U pour « Uncertain » an anglais) inventée par l’armée américaine (encore elle) à la fin de la Guerre Froide et propagée ensuite au monde de l’entreprise.

Rares sont les individus qui restent dans la même entreprise, exercent le même emploi, voire le même métier toute leur vie. Qu’ils soient choisis ou subis, les changements voire les bouleversements sont inhérents au parcours professionnel et nous devons être équipés pour naviguer dans cet univers.

Les Soft Skills telles que la capacité à apprendre, à sortir de sa zone de confort, la capacité à « se vendre », la curiosité, voire l’optimisme, sont des atouts inestimables dans ce contexte.

Parce que chacun doit savoir reconnaître et exprimer sa singularité dans un monde hyper concurrentiel, dès son premier entretien de stage et tout au long de son parcours professionnel.

Ces compétences comportementales que sont les Soft Skills sont le langage pour exprimer sa singularité : chacun a sa propre combinaison de Soft Skills, avec leurs propres nuances (la curiosité, l’humour ou l’empathie ne se manifestent pas forcément de la même façon).

Par ailleurs, à l’heure où l’Intelligence Artificielle est une réalité et ne relève plus de la science-fiction, la plupart des métiers vont évoluer à court terme, et il va falloir à un grand nombre d’entre nous apprendre à interagir avec les machines.

La pensée critique, la capacité à apprendre tout au long de sa vie, à collaborer, la créativité, l’humilité, sont autant de Soft Skills indispensables dans le futur proche.

Parce que pour donner du sens à son travail, il faut apprendre à aligner ce que l’on est et ce que l’on fait.

Et ça, ça ne s’apprend pas dans les livres, mais avec l’expérience et par un travail sur soi.

Connaître les Soft Skills que notre expérience a révélées chez nous ainsi que celles que l’on n’a pas encore démontrées permet de donner de la perspective à un parcours professionnel, à identifier ses besoins, et à clarifier ses désirs.

Quel est l’intérêt pour les entreprises d’investir dans le développement des Soft Skills de leurs collaborateurs ?

Parce que les Soft Skills sont la condition de réussite de tout projet collectif, et a fortiori des projets de transformation que mènent les organisations sous l’effet des pressions technologiques, environnementales, sociétales ou règlementaires. Si vous avez dans vos équipes les meilleurs experts dans leur domaine, mais qu’ils sont incapables de communiquer, de collaborer, de se ressourcer ou de s’adapter à l’évolution de leur art, il y a fort à parier que leur production commune ne sera pas à la hauteur de vos attentes.

Parce que l’épanouissement au travail, que sous-tend une bonne connaissance de soi et un alignement entre ce que l’on est et ce que l’on fait, est non seulement une demande des collaborateurs, toutes générations confondues, mais aussi et surtout un vecteur de performance individuelle et collective.

“Soft is the new strong”

Les individus qui connaissent leurs Soft Skills, prennent le temps d’en développer de nouvelles et savent identifier les Soft Skills de leur entourage ont des atouts considérables pour réussir leur vie professionnelle dans la durée.

Il n’est jamais trop tard pour commencer à mettre de l’énergie dans ce qui compte vraiment.